‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 52 sur 93 · UNION £>E L'AHE ET SU CORPS · texte numérisé non relu

UNION £>E L'AHE ET SU CORPS

XVI. L'empire que la ïo:outé exerc menis extérieurs la rL'nd indiiecleir pnwions. .

Cet empire de la volontë sur les membres d'où dépeDdent les mouvements extérieui's , est d'une extrême conséquence : car c'est }n\r là que l'homme ^e reud maître de beaucoup de choses, qui piu* clles-mèines semblaient u'être point soumises à ses volontés.

Il n'y a rien qui paraisse moins soumis à la volonté, que la nutrition ; et cependant elle se réduit à l'empire de ta volonté, en tant que l'âme, multressc des membres extérieurs, donne à l'estomac ce qu'elle veut, et dans lu mesure que la raison prescrit, en sorte que la nuti'ition est rangée sous cette règle.

Et l'estomac même en reçoit la loi , la nature l'ayant fait propre à se laisser plier par l' accoutumance.

Par ces mêmes moyens, l'Sme règle aussi le soni~ meil et le C^it servir à la raison.

En commandant aux membres des exercices pénibles, elle les fortilie, elle les durcit aux travaux, et se fait un plaisir de les assujettir à ses lois.

Ainsi elle se Fait un corps souple, et plus propre aux opérations intellectuelles. La vie des aain^ religieux en est une preuve.

Elle étend aussi son empire sur l'imagination et les passions, c'est-à-dire sur ce qu'elle a de plus in-

L'imagination et les passions naissent des objets ; et par le pouvoir que nous avons sur les mouvements extérieurF, nous pouvons nous approcher ou nous éloigner des objets.

Les passions, dans l'exécution, dépendent des mouvements extérieurs : il faut fi'appev \iQttt adwa^tt ce qu'a commencé la colère ; il tant tun" V"^^ a!5(\fe-

4 58 CHAPITAE III.

ver ce qu'a commencé la crainte; mais la volonté peut empêcher la main de frapper^ et les pieds de fuir.

Nous avons vu, dans la colère, tout le corps tendu à ârapper, comme un arc à tirer son coup* L'objet a fiait son impression; les esprits coulent, le cœur bat plus violemnient qu à l'ordinaire, le sang coule comme un torrent et envoie des esprits et plus abondants et plus vifs; les nerfs et les muscles en sont remplis, ils sont tendus, les poings sont fermés, et le bras affermi est prêt à frapper : mais il faut encore lâcher la corde, il faut que la volonté laisse aller le corps ; autrement le mouvement ne s'achève pas.

Ce qui se dit de la colère, se dit de la crainte, et des autres passions, qui disposent tellement le corps aux mouvements qui leur conviennent, que nous ne les retenons que i)ar vive force de raison et de volonté.

On peut dire que ces derniers mouvements, auxquels le corps est si disposé, par exemple, celui de frapper s'achèveraient tout à fait par la force de cette disposition, s'il n'était réservé à l'âme de lâcher le dernier coup.

Et il en arriverait a peu près de même qile dans la respii'ation, que nous pouvons suspendre par la volonté quand nous veillons, mais qui s'achève^ poui* ainsi dire, toute seule par la simple disposition du corpsw quand l'âme le laisse agir naturdlemeat par exemple dans le sommeil.

En effet » il arrive quelque chose de semUâhle dans les premiers mouvements des jiassions ; et les esprits et Le sang s'émeuvent quelquefois si vite dans la colère que le bras se trouve lâché avant qu'on ait eu le loisir d'y faire réflexion. Aloi*s la disposition , du corps a prévalu, et il ne reste plus à la volonté, trop promptemcnt prévenue, qu'à regretter le mal qui s'est fait sans elle.

raiOH DE L'IIO: ET DU CORPS.

Mais ces n

maîtriser eux-mêmes.

Xrn. L« nature île ratlention, et ses rfïels immédiats sur le cerveau, par on parait Traipire de la Tolaat^.

Outre la force donnée à la valraté pour enipêcher le dernier effet des passions, elle peut encore, en prenant la chose de ])!os haut, les arrêter et (es modérer dans l(MC principe ; et ceia par le moyen de l'attention qu'elle fera volontairement à certains objets ou dans le tcin|)3 des passions poiH- les calmer, na devant les passions pour les prévenir.

Cette force de l'attention, et l'effet qu'elle a sur le cerveau, et par le cerveau sur tout le corps, et même sur la ]}artie iœaginative de l'âme, et par lii sur les passions et sur les appétits, «st digne d'une grande crnisidcration.

Noos avons dejÀ observé que la contention de k tête se ressent fort gi'anJe dans l'attention ; et par là il est sensible -qu'Ole a un grand efiét dans le cer- TCan.

On 'éprouve d'a{!iei3rs que cette action dépead de la volonté, en sorte (|ue le cerveau doit être sous son empile, en tant qu'il sert à l'attention.

Pour entendre tout ceci, il faut remarquer qne les pensées naissent dans notre flme quelquefois à l'agitation naturelle du cerveau, et quelquefois par une attention volontnire.

Pour ce qui est de l'agïration du cerveau, nous avons observé qu'elle erre quelquefois d'une partie â une autre; alors nos jieusées sont vagues comme le cxiurs des esprits' ;.mais quelquefois aussi elle se

iGO

CHAinriiE m.

fait en seul endroit ; et alors nos pensées sont fixes, et l'âme est plus attachée, comme le cerveau est aussi plus fortement et plus uniformément tendu.

Par là nous observons en nous mêmes une attention forcée : ce n'est pas là toutefois ce que nous appelons" attention ; nous donnons ce nom seulement à l'attention où nous choisissons notre objet, pour y penser volontairement.

Que si nous n'étions capables d'une telle attention, nous ne serions jamais maîtres de nos considérations et de nos pensées, qui ne seraient qu'une suite de l'agitation nécessaire du cerveau : nous serions sans liberté, et l'esprit serait en tout asservi au corps, toutes choses contraires à la raison et même à l'expérience.

Par ces choses on peut comprendre la nature de l'attention, et que c'est une application de notre esprit sur un objet.

Mais il faut encore ajouter, que nous voulions considérer cet objet par l'entendement; c'est -à dire raisonner dessus, ou enfin y contempler la vérité. Car s'abandonner volontairement à quelqu' imagination qui nous plaise, sans vouloir nous en détourner, ce n'est pas attention; il faut vouloir entendre et raisonner.

C'est donc proprement par l'attention que commencent le raisonnement et les réflexions ; et Tatten tion commence elle-même par la volonté de considérer et d'entendre.

Et il parait clairement que pour se rendre attentif,

djos râine^ de se rappeler ce qui a été dit plusieurs fois dans les notes contre iMi}|uitlièse des espiils :iui(ii:tux, d'autant plus que rexercice de l'atteation élaut eifei'tixemcut lié, comme /e Jiù Bussuctf à certaines disjiositioBs du cerveau, la réalilé

du fait pourrait incliner Pétrit à adopter l'explication qu'il en doune* — Pour ce qui regaixie l'attention elle-même, on iKHit se rcjuiiier au rliap, i**", art, 16, pa^e 19, <iù Dosstiet en montre bien le caructère. Vuii aussi le»

\ deux. cW^vvUfi^ c\.-%^^rètf.

Page 1