partie à laquelle la mitufs avait appris à le rap
Néamnoins cette partie du nerf, qui reste dans le cerveau, n'étant plu» frappée des objets accoutumée, elle doit perdre in sensible ment, et avec le temps, la disposition qu'elle avait à son mouvement ordinaire; et c'est pourquoi ces douleurs qu'on sent aux parties blessées cessent à la iin : à quoi sert aussi beaucoup la réflexion que nous Taisons que nous n'avons plus de jambe.
Quoi qu'il en seit, celle expérieuce cnn&mie: que le sentiment de l'âme est attaché ù l'ébranlement du nerf, en tiuit qu'il se fuit dans le cerveau, et fait voir aussi que ce sentiment est rappra-te naturellement à l'endroit esDévieui- du corps où se fait le contact du nerf et de l'objet.
PHopostrimi VI, Quelfjties-uns de nos scntimentu sv termmeni à art objet., et les autres non.
Cette diliëreiica des sensations, déjà touchée dau.s le Qlia|MtT'e du l'Anie',Taét\Xe, par son ini|iortunce, encore un peu d'explicatioa. Nous n'aumus, pour bien, entendre la chose, qu'à écouter nos cspé-
Tnutes les fois que l'ébranlement des nerfs vienl du dedans, par exemple, lorsque quelque humour tbrmëe au dedans de nous se jette sur quelque partie et y cause de la. doulein-, nous ne rapportons cette sensation à aucun objet, et nous ne saviins d'où ejle
La. goutïe nous jieend à la mala \ picote nos >euE; le sentiioent douloureu:
de ces mouvements nu atieun objet.
C'est pourquoi généralement, dans toutes les sensations que nous rapportons aux parties intérieures de notre corps, nous n'apercevons aucun objet qui les cause ; par exemple , les douleurs de tête, ou d'estomac, ou d'entrailies : dans la faim et dans la soif, nous sentons simplement de la douleur en certaines parties ; mais une sensation si vive ne nous fait pas regarder un certain objet, parce que tout ' l'ébranlement vient du dedans.
Au contraire, quand l'ébranlement des nerfs vient du dehors, notre sensation ne manque jamais de se terminer à quelque objet qui est hors de nous. Les corps qui nous environnent nous paraissent, dans la vision, comme tapissés par les couleurs : nous attribuons aux viandes le bon ou le mauvais goût : -qui est arrêté, se sent arrêté par quelque chose : qui est battu, sent venir les coups de quelque chose qui le frappe : on sent pareillement et les sons et les odeurs comme venus du dehors, et ainsi du reste.
Mais encore que cela s'observe dans toutes ces sensations, ce n'est pas avec la même netteté : car, par exemple, on ne sent pas si distinctement d'où viennent les couleurs, ou la lumière regardée directement : dont la raison est que la vision se fait en ligne droite, et que les objets ne viennent à l'œil que du coté où il est tourné ; au lieu que le» sons et les odeurs viennent de tous côtés indifféremment, et par des lignes souvent rompues au milieu de l'air, qui ne peuvent par conséquent se rapporter à un endroit fixe.
Il faut aussi remarquer, touchant les objets,
qu'ordinairement on n'en voit qu'un, quoique le sens
ait un double organe; je dis, ordinairement, parce
qu'il arrive quelquefois que les deux yeux doublent
les objets; et voici sur ce sujet quelle est la règle*.
Quand on change la siluaûou uvitwrelle des orga-
^es, par exemple^ quand on presse Y œv\, ewsoTXfcajafc
tJHrON DK L'AME ET DU CORPS. té\
les uerfs optiques ne sont point frappés en même <iens, alors l'objet paraît double en des lieux difle~ rents, quoiqii'en l'un plus obscur qu'en l'autre j de sorte que visiblement il s'excite deux sensations distinctes. Mais quand les deuK yeux demeurent dans leur situation, cuuiine deuiL cordes semblables montées sur iin'm&me Ion et touchées en même temps de la même force ne rendent qu'un même son à notre oreille, ainsi les nerfs des deiiï yeni, touchés de la même sorte, ne présentent à l'ïlme qu'un seul objet, et ue lui font remarquer qu'une sensation. La ruison en est évidente : puisque les deux nerfs touchés de même ont un même rapjiort à l'objet, ils le doivent pur conséquent faire voir tout à fait tm, sans aucune diversité, ni de couleui', ni de situation, iti de ligure.
Il est donc absolument inapossiblc que nous uytms PII ce cas deux sensations qui nous paraissent distinctes, parce que leur parfaite ressemblance, et leur rapport uniforme au même objet, ne jiermct pas à l'âme de les distinguer : au contraire, elles doivent s'y unu" ensemble, comme choses qui conviemient en tout point. Et ce qui doit i-ésûlter du leur union, c'est qu'elles unies que séparées; en sort de deux yeux que d'un, montra'.
