‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 59 sur 93 · HR · texte numérisé non relu

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de ses parties; par cïËimjile, du bi';is ou «le 11' main. Ce ffa'i y IL du cûté de l'Ame, c'est la volnnlé de M mouvoir, «t le dessein d'aller d'im câté pUltl^t i^e

Dans la pai-oIe, xx qa'U y a du cùlé du corps, outre l'action du cerveau qni cworoieiice tout, c'wl le monvcmenl du pcininon et de la trachée-ailère fKHir pousser l'air, et ie baCte»ciit àa œEine aâ* par la langue et par les lèvres. Et -ce qu'il 7 a dn câté de rame, c'est l'intention <le parler et d'exprimer sa pensée.

Tous ces mouvements, si l'on y prend garde, qnoiqu'ils se fassent au coramandesient de la volonté humaine, pourraient absolument se faire sans elle; de même que lu respiratioD , qni d^peod d'elle en quelque sorte, se failtoiA à fait snos elle quand nous doroKins. Et il nous arrive souvent de jiroferer en dormant certaines paroles, on de faire d'autres mouvements qu'on peut regarder cfflnnie un ]»ui' effet de l'agitation du cervean. sans que la voinnté y ait part. On pent aussi concevoir qu'il se forme certaines paroles par le battement seui de l'air, comme on voit daBs les échos; et c'est ainsi que le poète faisait parler ce fantôme : Dai inania ttrba, âat sine memt

Cette considération nous peut servir à observer dans les mouvements, et surtout dans la parole, ce q«i appartient à l'àmc et ce qni appartient au cor|H. Mais GoadHuonrs à marquer cette différeuce daas les autres opérations.

ItaBS la vue, ce qu'il j a du ciité du cor|T», c'est qne les yeui soient ouverts, que les rayons du soleil soi«it péBécliis de dessus la sut^rficie de l'objet à notre œil en droite ligne, qu'ils y souflreut ceitaines

I. TiigilB, ^^/.Hii., X, «89- I ïjntTuralu pt.^tccl«\««\à^f fl^O. — Il »Vi du r.iu(ùuie I ti du com\iaV', U naie ajiâ \e à-tace que Jaaua (Al laiv àe- I Egiipe n savo'ix et.»» i^M**

I7< CHAPITEE m.

réfractions dans les humeurs, qu*ils peignent et qu'ils impriment l'objet en petit dans le fond de Tœil, que les nerfs optiques soient ébranles, enfin que le mouvement se communique jusqu'au dedans du cerveau. Ce qu'il y a du côté de Tâme, c'est la sensation, c'est à-dire la perception de la lumière et des couleurs, et le plaisir que nous ressentons dans les unes plutôt que dans les autres, ou dans certaines vues agréables plutôt qu'en d'autres.

Dans Touïe, ce qu'il y a du côté du corps, c'est que Pair, agité d'une certaine façon, frappe le tympan et ébranle les nerfs jusqu'au cerveau. Du côté de l'âme, c'est la perception du son, le plaisir de l'harmonie, la peine que nous donnent de méchantes voix et des tons discordants, et les diverses pensées qui naissent en nous par la parole.

Dans le goût et dans l'odorat, un certain suc tiré des viandes et mêlé avec la salive ébranle les nerfs de la langue ; une vapeur qui sort des fleurs ou des autres corps frappe les nerfs des narines : tout ce mouvement se communique à la racine des nerfs, et voilà ce qu il y a du côté du corps. Il y a, du côté de l'âme, la perception du bon et du mauvais goût, des bonnes et des mauvaises odeurs.

Dans le toucher, les parties du corps sont ou agitées par le chaud, ou resserrées par le froid ; les corps que nous touchons ou s^attachent à nous par leur humidité, ou s'en séparent aisément par leur sécheresse ; notre chair est ou écorchée par quelque chose de rude, ou percée de quelque chose d'aigu; upe humeur acre et maligne se jette sur quelque partie nerveuse, la picote, la presse, la déchire ; par ces divers mouvements, les nerfs sont ébranlés dans toute leur longueur, et jusqu'au cerveau; voilà ce qu'il y a du côté du corps. Et il y a, du côté de rame, le sentiment du chaud et du froid, et celui de la douleur ou du plaisir.

