‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 37 sur 93 · XI. Le cœur et le eervean sont les deux matiresses · texte numérisé non relu

XI. Le cœur et le eervean sont les deux matiresses

partiei.

Voilà quelle est à peu près la disposition du corps, et l'usage de ses parties, parmi lesquelles il paraît que le cœur et le cerveau sont les principales, et celles qui, pour ainsi dire, mènent toutes les autres.

canal thoracîque, — • Les dé- 1' ea 4074, membre de l'aesdérnie couvertes de Pecquet, Dé à 1 des seicnces, datent du milieu Dieppe en I6Î0, mort à Paris |. du dui-scY^xiemc Aedc.

Ces deux mattresE^s parties mAnent Juss tout le coFps. Le cœur y envoie paj'tdut le sang dont il est nourri; et le cerveau y disli-ibue de tous côtés les esprits par lesquels il est remué.

Au premier, la nature n donné les artères et les veines, pour la distribution du sang; et elle a donné les ncrfâ au second , pour l' administra ticsi des esprits.

Nous . avons vu qtie la fabrique des esjirits se commence par le cceur, lorsque battant le sang et l'écbautfant, il en élève les [MU-ties les plus subtiles au cerreiiu, qui les pa'ièctionoe, et qui ensuite en renvoie au cœur ce qui est nécessaire ])our exciter son baltesieot.

Ainsi ces àenx maStresses parties , qui mettent , -pour ainsi dire , tout le corps en action , s'aident mutuellenient dans leurs fonctions, puisque sans les vajwurs que le cceur élève du sang , le cerveau n'aurait pas de quoi former les esprifs, et «pie le cceur iRissi n'aurait point de batlement Siuis les esprits que le cerveau lui envoie.

Dans ce secours nécessaire que se donnent ces denx parties, laquelle des deux commence? C'est ce qu'il est malaisé de détennioer; et il faudrait pour cela avuû- recours à la première fomuticm de l'a-

Pour entendre ce qu'il y a ici de plus constant, il tant penser, avant toutes choses, que le fœtus ou l'emixyfm, c'est-à-dire l'animal qui se forme, est engendré d'autres animaux déjà formés et vivants, où il y a par conséquent du sang et des esprits déjà tout faits, qui peuvent se conamuniquer à l'ammal qui cosamcnce.

On voit, en effet, que l'embrj'on est nourri du sang de la mère qui le porte. On peut doac çetis«t que ce sang étant coaâuit dans le cœuï ôe t.e çeV*. onioi.i/ qui crimmeiKG d'étiv, s'y récliauUe e\. s'^ ââ.-

late par la chaleur naturelle à cette partie; que de là passent au cerveau ces vapeurs subtiles, qui achèvent de s'y former en esprits, à la manière qui a été dite; que ces esprits, revenus au cœur par les nerfs, causent son premier battement, qui se continue ensuite à peu près comme celui d'ime pendule après une première vibration.

On peut penser aussi, et peut-être plus vraisemblablement, que l'animal étant tii*é de semences pleines d'esprits, le cerveau, par sa première conformation, en peut avoir ce qu'il lui en faut pour exciter dans le cœur cette première pulsation d'où suivent tontes les autres.

Quoi qu'il en soit, l'animal qui se forme venant d'un animal déjà formé, on peut aisément comprendre que le mouvement se continue de l'un à l'autre, et que le premier ressort, dont Dieu a voulu que tout dépendît, étant une fois ébranlé, ce même mouvement s'entretient toujours.

Au reste, outre les parties que nous venons de considérer dans le corps, il y en a beaucoup d'autres connues et inconnues à l'esprit humain. Mais ceci suffit pour entendre l'admirable économie de ce corps, si sagement et si délicatement organisé, et les principaux ressorts par lesquels s'en exercent les opérations.

Xil. La santé, la maladie, la mort ; et à propos des maladies, les passions en tant qu^elles regardent le corps.