Voilà ce qu'il y avait à considérer sur la nature et les différences des sensations, en tant qu'elles appartiennent uu corjis et à l'dmc, et qu'elles dépen-
t plus fortes i ne l'expérience le
fc:
4S2 CHAPiTse m.
dont de leur concoiirs. A^vant que ds pasfier à Tosaçe qne l'âine eo. fait^ elr pour le oerps, et pour elle-mènB, il est boa de recueillir ce qui vient d.'êu*e expliqué, et d'y fàiee un peu de réflexicàii.
VU, Réflimioov sur la doctrine préoédimt».
Si noua Tavons bien compris^ noua avoa» vu qaii ae lait en toutes les sensations un mouvement enchaîné qui commence à F objet et se termine au dedans, du eerveau.
Il n'est pas besoin de parler ni du toucher ni du goût, où l'application de l'objet est. immédis^^ et trop palpable pour être nice. Ai l'égard des trois audits sens, nous avons- dit que^ dans ki> vue, le rayon doit se réfléchir de dessus l'objet ; que dans Tonie, le coups résonnant doit être agifië ; enfin, que dans l'odorat, une vapeur doit s'exhaler du corps odoriférant.
Voilà donc un mouvement qui se commence à l'objet ; mais ce n'est rien, s'il ne continue dans tout le: Hiilieu qui est enti^e l'objet et nous.
. Cestiici que nous avons remarqué ce que peuvent les vents et l'eau, et les autres corps interposés, opaques et non transparents, pour empêcher les objets et leur e£p6t naturel.
Mais posons qu'il n'y ait rien, dans le milieu, qui mnpèdie le mouvement de se continuer jusqu'à moi; oe n-est pas asses. Si je ferme les yeux, ou que je bouche les oreilles et les narines, les rayons réflé-* chis, et l'air agité, et la vapeur exhidée, viendront à moi inutilement : il fant donc que ce mouvement, qui a commencé à l'objet,, et s'est étendu dans le milieu, se continue encore dan» les organes. Et nous avons reconnu qu'.il se pousse le long des nerfe juan
'^u dedans du cerveau.
3te cette suite de monv(MBi«tt\&:€flan^^\u4^ ^V qosip
UNIOn DE L'AME ET DU CORPS. U3
tinués est nécessaii'e jiour \ii sensation, et c'est après tout cela qu'elle s'excite dans l'âme.
Mais le secret de la nuCure. ou, pour mieux parler, celui de Dieu, est d'raciter la sensation lorsque l'erUrititiDHneiit lînit, c'est-à-dire lorque le nerf est ébranlé daus le cerveau, et de faire qu'elle se tei^ mine à l'endroit où i enchaînement commence, c'està-dira ù l'abfet même, coinme nous l'avons expliqué.
Par là, il sera aise d'entendra de quoi QOtis instruisent les sensations, et à qnoî nous sert cette instruction, tant pour le corps que pour l'âme.
Pour cela, remettons-nous bien dans l'e^irit les quatre cboses que nous venons d'obsei'ver dans les sensations, c'est-à-dire, ce qui se fait dans l'objet, ce qui se fait dans le miheu , ce qui se fait dans nos organes , ce qui se ftiitdans nob« âme, c'est-à-dire la sensation elle-même, dout tout le reste a été la prejiaration.
Vm. Six proposilioni, qni font voir de quoi l'âine ni instruite par les lensations, el t'ussge qu'elle en fait, tant pour le corps cjue pour elle-mênie.
PmoFOS[-nuN VII. Ce i/ui se fait dann les nerfs, c'est-à-dire ( «brunleinent nmitiei le sentiment est attaché, n'est ni senti ni cvimu.
Quand nous voyouî,, quand nous écoutons, ou que nous goûtons, nous ne sentons ni ne connaissons en aucuae manière ce qui se f,tit dans notre corps ou dans nos nerfs, et dans notre cerveau, ni même si noiiï avons un cerveau et des nerfs. Tout ce que nous apercevons, c'est qu'à la présence de certains objets, il s'escite en nous div«rs sentiments ; par exemple, ou un sentiment de plaisir ou un sentim«tt de douleur, ou nn bon ou un mauvais ç,oî*.-, et ainsi du reste. Ce bon et ce mwa-Ha» çfi'î*. 'R trouve attaché à certuins mouvemeuts àes oïç;mw*->
124 CHAPITRE m.
c'est-à-dire des nerfs ; mais ce boa et ce mauvais goût ne nous fait rien sentir ni apercevoir de ce qui se fait dans les nerfs.
Tout ce que nous en savons nous vient du raisonnement, qui n'appartient pas à la sensation etf n'y sert de rien.
Proposition VIII. Non-seulement nous ne sentons pas ce qui se fait dans nos nerfs, c^est-à-dire leur ébranlement; mais nous ne sentons non plus ce qu^il y a dans ï objet qui le rend capable de les ébranler, ni ce qui se fait dans le milieu par ou l impression . de t objet vient jusquà nous.
