I . y. niTtooI l«i samgss ciics de M. Brnant
■SX INTIIODUCTIOK.
]>lus sobre de BqsBuet est «n même temps plus phi- * logi>|iliiqiie'. II bijit'DOtcr d'ailleurs que, fid^ ^ i^ mothoUe et uu ^ut dft son ouvrage, il circonscrit sou étude et se renferme à peu près exclusivement dans celle de la iiatmv humaioc. S'iC présenta des aperçus généraux sur l'ordre de l'ujûvcfq^ il insiste tout particulièrement sur la su bordina tutti' des parties du corps et sur leur dé]iendance par KijtpDit à l'âme, dépendance où éclatent le dessein de Dieu et sa providence à l'pgiird de l'Iiomme.
De la preuve physique l'auteur passe à celle que fournissent les idées ou les vérités éternelles de la raison. C'est la preuve platonicienne corrigée par saint Augustin. Le langage de Bossuet n'y est pas moins beau que celui de t'énelon, et sa docb'ine s'y monti'e plus coi'recte que celle de Malebranc lie. Vient ensuite la preuve tirée de b notion d'être inGni ou parfait ([is saint Anselme et, après ce docteur, Dcscartes, probablement sans avoir lu l'ouvrage de son devancier, << a prise pour principal moyen de l'existence de Dieu', n
Cette preuve est présentée toui' à tour sous des formes diverses'; et, en effet, chacun des attributs im-
.. Dumircn, toujoon préw- ED|>è dii <Até moMl du dociri-
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I>ui'fnits lie IflDiQiDe le fuît penscM Dieu, à sa multiple et infinie perfection. L'Être cdËtiogent prcsup- i pose l'être pfi soi ou nt'cossaire , ce'qiii commence impliqué'^Wternel, ce qui change Tètre ioMwuMble; et de mèoie quç b eonsiiiLi'utioa de œ cjuc aotre intelligence a dTlfepiirfait nous mène à Dieu infinimeiit'intélligent, leAesoin que uous avons de bonheur nous élève à -l'idi-e d'un Dieu souverainenient < lieureui, source et objet de tout amour. C'est daus ce dernier développement que parait rorij^inalilé de la d')ctrine de Bossnet ; car les déductions de DescarEes se renferment plus exclusivement dans la sphère miitapliysique.
L'étude des attributs de Dieu ne foi-me pas une partie distincte de la précédente. Celle des rapports de rhpoimc avec son Créateur remplit les derniers articles, parmi lesquels on devi'a remarquer celui qui a jmur titre ; a L'image de Dieu s'achève dans l'homme par une volonté droite, n L'élude de la nature humaine se complète ensuite par un coup d'œil [irofond jeté sur son oiigine et sur sa des-
Nous devons signaler une fois de plus ici l'cspiît méthodique de l'auteur, si manifeste dans la gradation des preuves qui compuseni lu plus grandu partie de ce chapitre. L'analogie que nous avons notée plus haut dans !a marche du premier et du troisième chajiitre, n'eiiste pas moins pour le quatrième. C'est le rof'me ordre : les sens d'abord, ou ce qui les rrap|)e; puis, l'entendement et ce qu'il conçoit ; la volonté enfm et le bien auquel elle as-
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tNTKODUCTIOir.'