■ notre visage yeux. Ni cei

qui parait sur notre visage, .

est dans l'Ame, à qui elle apjmrte i cheiiz et contraire.

Dans la faim et dans la soif, nous remarquons, du côt^ du uorps, ces eaux fortes qui picotent l'estomac, et les vapeui's qui dessèchent le- gosier : et du ci'ité de l'âme, la douleur que nous ciuse cette mauvaise disposition des parties, et le dcsir de la reparer par le manger et le boire.

Dans l'imaginaiion et dans la mémoire, nous iivons, du cûlé du corps, les impressions du cerveau, les marques qu'il en conserve, l'agitation des esprits qui l'ébranlent en divers endroits ; et nous avons, du côté de l'âme, ces pensées vagues et confuses qui s'elTacent les unes les autres, et les actes dû la Volonté qui recommande certaines choses à la memoire, et puis les lui redemande et les lui fait rendre à |>ropos.

Pour ce qui est des passions, quand vous concevez les esprits émus, le cceur agite par un battement redouble, le sang échauffé, les muscles tendus, le bras et tout le corps tournés à l'attaque, vous n'avex pas encore compris la colère, parce qne vous n'avez dit que ce qui se trouve dans le corps ; et il faut encore y considi'rer, du côté de l'âme, le désii- de la vengeance. De mÈme, ni le snng retli-é, ni les extrémités froides, ni la p;11eur sur le visage, ni les jambes et les pieds disposés à une fuite précipitée, ne sont pas ce qu'on appelle proprement la crainte ; c'est ce qu'elle fait dans le corps : dans l'âme, c'est un sentiment par lequel elle a'elTorce d'éviter le péril connu, et il en est de môme Je toutes les autres

, et se les vcnàafiV ^msÎ'l-

lièrea, orv s# (acoxe une habitude de di&tinguftr las sensations, les imaginations, et les passirais ou appé^ tits naturels, d'avec les dispositions et lea mouvemenls corporels. lit cela fait, on n a plus de peime^ à en démêler les opérations intellectuelles, qui, lk>ia d'être assujetties au c rps, président à ses mouvements, et ne communiquent avec lui que par la liai^ son qu'elles ont avec^ z eus, auquel néanmoins nous les avons vues si supérieures^.

XSII. Comment on- peut distiogner les opérations sensitives d'avec les monvements corporels qui en sont inséparables.

Sur ce qui a été dit de la distinction qu'il faut faire des mouvements corporels d'avec les sensations et les passions» on demandera peut-être comment on peut distinguer des choses qui se suivent de si près, et qui semblent inséparables : par exemple, comment distinguer la colère d'avec l'agitation des esprits et du sang; comment distinguer le sentiment d'avec le mouvement des nei'fs, ou si on veut des esprits, puisque, ce mouvement étant posé, la sentiment suit aussitôt, et que jamais on n'a le sentiment que ce mouvement ne précède.

On demandera encore comment le plaisir et la douleur peuvent appartenir à l'âme, puisqu'on les sent dans le corps. N'est-ce pas dans mon doigt, coupé que je sens la douleur de la blessure ? et n'est-ce pas dans le palais que je sens le plaisir du goût ? On en dh*a autant de toutes les autres saisa-^ tions.

A cela, il est aisé de répondre que le mouvement dant il s'agit, qui n'est qu'un changement de place.

A . Ce chapitre et le suivant, i des humeurs, abondent en dûw> afce qui s'y rencontre çà " "

à sur le oonn des tsprits

^. avant, i des numeurs, auond

aaafce qui s'y rencontre çà et I tinctions exactes et en raison-

rits el \ iismea\&\uà\£\e\»..

