‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 48 sur 93 · L'existence de caractères I indépendamnieat de toute ré · texte numérisé non relu

L'existence de caractères I indépendamnieat de toute ré

propres qui^ j)ar leur imprcs- \ Wexum^xvou^ î^issent conceToir

IffllOM DE L'AME HT DU COaPS. ne

dans tout le cor[is les dispositions convenables, et dans l'âme aussi des sentiments et des désirs proportionnés. I

Au reste, il est bien certain que les réflexions ([ui suivent après, augmeittent ou ralentissent les passions : mais ce n'est pus encore du quuî il s'agit; je ne regarde ici que le premier coup que porte la pas~ sion au corps et à l'âme; et il me suffit d'avoir ol>sei-vé, comme une chose indubitable, que le corps est disposé par les passions à de certains mouvements, et que l'âme est en même temps puissamment portée à y consentir. De là viennent les efforts qu'elle fait, quand il faut, par vertu, s'ékiigner des choses OÙ le corps est disposé. Bile s'aperçoit alors combien elle y tient, et que la con-espdudauce n'est que lnip grande.

Xn. SfCDod effet de l'un ion de l'ànie et du corps, ou te voient les mouvemeiiis du corps assujettis aux actions de l'ânie.

Jusques ici nous avons regardé dans l'âme ce qui suit les mouvements du corps ; voyons maintenant dans le corps ce qui suit les pensées de l'âme.

C'est ici le bel endroit de l'homme. Dans ce que nous venons de voir, c'est-à-dire, dans les opérations sensuelles', l'âme est assujettie au corps; mais dans les opérations intellectuelles, que nous allons

Aie CHAPITRE m.

considërer^ iKm-^seuiemeiit elle est libre, mais ^e conunande.

Et il lui convenait d'être la maîtresse, parce ^^eU& est k plus noble, et qa'^âle est née par coasëquent pour commande*.

Nous voyons en effet comme nos membres se meuvent à son jcommandement, et comme le ooq>& se transporte i^romptement où elle veut.

Un si prompt effet du commandement de rame ne nous donne |)kts d'admiration, i^aroe que nous y sommes a'ccoutomës^; mais nous en demeurons éton> nés, pour peu qne nous y fassions de réfleuoQ.

Pour remuer la main, nous avons vu qu il faut faire agir premièrement le cerveau, et ensuite les esprits, les nerfs et les muscles; et cependaEnt, de toutes ces parties, il n'y a souvent que la main i|ui nous soit connue. Sans connaître toutes les autres, ni les ressorts intérieurs qui font mouvoir nolxe^ maàïL, ils ne laissent pas d'agir, pourvu cpie nous voulions seulement la remuer.

Il en est de même des autres membres qui obéissent à la volonté. Je veux exprimer ma pensée; les pflToiles convenables me sortent aussitôt de la boadM, sans que je sache aucun des mouvements qne •doîrvent faire, pour les former, la langue ou les lèwpes, encore moins ceux du cerveau, du poumon et de la trafchée-^rtène ; pmsque je ne sais pas même nataralkment si j'ai de telles parties, et que f ai eu besoin de m' étudier moi-même pour le savoir.

Que je veuille avaler, la trachée-artère se ferme

À . Fénelon, aa chap, i**' du Traité de Vexistence de Dieu, oonstate aussi ce résultat de riiabitude; il cite comme l'ayant remarqué avant lui Cicéron et sasM fiaint Augustin de qui êoat ces mots : Assiduitate vi-

^eruni, — Qujnt à Ja meiTeille l èlëvftûoDk..

particulière qui est ici développée, celle des effets du commandement de la vuluaté, Bossuet présente ks mêmes idée^ à peu près dans les mêmes termes, dans ses Élévations à Dicu^ quatrième semaine, neuTième

inlililliblemeut, sans que je soagf k k iiemuer, et saus que je la.coaDaiBse, ai que je la sente agir.

Que je veuille regarder loin, la pruocLle de l'œil se dilate; et au contraire, elle se resserre quand je veux regarder de [ii'ès, sanstjiieje sacbequ'^e soit capable de ce mouvement, ou en quelle jiiirtie pré- \ chément il se fait. U y a une Inliuite d'autres mouvements semblables, qui se fout dans nutie corps, à notre seule volonté, sans que nous sacliiiins comment, ni pourquoi, ni nême s'ils se font.

Celui de la resjiicatioo est adniiralile, en ce que nous le suspendons et l'avaoçuus cjuaad il nous plaît ; ce qui étail nécessaire jxmr avoir le libi-e usage de la parole : et cependant, quamd nom docmoas, dJe se fait sans que notre volonté y ait part.

Ainsi, par un secret mei'vcilleui, le mouvement de tant de parties, dont nous n'avons nulle connaissance, ne laisse pas de dépendae de oolj-e volonté. ,Nons n'avons qu'à nous pi-oposer un certain effet connu; par exemple, de regai'der, de parler, ou de marcher : aussitôt mille ressorts inconnus, dti esprits, des nerfs, des muscles, et le cerveau m&mc qui mène tous ces mouvemeuts, se isnuïent pour les produire, sans que nous connaissions autre chose, sinon que nous le voulons, et qu'aussitôt que nous le voulons l'effet s'ensuit.

Et outre tous ces mouvements qui de'pendent du cerveau, il faut que nous eiereions sur le cerveau même nn pouvoir immédiat, puisque nous pouvons être attentifs quand nouj le voulons ; ce qui ne se fait pas sans quelque teusioo Jn cei-vea«, comme Texpérience le fait voir.

Par cette même attention, nous mettons volontairement certidncs clioses dans notre mémoire que awts rappelons aussi quand il nous plait, avec plus ou moins de peine, suivant que le cerveau est uvco. OD mal disposé.

148 CHàPITRE Iir.

Car il en est de cette partie comme des autres, qui, poiir être en état d'obéir à l'âme, demandent certaines dispositions : ce qui montre, en passant, que le pouvoir de l'âme sur le corps a ses limites.

Afin donc que l'âme commande avec effet, il faut toujours supposer que les parties soient bien disposées, et que le corps soit en bon état. Car quelquefois on a beau vouloir marcher, il se sera jeté telle humeur sur les jambes, ou tout le corps se trouvera si faible par Tépuisement des esprits, que cette volonté sera inutile.

11 y a pourtant certains empêchements, dans les parties, qu'une forte volonté peut surmonter; et c'est un grand effet du pouvoir de l'âme sur le corps, qu elle puisse même délier des organes qui, jusquelà, avaient été empêchés d'agir : comme on dit du fils de Crésus, qui ayant perdu l'usage de la parole, la recouvra ^ quand il vit qu'on allait tuer son père, et s'écria qu'on se gardât bien de toucher à la personne du roi. L'empêchement de sa langue pouvait être surmonté par un grand effort, que la volonté de sauver son père lui fit faire.

Il est donc indubitable qu'il y a une infinité de mouvements dans le corps qui suivent les pensées de l'âme; et ainsi les deux effets de l'union restent parfaitement établis.

XI tl. L*intellîgeiJce n*est attachée par elle-même à aucun organe, ni à aucun mouyement du corps.

Mais, afin que rien ne passe sans réflexion, voyons

. Ainsi présenté, le fait dont il s^agit n'a rien d'incroyable.

Mais Hérodote qui Ta rapporté le premier, liv. I, cliap. lxxv, dit (fue le ûls de Crésus parla nJurs pour la première î^is *•

éçBéY^ato, ce qa^il est aosolament impossible d''admettre, remploi de la parole exigeant, au préalable, un long appreil- \ \i^sa^<& de& organes*

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