DE L'UKION DE VAME. ET DU CORPS. M
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2" Il n'est pas. moins oloir, et nons Juvobs déjà dit, qite )w* le pouvoir que noua avoiiG sur les membres exA-cieui%„ noos en avons aussi ita trùs-grnnd sur te» pas»(ona ; mais indii'ecteineiit, (juiaque noua pouvon» par là, et nous éloigner des oljjets (|ui les (ont nuître, et en empéclier l'eifet, iinsl, je puis mélitigner d'uni objet odieus qui m'iri'itc; et lorsque ma. enjère est es^tse, je puis lui refuser mon bras dont elle u besoin pour se sutisfuirc.
Hais, pour cela, il le faut vouloir, et le vouloip fortement. Et la grande dîtilculto est de vouloir autre' cbose que ce que la pamtoa nous inspûre ; parce quev dws les passions, l'âme se trouve tolleaiient pei'teb à s'unir aux dispositions du corps, qu'elle ne peut presque se résoudoe à s'y ojiposer.
Ui Taut doBc chercher bu raoyen dm catuicr, ou de modérer, ou ntême de pr^eiiir les poseiMis dans leur prkictpei et ce' mo^n est l'utteation bien gouvernée.
Car le principe do la passion, c'est l'impression puissante d'un objet diins le cerveau; et l'ell'el de cette impression ne peut être mieni empÈché, qa'ea se iieodiiBt attentif k d'aalres> objel».
Eu effet, nous avons vu que l'ùme attentive- fixe le eerveau en un certain endroit vers lequel elle détermine le cows des esprits ; ot psr là elle rompt le coup de la |iiissinji, qui, les portant à un autre endnât, ^auaaîD de miiuvais ejlets duns toiK le coips.
C'est pouP(|»i>ion dit, et il est vrai, que le remède Je pias nutorel dus passions, c'est de détourner t'es- |«it autant qu'on, peut des objets qu'elles lui présentée*; eb il n'y a rien pour cela de plus efficace que de s'altuclier à d'autres objets.
El il fiiut ici 3bserver, qu'il' en est des es|)pils l'-Uius, et iwtuasés d'im cert^iin côlé, ii jicu \« ei cwKime d'une riviÈj'e, e/ii\iii jicul iiltis iiiaôment. àiv.MU"*'^*'
que l'arrêter de droit fil : ce qui fait qu'on réussit mieux dans la passion en pensant à d'autres choses, qu'en s' opposant directement à son cours.
Et de là vient qu'une passion violente a souvent servi de frein ou de remède aux autres ; par exemple, l'ambition ou la passion de la guerre, a Tamour.
Et il est quelquefois utile de s'abandonner à des passions innocentes, pour détourner ou pour empêcher des passions criminelles.
Il sert aussi beaucoup de faire un bon choix des personnes avec qui on converse. Ce qui est en mouvement répand aisément son agitation autour de soi ; et rien n'émeut plus les passions que l^s discours et les actions des hommes passionnés.
Au contraire , une âme tranquille nous tire en quelque façon hors de l'agitation, et semble nous communiquer son repos, pourvu toutefois que cette tranquillité ne soit pas insensible et fade. Il faut quelque chose de vif, qui s'accorde un peu avec notre mouvement, mais où, dans le fond, il se trouve de la consistance.
Enfin, dans les passions , il faut calmer les esprits par une espèce de diversion, et se jeter, pour ainsi dire, à côté, plutôt que de combattre de front : «'est-à-dire qu'il n'est plus temps d'opposer des raisons à une passion déjà émue; car en raisonnant sur sa passion, même pour l'attaquer, on en rappelle l'objet, on en renforce les traces, et on irrite plutôt les esprits qu'on ne les calme. Où les sages raisonnements sont de grand effet, c'est à prévenir les passions. Il faut donc nourrir son esprit de considérations sensées, et lui donner de bonne heure des attachements honnêtes*, afin que les objets des passions trouvent la place déjà prise, les esprits déterminés à un certain cours, et le cerveau affermi.