DR LTlnlON DE fAJBE ET DU CORl'S.

et le sentiment, qui est la percepliiiR de quelquechose, sont flirt diirerents l'un de l'autre.

Oq distingue donc ces choses par leurs idées naturelles, qiù n'ont rien de commun ensemble, et ne peuvent être confondues cfue par erreui'.

La séparation des parties du bras ou de la main,. ' dans une blessure, n'est pfis d'une autre nature que celle qui se ferait dans un coips inanimé ; cette séparation ne peut diioc pas être la douleur.

Il faut ruisnoner de m^me de tous les autres mouvemenlB du corps. L'agitation du sang n'est pas d'une autre n:iture que celle d'une autre liqueur. L'ebcaniemcnt du necf n'est pas d'une autre nature que celui d'une cciFde; ni [e amurvement du cerveau, que celui d'un autre conpf : et pour venir aux espr'Ua, leur cours n'est pas aoEsi d'une nature diflël'ente de celui d'une autre Tapeur; puisque les esprits et les nerfs, et les lilets dnàt on dit que le cerveiiu est composi' , pour être plus déliés n'en sont pas ntoias corps, et que leur nutuivement, sî vite, si délicat et si subtil qu'on se l'ioiagioei n'est après tout qti'uB simple changement de place; ce qui est trèseloigné de sentir et de désirer.

Et cela se reconnattrit diins les sensations, en reprenant la chose jusqu'au principe.

Rous jr avons remarqué un nKiuvcment encliatné, quise commence à l'objet, se continue dans le milieu, se commuuique à l'organe, aboutit enfin au cerveau et ; fuit son impression.

U est uisi! de comprendre que, tel que le mouvement se commence auprès de l'objet, tel il dure d.ms lu milieu et tel il se continue dans les organes du corps e«têrieurs et intérieurs, la proportion toujours gardée.

J<j veux dii'e que, selon les diverses disposition* du milieu et de l'orgaw, i'.>! mouvomont pnuriM quel que peu changer; comme il uiiive dans les ri.'fnic-

'fTî'arrjr:

ih'j CHvPiTRE Iir.

tions, c<^»mme il arrive lorsque lair par où doit se commuDiquer le mouvement du corps résomiant, est agite par le vent : mais cette diversité se fait toujours à proiK)rtion du coup qui vient de l'objet; et c'est selon cette proportion que les organes, tant extérieurs qu'intérieurs, sont frappés.

Ainsi, la disposition des organes corporels est au (bnd de mcipe nature que celle qui se trouve dans les objets mêmes, au moment que nous en sommes touchés; comme Tiropression se fait dans la cire, telle et de même nature qu'elle a été faite dans le cachet.

En effet, cette impression, qu'est-ce autre chose qu'un mouvement dans la cire, par lequel elle est forcée de s'accommoder au cachet qui se meut sur elle? Et de même, l'impression dans nos organes, qu'est-ce autre chose qu'un mouvement qui se fait en eux, en suite du mouvement qui se commence à l'objet ?

Je vois que ma main, pressée par un corps pesant «t rude, cède et baisse en conformité du mouvement de ce corps qui pèse sur elle; et le même mouvement se continue sur toutes les parties qui sont disposées à le recevoir. Il n'y a personne qui n'entende que si l'agitation, qui cause le bruit, est un- certain trémoussement du corps résonnant, par exemple, d'une corde de luth, une pareille trépidation se doit continuer dans l'air : et quand ensuite le tympan viendra à être ébranlé , et le nerf auditif avec lui, et le cerveau même ensuite, cet ébranlement, après tout, ne sera pas d'une autre nature qu'a été celui de la corde, et au contraire n'en sera que la continuation.

Toutes ces impressions étant de même nature, ou plutôt tout cela n'étant qu'une suite du même ébranlement qui a commencé à l'objet, il n'est pas moins ridicule de dire que l'agitation du tympan, et l'ébranlement du nerf ou de quelque autre partie, puisse

DE L'UNION DE L'AME ET DC tORPS. <SI

être [a seusatiou, que de dire que l'ébranlemenl de l'air ou celui du curps résoonaut la soiE.