Quand le corps est en bon état et dans sa disposition naturelle, c'est ce qui s'appelle santé. La maladie, au contraire, est la mauvaise disjwsition du tout, ou de ses parties. Que si l'économie du corps est tellement troublée, que les fonctions naturelles cessent tout à fait, la mort de l'ai imal s'ensuit.

DU CORPS. b;

Cela doit arriver pi'ccisément qujud les deiii maîtresses pièces, c'est-à-dire le cer\i'ju et le cncQr, sont hors d'état d'agir; c'est-à-dire, quand le cceut cesse de buttre, et que le cerveau De peut plus exercer cette actioD, quelle qu'elle soit, qui envoie les esprits au coeur.

Car encore que le concours des autres parties soit nécessaire pour nous faire vivre, la cessation de leur action nous fait languir, mais ne nous tue pas tout à coup : au lieu que, quand I jction du cerveau ou du cœur cesse tout à fui) , on meurt à l'instant.

Or, ou peut en général concevoir trois choses capables de causer dans ces deuic parties cette cessation funeste : la première , si elles sont ou altérées dans leur substance, ou dérangées dans leur composition ; la seconde, si les espiits, qui sont jiour ainsi dire. l'âme du ressort, viennent îi manquer; la troisième, si ne manquant pas et se trouvant préparés, ils sont empêchés par quelque autre cause de coulei*. ou du cerveau dans le cœur, ou du cceur dans le cerveau.

Et il semble que toute raacliiue doive cesser par une de ces causes. Car, ou le ressort se rompt, . comme les tuyaux dans un orgu:^, et les roues ou les meules dans an moulin : ou le moteur cesse. comme m la rivière, qui fait aller ces roues, est détournée, ou que le soufflet, qui pousse l'air dans l'orgue, soit brisé ; ou le moteur et le mobile étant en état, l'action de l'un sur l'autre est empêchée par quelque autre corps , comme si quelque chose au dedans de l'orgue empêche le vent d'y entrer, ou que l'eau et toutes les roues étant comme il faut, quelque corps interposé en un endroit ç¥uwàya\ empêche le jeu.

ApjiliquuDt ceci à i'iiomme, macVi'me sïia* «iToç^iv/ianij plus iagénieme et plus déltcaW, ta^» c« "^

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qu'il a de corporel, pur<e machine; on peut concevoir qu'il meurt, si les ressorts principaux sei corrompent, si les es^nits- qui sont Les moteurs s'éteignent, ou si, les ressorts étant en ëtat et les esprits prètS) le jeu en est empêché par quelcj^ autre cause.

S'il arrive, par quelque coup, que le cerveau, ou le cœur soient entamés, et. que la continuité cle& filets soit interrompue; et. sans entamer la substance, si le cerveau ou se ramollit ou se dessèche excesiûvement, ou que, par un accident semblable. Las fibres du cœur se roidissent ou se relâchent tout, à faitv alors ces deux ressorts, d'où dépend tout, le mouvement, ne subsistent plus, et toute la madûie eat arrêtée.

Mais quand le cerveau et le cœur demeureraient en leur entier, dès là que les esprits manquent, les ressorts cessent, faute de moteur : et quand il se formerait', des esprits conditionnés comme il faut,, si les tuyaux, par où. ils doivent passer, ou ressentes, ou remplis de quelque autre chose, leur ferment l'en:trée, c'est de même que s'ils n'étaient plus. 'Ainsi,. le cerveau et le cœur, dont l'action et la communication nous font vivre, restent sans force, le mouver ment cesse dans son principe, toute la machine demeure, et ne se peut plus rétablir.

Voilà ce qu'on appelle mort; et les dispositions. à c^ état, s'appeUent maladies.

Ainsi toute altération dans le sang, qui l'empêche de fournir pour les esprits une matière Louable, nend le corps malade; et si la chaleur naturelle., ou étoufifée par la trop grande épaisseur du sang, qk diBsipëe par son excessive subtilité, n'envoie plus d'esprits, il £auit mourir : teUement qu'on peut définir la mort , l'extinction de la chaleur natoceite d^mm le sang et danfr le enrax:.

Outre les altérations c[n\ aniveia àav\^.\& cmi^^

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