‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 57 sur 93 · DE L'QMIOK DE L'AME ET DU CORPS · texte numérisé non relu

DE L'QMIOK DE L'AME ET DU CORPS

Platon définissait l'homme en cette sorte : L'homme, dit-il, est une âme se servant du eorp;

C'est de là qu'il concluait l'estrème différence di corps el de l'îme; parce qu'il n'y a nen de plus dilîcrent de celui qui se sert de quelque chose, que 1,1 chose même dont il se sert'.

L'âme donc, qui se sert du bras et de la moi» comme il lut pluit, qui se sert de tout le corps qu'elle transpoi'te où elle tt-oiive bon, qui l'expose à tels périls qu'il iui plaît et à sd ruine cerlaine, est sans doute d'une nature de beaucoup supérieure à ce corps, qu'elle fait servir en tant de manières et si impéiieusemeut à ses desseins.

Ainsi, on ne se trompe pas, quand od dit que le corps est comme l'instrument de l'âme; et il ne se Taut pas étonner si, le corps e'tanl mal disposé, l'âme en fait moins bien ses fonctions. La meilleure main du monde, avec une mauvaise plume, écrira mal. Si vous(*itez à un ouvrier ses instruments, son adresse naturclla ou acquise ne lui servira de rien.

Il ; a pourtant une extrême différence entre les instruments ordinaires et l-e corps humain. Qu'on brise le pinceau d'im peintre, ou le ciseau d'un scui|>tour, il ne sent point les coups dont ils ont été frappés : mais l'àme sent tous ceux qui blessent le^orps ; et au contraire, elle a du plaisir quand on lui donne ce qu'il lui faut pour s'entretenir.

Le corps n'est donc pas ua simple instrument appliqué par le dehors, ni un vaisseau que l'âme gouverne à la manière d'un pilote, U en serait ainsi si elle n'était simplement qu'intellectuelle ; mais pai-ce qu'elle est sensitive, elle est forcée de s'intéresser d'une façon plus particulière à ce qui le touche, et

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