‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 45 sur 93 · UKION DE L'AUE ET DD C0AP · texte numérisé non relu

UKION DE L'AUE ET DD C0AP

Mais il faut encore ea cela que la raison nous dirige, sans quoi nos sens pourraient nous tromper. Car le même objet, vu à même distance, me paraît grand dès que je l'estime plus ^loign^, et me paraît moindre dès que je l'estime plus près; par exemple, la luQC me paruit plus grande étant vue à l'horizon, el plus petite quand elle est fort élevée, qupiqu'en " " " "'î position, elle soïl vue précisément

snus le mê Le mÊipe Mton, parait courbe dai tiède, si j'ai la d je l'ai froide, me À travers un veri raison, tout i

'est-à-dire à même distance, me parait droit dans l'air, me au. La même eau, quand elle est chaude, me parait froide; et si chaude. Tout me paraît vert de cette couleur j et par la même

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e paraît janue, lorsque la bile, jaune elle-même, s'est répandue sur mes yeux. Quand Ij même liumeur se jette sur ]a langue, tout me paraît amcj-. Lorsque les nerfs qui servent ù la vue et à l'ouïe sont agités au dedans, il se forme des étincelles, des couleurs, des bruits confus ou des tintements qui ne sont attachés à aucun objet sensible. Les illusions de cette soi'te sont iniinîes'.

L'âme serait donc souvent trompée, si elle se fiait à ses sens sans consulter la raison. Mais elle peut ]>roGler de leur erreur ; et toujours, quoi qu'il arrive, lorsque nous avons des sensations nouvelles, nous sommes avertis par là qu'il s'est fait quelque changement, ou dans les objets qui nous paraissent, ou dans le milieu par où nous les apercevons, ou même dans les organes de nos sens. Dans les objets, quand

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ils sont changés, comme quand de Feau ft*oide dtevient chaude, ou que des feuîUes, auparaTant verte»^ deviennent pâles étant dessécliées. Dans le miliea, quand i\ est tel qu'il empêche ou qu'il rompt Taclion de Fobjet, comme quand' Teau rompt la ligne du rayon qu'un bâton renvoie à nos veux Dans l'organe des sens, quand ils sont notablement altérés par les humeuj's qui s! y jettent, ou par d'^autres causes semblables.

Au reste, quand quelqu'un de nos sens nous trompe, nous pouvons aisément rectifier ce. mauvais jugement par le rapport des autres sens, et par la raison. Par exemple, quand un bâton piuraît courbé à nos yeux étant dans Feau, outre que, si on F en relire, la vue se corrigera elle-même, le toucher qufi nous sentirons afifëcté comme il a accoutumé" dé fêtre quand les corps sont droits, et la raison, seule, qui nous fera voir que l'eau ne peut pas tout d'au coup Favoir rompu, nous i>eut redresser * . Si tout me paraît amer au goût ou que tout semble jaune à ma me, la raison me fera connaître que cette uoiformîté ne peut pas être venue tout à coup aux choses où auparavant j'ai senti tant de différence ; et ains: je connaîtrai Faltération de mes organes , que je tâcherai de remettre en leur naturel

Ainsi nos sensations ne manquent jamais de nons mstruire, je (fis même quand elles nous trompent, et nos deux propositions demeurent constantes.

PROPOsrrion XII. Outre le secours que donmemi les sens à notre raison pour entendre les besoins du corps ^ ils C aident aussi beaucoup à connattre toute la nature.

Car notre âme a en elle-Bkême des poriaGipos de^

/, «r Quaad Veaa cf>iul>e an i d*CTa a jodton, ma r tison le redresse^ » | i\ pusst M dit h Fontaine, dans sa fable l &ioiis ^

/, «r Qunad Vean cf>iul>e an ^ d*CTa animal dais /«t /ttJie» otl

ea revae plusieurs inudes sens.