Il faut donc, pour bica riûsonuer, regarder toute cette suite d'impression corporelle , depuis l'objet jusqu'au cerveau, comme chose qui tient à l'objet; et par la même raison qu'on distingue les sensations d'avec l'objet, il faut les distinguer d'avec les impressions et les mouvements qui le suivent.

Ainsi la sensation est une chost qui s'élève après tout cela, et dans un autre sujet, c'est-à-dii-e, noa plus dans le corps, mais dans Y&me seule*.

Il en faut dire autant, et de l'imagination, et des désirs qui en naissent. En un mot, tant qu'on ne fera

3ue remuer des corps, c'est-à-dire des choses ^tenues en longueur, largeur et profondeur, quelque viles et quelque subtils qu'on fasse ces corps , et dût-on les réduire à l'indivisible , si leur nature le pouvait permettre, jamais on ne fera une sensatioa ni un désir.

Car enGn, qu'un corps soit plus vite, il arrivera plus tôt; qu'il soit plus mince, il pourra passer par une plus petite ouverture : mais que cela fasse sentir ou désirer, c'est ce qui n'a aucune suite, et ne s'entend pas.

De là vient que l'âme, qui connaît si bien et sî distinctement ses sensations, ses imaginations et ses désirs, ne connaît la délicatesse et les mouvements ni du cerveau, ni des nerfs, ni des esprits, ni même si ces dioses sont dans la nature. Je sais bien que je sens la douleur de la migraine ou de la colique, et que je sens du plaisir en buvant et en mangeant; et je connais très-distinctement ce plaisir et cette douleur : mais si j'ai une membrane autour du cerveau, dont les nerfs soient picotés par une hu-

meur acre ; si j'ai des nerfs à la langue que le suc des viandes remue, c'est ce que je ne sa» |ia&. Je ne sais non plus* si j'ai des esprits qui errent dans le cerveau, et se jettent dans les nei*fs , tant peur les •tenir tendus^ que pour se répandre de là ^ans les jmuscles. Ce qui montre qu'il n'y a rien de plus tiistinguë que le sentiment ; et toutes ces dispositions des •organes corporek; puisque l'un est si clairement vaperçu, et que l'autre ne l'est point du tout.

Ainsi, il se trouvera que nous connaissons beau- "coup plus de choses de notre âme que de Botre •corps'; puisqu'il se fait dans notre corps tant de mouvements que nous ignorons, et que nous n* avons aucun sentiment que notre esprit n'aperçoive.

Concluons donc que le mouvement des nerfs ne peut pas être un sentiment, que l'agitation du sang ne peut pas être un désir, que le froid qui est dans le sang, quand les esprits dont il est plein se redrent vers le cœur, ne peut pas être la haine; et en un mot, qu'on se ti*ompe en confondant les dispositions et altérations corporelles, avec les sensations, les imaginations et les passions.

Ces choses sont unies ; mais elles ne sont point les mêmes, puisque leurs natures sont si différentes; et comme se mouvoir n'est pas sentir, sentir n'est pas se mouvoir.

Ainsi, quand on dit qu'une partie du corps est ! sensible, ce n'est pas que le sentiment puisse être •dans le corps ; mais c'est que «cette partie étant toute ûerveuse, elle ne peut être blessée sans un grand

K Bossaet veut dire que ce o^est pas là pour rârue uue connaissance directe. Il faat ajonter, comme uous 1* avons f.vil

sienne. On la retroone dus a "Logique de autre auteur :

B Cfjmrae je ne me omnais mcdmême et, à plus forte raison, 1

plusieurs /ois, que c'est une tliéo- \ \cs -OlU\.ic& <^\o-a& q^^ Curt ioi' MJc tout à /;iit livpothétique. \ p-\tÎJrtX»mftiiX..., >%\I\n,\ ^ 'à^*!' '^. C'c&t Jà ime idée carlè- \ v^^^^ '*^''^^*

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