DE DIEU CRÉATEUR DE L'AME ET DU CORPS, ET AUTEUR DE LEUR UNION
I. L*homme est un ouvrage d*un grand dessein et d'une sagesse profonde.
Dieu, qui a créé l'âme et le corps, et qui les a unis l'un à l'autre d'une façon si intime, se fait connaître lui-même dans ce bel ouvrage.
Quiconque connaîtra l'homme verra que c'est un ouvrage de grand dessein, qui ne pouvait être ni conçu ni exécute que par une sagesse profonde.
Tout Ge qui montre de l'ordre, des proportions bien prises, et des moyens propres à faire de certains effets, montre aussi une fin expresse ; par conséquent, un dessein formé, une intelligence réglée, et un art parfait.
C'est ce qui se remarque dans toute la nature. Nous voyons tant de justesse dans ses mouvements, et tant de convenance entre ses parties , que nous ne pouvons nier qu'il n'y ait de l'art.* Car s'il en faut pour remarquer ce concert et cette justesse, à plus forte raison pour l'établir. C'est pourquoi nous ne voyons rien, dans l'univers, que nous ne soyons portés à demander pourquoi il se fait : tant nous . sentons naturellement que tout a sa convenance et sa fin.
Aussi voyons-nous que les pliilosophes qui ont le mieux observé là nature nous ont, donné pour
DE DIEU CRÉATEUR DE t'AME ET DU C0BP3, I8B
u'elle ne fait rien en vain, et qu'elle va toujours à SCS fins par les moyens les plus courts et les plus faciles : et il y a tant d'art dans la nalurc, que l'art même ne consiste qu'à la bien entendre et à l'imiter. Et plus on entre dans ses secrels, plus on la trouve pleine de proportions cachées qui font tout aller par ordre, et sont la marque certaine d'un ouvrage bien entendu, et d'un artiGce profond.
Ainsi, sous le nom de nature, noua entendons une sagesse profonde, qui développe avec ordre, et selon de justes règles , tous les mouvements que nous voyons'.
Mais de tous les ouvragés de la nature , celui où le dessein est le plus suivi, c'est sans doute l'homme.
Et déjà il est d'un beau dessein d'avoir voulu faire de toutes sortes d'êtres r des êtres qui n'eussent que l'étendue avec tout ce qui lui appartient , figure, mouvement, repos, tout ce qui dépend de la
rroportion ou dispro|iortion de ces choses : des très qui n'eussent que l'intelligence et tout ce qui convient à une si noble opc'ration , sagesse , raison , prévoyance, volonté, liberté, vertu : enfin des êtres
depuri Ifl pimïdi le puè)> Lucrèce j
Diéxe nne [«is ainsi : 'Q ià ttbi xd ■ft «ùm( oiiJlv [ii-nii 'KSioQmv. Bu Ciel, I, *.'-;- Buuiwt k npiiplEe dan* si L ■ gipis , lu (Jln[>ilro des Prajii lion, amnaa par tllti-ml-«:
U,ii..iainlaph3%iciea,uc i»il-i1>doaDi puur cuasmai i] la ■urnre n> fait rien en vnii IValuta nihil fBcU /raiira. > 1. LemcInaOirspopos^ camaïc CqDiTulent de l'ciprt
' lui-mén»:. On d
OU tout fût upî, et OÙ une âme intelligeixte se trouvât jointe à un corps.
L'homme étant formé par un tel dessein, nom pouvons définir l'âme raisonnable : substance intelligente née pour vivre dans un corps, et lui être mtûnent unie.
Llionmie tout entier .est compris dans cette définition, qui commence par ce jqu'il a de meilleor, Sdns oublier ce qu'il a de moindre, et fait voir l'oonon de Tun et de l'autre*.
A ce premier trait qui figure Iliorame, tout le reste est accommodé avec un oi'dre admirable.
Nous avons vu que, pour Tunion, Û fallait qp'il se trouvât dans l'âme, outre ïes opérations intellectwelles supérieures au corps, des opérations senaitfves naturellement engagées dans le corps , et assujetties à ses organes : aussi voyons-nous (fens l'âme ces -opérations sensitives.
Mais les opérations intellectuelles n'étaieilt.pafS moins nécessaires à l'âme, puisqu'elle devart, comme la ^s noble partie du composé, gouverner le corps et y 1 présider. En effet, Dieu lui a donné ces bperatkms intellectuelles, et leur a attribué le commaodemettt.
il £alhût qu'il y eût un certaia concours entre tontes les opérations de l'âiire , et que la partie nisonnable pût tirer quelque utilité de la partie sensitiv-e. Lai^liose a été ainsi réglée* Nous avons vu cpie Fâme, avertie et excitée par les seftsafeioas, appiend et remarque ce qui se passe* autour d'elle, ponv ensuite pourvoir aux besoins du corps, et faire ses reflétons sur les merveilles de la làatore*