‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 46 sur 93 · DBION DE L'AME ET DU CORPS · texte numérisé non relu

DBION DE L'AME ET DU CORPS

meols du corps l'imagiaatioa et ies passions sont attacha.

Mais il faut premièremenl reinarquei' que les imaginatîom et les passions s'excitent en nous, ou simpleiiient par les sens, ou parce que la raison et la volonté s'en mêlent.

Car souvent nous nous appliquons ^Kpressénient à imaginer quelque chose, et souvent aussi il nous arrive d'eiciter exprès, et de fortifier quelque passion en aous-mèmes i par exemple, ou l'audace ou la co- 1ère, à force de nous représenter, ou nous laisser représenter par les autres, les motifs qui nous les peuvent Ciiu^r.

Comme nos imaginations et nos pussions peuvent être excitées et forlifiëes par notre choix, elfes peuvent aussi par là être ralenties. Nous pouvons fixer, par une attention volontaire, les pensées confuses de. notre imagination dissipée ; et arrêter, par vive force de raisonnement et de volonté, le cours emporté de

Si nous regardions cet ^tat mêlé d'imagination, de |}assion, dé raisonnement et de choix, nous confondrions ensemble les opérations scnsitives et les intellectuelles , et nous n'entendrions jamais l'eiTct parfait des unes et des autres. Faisons-en donc lu séparation Et comme pour mieux entendre ce que feraient par eux-mêmes des chevaux fougueux, il faut les considérer sans bride, et sans conducteur qui les pousse ou qui les retienne', considérons l'imagination et les passions [lurement abiindonnées aux sens et à elles-mêmes, sans que l'empire de la volonté ou aucun raisonnement s'y mêle, ou pour les exfâter ou jiour les calmer. Au contraire, comme il

BÛiuHFiii» du PL^dre iIe PU- |i;ir,sioDS est <le<ea<ïu Acvûs

134 CEÂPIT&E m.

arrive toujours que la partie supérieure est sollicitée à suivre l'imagination et la passion, mettons encore avec elles, et regardons comme une partie de leur effet naturel, tout . ce que la partie supérieure leur donne par nécessité, avant qu'elle ait pris sa der- ! nière résolution ou pour ou contre. Ain» nous dé- ; couvrirons ce que peuvent par elles-mêmes l'imagination et les passions, et à quelles dispositions du corps elles s excitent.

X» De rlmaginatîon en particulier, et à quel mouTement du corps die est attachée.

£t pour commencer par l'imagination, comme elle suit naturellement la sensation, il faut que Timpi^esson que le corps reçoit dans l'une soit .attachée à celle qu'il reçoit dans l'autre; et par la seule construction des organes il nous paraîtra qu'il en est ainsL II ne faut que se souvenir que le cerveau, où aboutissent tous les nerfs, est d'une nature fort jnoUe, et par là ne peut s'empêcher de recevoir quelque impression par leur ébranlement, non plus que la cire par l'attouchement des corps qui la pressent.

Et la chose sera encore plus aisée à entendre, si on regarde toute la substance du cerveau, ou quelques-unes de ses parties principales, comme composées de petits filets qui tiennent aux nerfs, quoiqu'ils soient d'une autre nature; à quoi l'anatomie ne répugne pas, et au contraire l'analogie des autres parties du corps nous porte à le croire.

Car les chairs et les muscles, qui ne paraissent à

nos yeux qu'une masse compacte et confuse, dans

une dissection délicate paraissent un amas de petites

cordes tournées en différents sens, suivant les divers

mouvements auxquels ces parties doivent servir. Où

trouve la même chose de la rate el du îo\a. Lai çeau

tWION D^ LNUK ET OU CORPS. tM

et les âuti'ËS neisbruies «ont aussi us -compose de filets très'iius, dunt le tissu est fait de k manière ^u'il faut pour donner biut «usemble ù ces parties la soqplesse et lu ooB&i&tanci; que demundeat Ifs besoins du cnrjis.

Oa peut bien croire que la nnture o'auru pas éti; . oatHas soigaeuse du oerveau qui est l'insb'iinieiiit principal des fonctions aninisles. et que la composiiioHfi'eQ sera pss moins industdeuse.

On icompreoch'a donc aisément qu'il sci'a compose d'iuie iabaité de petits filets, que l'alfluencc des esprits à celle partie eE leur cojitînuel mouvemeut tiândrsBt toujours ea état : ea sorte (^'ils imurront £lre aisément mus et filiés, à l'étH-anlement des aerls, ea autant de Bianières t^a'â faudra.

Que si- on n'observe pas cette distinction de petits iilets dans le cerveau d'un animid mort, il est aisé de coHocvotr que l'hainilité de ceUe partie, et l'ez' tinctinn de la chaleur noturelk, d'où suit celle des esprits, en est la cause : joint que, dans les autres parties du corps, quoique plus grossièi-cs et massives, le tissu n'est aperçu qu'avec beaucoup de travail, et jasuîs dans toute sa déliotitesse'.

Car la nature travaille avec tant d'adresse, et réduit les corps à des parties si Unes et si déliées, que ni l'art ne la peut îmiFer, ni la vue la plus" |)ercaiit& la suivre dans des divi^us si délicates , quelque secours qu'elle cherche dans les verres cl les mi- «rascopes.

Ces choses présupposées, il est clair que riiii[a'e&-

alfirel^

136 CUAPITAE ni. .

sion ou le coup que les nerfs reçoivent de l'objet, portera nécessairement sur le cerveau; et comme la sensation se trouve conjointe à l'ébranlement du nerf, l'imagination le sera à l'ébranlement qui se fera sur le cerveau même.

Selon cela, l'imagination doit suivre, mais de fort près, la sensation, comme le mouvement dii cerveau doit suivre celui du nerf.

Et comme l'impression qui se fait dans le cerveau doit imiter celle du nerf, aussi avons-nous vu que Fimagination n'est autre chose que l'image de la sensation.

De même aussi que le nerf est d'une nature à recevoir un mouvement plus vite et plus ferme que le cerveau, la sensation aussi est plus vive que l'imagination.

iVlais aussi comme la nature du cerveau est capable d'un mouvement plus durable, l'imagination dure plus longtemps que la sensation.

Le cerveau aj^ant tout ensemble assez de mollesse pour recevoir facilement les impressions, et assez de consistance pour les retenir, il y peut demeurer, à peu près comme sur la cire*, des marques tixes et durables, qui servent à rappeler les objets, et donnent lieu au souvenir.

On peut aisément comprendre que les couj)S qui viennent ensemble par divers sens, portent à peu près au même endroit du cerveau, ce qui fait que divers objets n'en font qu'un seul, quand ils viennent dans le même temps.

J'aurai, par exemple, rencontré un lion en passant parles déserts de Libye, et j'en aurai vu l'affreuse

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