Gela est constant par l'expérience. La vue ne nous rapporte pas les diverses réflexions de la lumière qui se font dans les objets, et dont nos yeux sont frappés ; ni comme il faut que l'objet ou le milieu soient faits pour être opaques ou transparents, pour causer les réflexions ou les réfractions, et les autres accidents semblables; ni pourquoi le blanc ou le noir dilatent nos nerfs ou les resserrent, et ainsi des autres couleurs, L'ouïe ne nous fait sentir ni l'agitation de l'air, ni celle des cor[)s résonnants, que nous pourrions ignorer si nous ne la savions d'ailleurs, ^'odorat ne nous dit rien des vapeurs qui nous affectent, ni le goût, des sucs exprimés sur notre langue, ni comment ils doivent être faits pour nous causer ou du plaisir ou de la douleur, de la douceur ou de l'aigreur ou de l'amer tune. Enfln, le toucher ne nous apprend pas ce qui fiiit que l'air chaud ou .froid dilate ou ferme nos pores, et cause à tout notre corps, principalement à nos nerfs, des agitations si différentes.
Lorsque nous nous sentons enfoncer dans l'eau et c/ans les corps mous, ce qui nous Ca\l seutvr cet enfonceaieat, c'est que Je froid ou le cYvaud c^u^ uows \sft
UNION DE L'AME ET DU CORPS. las
qu'à une jiarlîe, s'étend plus avant; innis (ii)nr savoir ce qui fait que ce corps nous cède, le sens ne nous en dit mot.
Il ne nous dit non plus pourquoi les corps nous résistât, el à regarder la chose de près, ce que nous sentons alors, c'est seulement la douleur qui s'excite iiu qui se commence par la rencontre des corps durs et mal polis, dont la dureté blesse lenAtre plus tendre.
Si l'eau et les corps humides s'attachent à notre |)eaû, et s'y font sentir, le sens ne découvre pas la délicatesse de leurs parties, qui les rend capables d'entrer dans nos pores, et de s'y tenir attachées; ni pourquoi les corps secs n'en font autant qu'étant réduits en poussière; ni d'où vient la différence que nous sentons entre la poudre et les gouttes d'eau qui s'attachent à notre main. Tout cela n'est point aperçu précisément p.ir le toucher; et eniin aucun de nos sens ne peut seulement soupçonner pourquoi il est touché par ces objets.
Toutes les choses que je viens de remarquer n'ont besoin, pour être entendues, que d'une .simple exposition. Mais on ne peut se la faire à soi-même trop claire ni trop précise, si on veut comprendre la différence du sens et de l'entendement, dont on est sujet à confondre tes opérations.
pBOPflsiTiON IX. En xcntanl, nous apercevons seulement la sensation elle-même, mais ijueU/tiefois terminée à quelque chose qu'on appelle objet.
Pour ce qui est de la sensation, il n'est pas besoin de prouver qu'elle est aperçue en sentant* ; chacun en est à soi-même un bon témoin, et celui qui sent n'a pas besoin d'en être averti.
C'est pourtant par quelque autre chose que la
me BoMnet «n- | (Kntlmpiil rt de Vei r féyidtace du I Tmirc iii t<lreiirbi
cV^v-v
GffAPITRE in.
senfiatioa que nous comiaiAsoiiâ la sensation ^ ; car elle ne peut fias rëfiéchir sur elk-même, et 'se tourne toute à l'objet auquel elle est terminée
Ainsi le vrai effet de la «ensation est de nous aider à discerner les objets. £n efSet, nous distinguons les choses qui nous touchent ou nous environnent, par les sensations qu'elles nous excitent; et c'est, comme une enseigne que la nature nous a donnée poinr les connaître^.
' Bfeûs, avec tout cela, il paràtt, par lès i^oses qui ont été dites, qu'en vertu de la sensation prëcisément prise, nous ne connaissons rien du tout du fond de l'objet; nous ne savons, ni de quelles partics il est composé, ni quel en est l'arrangement, ni pourquoi il est i^ropre à nous renvoyer les rayons, ou à exhaler certaines vapeurs, ou à exciter dans l'air tant de divers mouvements qui font k diversité des sons, et ainsi du reste. Nous remarquons seulement que nos sensations se terminent à quelque chose hors de nous, dont pourtant nous ne savons-rien, sinon qu'à sa présence il se fait en nous un certain effet, qui est la sensation.
U semblerait qu'une perception^ de cette nature ne serait guère capable de nous instruire. Nous recevons pourtant de grandes instructions par le moyen de nos sens; et voici comment.
Proposition X. Les sensations sentent à Véone à s'instruire de ce qiielle doit ou rechercher ou fuir pour la conservation du corps qui lui est uni.
i. C'est par la conscience, que l'on appelait autrefois le sens iHtiuK.
2. Ce caractère qu\i la sensation <d'étre^l«-tigii« ou Venteiff-ne des ohje ts extérieurs a été très^tudié de nos jours. Jouf- ^ro/r l'appelait h cûracière in^
strwctlj de la sensation, expression 'évidemment emprontée à Bnssnet qui dit on pen pkis loin : «t Le plaisir et In douleur servent à lime dlastraction. »