Chàpitbb V. Diffmnce de fhomrg^ et te ta héte, — «^C'est là une sort^|?app^tihQi à&M pfljpeholope ou pneumatologie déjà introduit du teia|is de Aç^s^et dans les traites ^e philosopl^ifl On y^ jBQpiparait * rhomme qui, suivant l'expressiop dç Pascal, nest « ni un ange, ni une bête , » tant* ^uj: natures, inférieures qu'aux natures supérieuiia à la sienne. La nouveauté et la singularité de la doctrine cartésienne sur ranimai-machine ont dû déterminer notre auteur à ne pas se dispenser de la comparaison qu'il aborde ici. Il y trouvait, d'ailleurs, une occasion de protester, ainsi que Malebranche venait de le faire, contre les écrivains qui, comme Montaigne, se font un jeu d'esprit de rabaisseï l'homme au niveau et jusqu'au-dessous des animaux*. Conformément aux règles qu'il s'était tracées pour l'instruction de son élève ^, il expose avec une complète impartialité les deux systèmes opposés de saint Thomas et de Descartes. Mais l'égalité qu*il établit entre eux n est qu'apparente : il est, au fond, peu disposé à rejeter l'opinion moins extrême, et « d'autant plus vraisem blable, » du docteur angélique, et c'est aussi en faveur de celle-ci qu'il multiplie les explications. li incline à résoudre la question par une distinction entre l'immatériel et le spirituel, qui élève les êtres doués de raison et connaissant Dieu au-dessus de
l«c Noos avons entrepris d'exciter en noos, par la seule considéfation de Duus-tnéffies,«e sentiment de U Divinité qiie la nature a mis en nos âmes en les formant, de sorte qa'il paraisse «lairement que ceux qui ne veulent point iccunnaitie ce qu'ils ont
au-dessus des bétes, sont tout ensemble les plus aveagles» les plue méchant» et les pl«s impertinents de tous les bommes. »
Lettre au pape Innocent Kl y § 7. — ifontjtigne est pris p-losieiirs fois.à partie dans son livi*e» S. Iil. ibid.
rawoûDCTtoiï. xxni
ceui qui n'ont qne les opérations sensitives en partuge. Eulia, s'il ife cciodut pas d'ooe manière posi- ' live, c'est qu'il ne Je croit pas nécessaire. Il nous semble, en effet, que, par la marche m&me de sa discussion et l'absence de toute conclusion formeTle, si surprenante chez un auteur iiabitué comme lut à dogniatiser, il a vovlu marquer dans un cxem]>1e la diSerence qui sepai'e les questions vriiiment importantes pour la conduite et lii croyance d'avec celles qui sunt o d'opimon, et dont on dispute '. »
Ce n'est, du reste, pas sur une question douteuse tpj'il prendra congé de son jeune lecteur. 1^ dernier article de l'ouvrage, qui en contient la conclusion, est employé à déraontref de nouveau, et en termes d'une grande élévation, l'excellence de la nature humaine. C'est là que se trouvent exposées ou, tout au moins, indiquées les principales preuves de l'immortalité de l'Jme.
Un rajiide coup d'œil sur les sources de la philosophie de Bossuet nous semble nécessaire pour clore consenabJernent cette introduction. Il avait, dans sa première jeunesse, étudié sous Nicolas Cornet ce que l'on appelait la philosophie de l'Ecole. Le grand maître de Navarre, c'est Bossuet lui-même qui nous le dit, n connaissait très- parfaitement et les confins et ks bornée de toutes les opinions de l'Ecole, jusqu'où
XXIV INTRODUCTIOI^
elles couraient et jusqu'où^ elles comiQeoçaient à se séparer; surtout il avait grande coimaissahce de la doctrine de saint Augustin et dé l'École de saint Thomas*. »
\j' incomparable saint Augustin et le grand saint Thomas *, voilà donc ses premiers maîtres en philosophie. Mais il ne s'y est pas borne. Il a tiré, pour l'éducation du dauphin, sa logique des écrits du divin Platon et de ceux d'Aristote qui, quelquefois, lui aussi, a a parlé divinement ^ . » Il a "expliqué à son élève et la morale du Stagyrite et cette doctrine de Socrate « vraiment sublime pour son temps, qui peut servir à donner de la foi aux incrédules et à faire rougir les plus endurcis *. » ^1 nomme Boéce et saint Anselme au nombre de ceux dont il expose ou combat les opinions. Il ne se montre, en un mot, jamais l'homme d'un seul livre, pas même du livre qu'il élève justement au-dessus de tous les livres, de l'Evangile, au prix duquel la sagesse des autres lui paraît « une pure enfance*. »
Jusqu'à quel point Bossuet unissait-il la connaissance des systèmes contemporains à cette solide érudition que Ton avait commencé de son temps à beaucoup dédaigner ?
S'il faut en croire l'abbé Ledieu, son secrétaire durant les vingt dernières années de sa vie, il por«tait sur les travaux de Descartes un jugement qui ne pouvait provenir que d'une étude sérieuse. Il mettait le
•I. Éloge de Cornet dans le recueil des Oraisons funèbres,
2. C'est :iinsi que Bo<iSuet les nomme cà et là dans ses scrmons.
3 De la Connaissance de Dieu et de soi-même. V. p. 55.