/' f^oy, h note précédente, I comme le cardinal de Baosset '■ 106, — Peu de moralisteSa V \e ia\l Temttctvvicx dvcA Panalyae
DE LTÎNION DE L'AME ET DD CORPS, <8t
Car U nuture ayaul formé cette partie capable d'être occupée par les objets et aussi d'obéir à la volonté, il est clair que qui prévient doit l'emijorter.
Si donc l'âme s'accoutume de bonne heure à être maîtresse de son attention, et qu'elle l'atlacbe à de bons objets, elle sera par ce moyeu mattresse, premièrement du cerveau, par là du cours des esprits, et par làenQades émotions que les passions excitent.
Mais il faut se souvenir que l'attention véritable est celle qui considère l'objet tout entier. Ce n'est ûtre qu'à demi attentif à un objet, comme serait une femme tendrement aimée, que de n'y considérer que le plaisir dont on est flaité en l'aimant, sans songer aux suites honteuses d'un semblable engagetnent.
11 est donc nécessaire d'y bien penser , et d'y penser de bonne heure; parce que si on laisse le temps à la passion de faire toute son impjession dans le cerveau, l'attention viendra trop lard.
Car, en considérant le pouvoir de l'iime sur le corps, il faut observer soigneusement que ses forçassent bornées et restreintes; de sorte qu'elle ne peut pas faire tout ce qu'elle veut des bras ou des
C'est pourquoi nous venons de voir quelle le perdrait en le poussant trop, et qu'elle est obligée de le ménager.
Par la même raison, il s'y fait souvent des agitations si violentes, que l'àme n'en est plus maîtresse, non plus qu'un cocher de chevaux fougueux qui ont pris le frein aux dents'.
Quand celte disjiosition est fixe et perpétuelle, c'est ce qui s'appelle folie ; et quand elle a une cause
(ju-il a àoBnte de tct ouvrage i nuw quï l';iuleur a Mutinn.l-
i'" CHAPITRE III.
qui unit avec le temps, comme un mouvement de fièvre, cela s'appelle défire et rêverie.
Dans la folie et dans le délire, it arrire de deux choses l*mie : oa le cerveau est agite tant entier a^ec on égal dérèglement, alors il s'est fait une parfaite extravagance, et il ne paraît aucune suite dans les pensées ni dans les paroles : ou le cerrean n'est ïAessé que dans un certain endroit, alors la ibfie ne s'attache aussi qu'à un objet déterminé;, teb sont ceux qui s'imaginent être toujours à la comédie et à la chasse : et tant d'autres, frappés d'ua certain objet, parlent raisonnablement de tous les autres, et assez conséquemment de celui-là même qui fait lemrerremr.
La raison est que n'y ayant qu'un seul endroit du cerveau marqué d'une impression invincible à l'âme, elle demeure maîtresse de tout le reste, et peut exercer ses fonctions sur tout autre objet.
Et l'agitation du cerveau, dans la folie ^ est si violente, qu'elle paraît même au dehors par le trocd>le qui paraît dans tout le visage, et principalement par 1 égarement des yeux.
De là s'ensuit que toutes les passions violentes sont une espèce de folie, parce qu'elles caXisent des agitations dans le cerveau, dont Tâme n'est pas mattresse. Aussi n'y a-t-il point de cause plus ordinaire de la folie, que les passions portées à certains excès.
Par là aussi s'expliquent les songes, qui sont une espèce d' extravagance- Dans le sommeil, le cerveau est abandonné à luimême, et il n'y a point d'attention; car la veille consiste précisément dans l'attention de l'esprit, qui se rend maître de ses pensées.
Nous avons vu que 1 attention cause le plus grand ti'avail du cerveau, et que c'est principalement ce travail que le sommeil vient relâcher '.
/. Des travaux très-intéres- 1 quaranfc ans siirTétat àe rime sauta ont été pabliés depuis I p*!''^^*^^ ^'^ ^ouvtoftU. On petit