UNION DE L'AME IT DU COUPS. *if

véi'ile éternelle, et an esprit de rapport, c'esl-à-<fire. des règles de raisonnement, et nn art do tirer des conséquences. Cette âme ainsi formée , et pleine de ces Inmiàres, se trouve unie à an corps si petit, à la vérité, qu'il est moins que rien à l'ogard de cet nnivers immense; mais qui pourtant a ses rapports avec ce grand tout, dont il est une si petite partie. Et il se trouve composé-de sorte qu'on dirait qu'il n'est qu'un tissu de petites fibres inlininnent déliées, disposées d'ailleurs avec tant d'art, que des raouvenients très-forts ne les blessent pas, et que toutefois les plus délicats ne laissent pas à'y faire leurs impressions ; en sorte qu'il lui eu vient de très-remar- <{u.ibles et de la lun^ et du soleil, et nïËnis des sphères les plus hautes, quoique éloignées de nons par des espaces incompréhensibles . Or l'union de l'âme et du corps se trouve faite de si bonne maÎQ, endn l'ordre y est si bon , et la correspondance si bien établie, que l'âme, qui doit présider, est avertie par ses sensations de ce qui se passe dans ce corps et fluï environs, jusqu'à des distances inlînies. Car, comme ces sensations ont leur ra|ipart à certaines dispositions de l'objet, ou du milien, ou de l'organe, ainsi qu'il a été' dft; à chaque sensation l'âme apprend des choses nouvelles, dont quelques-unes regardent la substance du corps qui lui est uni, et la plupart n'y servent de rien. Car que sert, par ■ex«H|^, au corps humain la vue de ce nombre prodigieux d'étoiles qui se découvrent à nos yeux pen- ■dipt la nuit? Et même, en considérant ce qui prolitç au «torps, l'âme découvre par oecasioD une inCiiit^ d'antres choses ; en sorte que, du corps où elle est enfermée, elle tient à lont, et voit tout l'miivers se venir, pour ainsi dire, marquer sur ce corps, comme le cours dn soleil se marque sur un cadran. Elle apprend donc, par ce moyen, des \iart'icvi\nï'R.is ctmrsidérabJes, connue le cours da so\ci\-, \ft ^vit e.V \e

reflux de la mer; la naissance, raccroissement, les propriétés différentes des animaux, des plantes, des minéraux; et autres choses innombrables, les unes plus grandes, les autres plus petites, mais toutes enchaînées entre elles. De ces particularités elle compose l'histoire de la nature, dont les faits sont toutes les choses qui frappent nos sens^. Et par un esprit de rapport, elle a bientôt remarqué combien ces faits sont suivis. Ainsi elle rapporte l'un à l'autre : elle compte, elle mesure, elle observe les oppositions et le concours, les effets du mouvement et du repos, l'ordre, les proportions, les correspondances, les causes particulières et universelles, celles qui font aller les parties, et celle qui tient tout en état. Ainsi, joignant ensemble les principes universels qu elle a dans l'esprit ,'et les faits particuliers qu'elle apprend par le moyen des sens, elle voit beaucoup dans la nature, et en sait assez pour juger que ce qu'elle n'y voit pas encore est le plus beau; tant il a été utile de faire des nerfs qui pussent être touchés de si loin, et d'y joindre des sensations par lesquelles l'âme est avertie de si grandes choses.

IX. De rimagination et des passions, et de quelle sorte il les faut considérer.

Voilà ce que nous avions à considérer sur l'union naturelle des sensations avec le mouvement des nerfs. Il faut maintenant entendre à quels mouve-

4 . On peut rapprocher de ces lignes remarquâmes le célèbre passage du Sermon sur la mort: « Je ne suis pas de ceux qui font grand état des connaissances humaines, et je con ïesse néanmoins que je ne puis contempler sans admiration ces merveilleuxes découvertes qu*a

faites la science pour pénétrer la nature, ni tant de belles in* Tentions que Tart a trouvées pour l'accommoder à notre usage. L'homme a presque changé la face des choses,... il n'y a aucune partie de l'univers où il n'ait signalé son industrie. »

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