‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 70 sur 93 · I . II s'agit de l*eiitendement oa de la raison · texte numérisé non relu

I . II s'agit de l*eiitendement oa de la raison

DE DIEU CRi^ATEUa D^ L'AUE ET DU CORPS.

pi'iiicipale eût l'empire qut lui convenuit sur nioindre.

Aussi Tftjons-nnus qu'il est ainsi. Tfos muscles agissent, nos membres rerawcnt, et notj'e corps est transporta a l'instant que nous le voulons. Cet empire est une image du pouvoir absolu de Dieu, qui remue tout l'univers par sa volonté, et y fait tout ce qu'il lui plaît'.

Et il a tellement voulu que tous ces mouvements 'ideOoti'eooi'p&serviBseDt à la'VotoBtévtfKe mSmelcs "ÎDTolontiires, par où se fnit ladistribution des es-

Erits et des aliments, tendent naturiellement h rendis : corps plus obéissant ; puisque j.imab il n' obéit m , que lorsqu'il est sain, c'est-à dire .quand ses o: veraents naiturels et intérieurs vont selon leur règle. Ainsi, les mouvements iatërieurs qiù sont naturels et nécessaires servent A faciliter les mouveaients e teneurs qui seul volontaires.

Mais en ni^me temps que Dieu a &ouims îL.la vo- ., toaté les mouvements extérieurs, il nous a laÀssé I deux marques 'Sensibles que cet empire dcpsodiiît I d'raie.autre puissance. La première est, que le pou- 1 voir Me la volonté a des boj'nes, et que l'elTet cn-icst lempêché par la mauvaise disposition des rocinhi'es, Iqui devraient être soumis. La seconde, que nous, rc- ^nuons noti-e corjts sans savoir comment, sans conluo des ressorts qui servent à le remuer, |t souvent même sans, discerner les mouveincnlsque s (iùsons, comme il se voit principalement dans t pmvie,

I plrlnn I ■ Dciim 'd'aiHnin'le rh^p. l'i du Ttaité \

Il paraît donc que ce corps est un instrument fabriqué, et soumis à notre volonté, par une puissance qui est hors de nou^; et toutes les fois que nous nous en servons, soit pour parler, ou pour respirer, ou pour nous mouvoir en quelque façon que ce soit, nous devrions toujours sentir Dieu présent.

V. L'intelligence a pour objet des vérités étemelles, qui ne sont autre chose que Dieu lui-même, où elles sont toujours subsistantes et toujours parfaitement entendues.

Mais rien ne sert tant à Tâme pour s'élever à son auteur que la connaissance qu'elle a d'elle-même et de ses sublimes opérations, que nous avons appelées intellectuelles.

Nous avons déjà remarqué que l'entendement a pour objet des vérités éternelles.

Les règles des proportions, par lesquelles nous mesurons toutes choses, sont éternelles et invariables.

Nous connaissons clairement que tout se fait dans l'univers par la proportion dn plus gr^^^i ^^ P^us petit, et du plus fort au plus faible; et nous en savons assez pour connaître que ces proportions se raj)portent à des principes d'éternelle vérité.

Tout ce qui se démontre en mathématique, et en quelque autre science que ce soit, est éternel et immuable; puisque l' effet de la démonstration est de faire voir que la chose ne peut pas être autrement qu'elle est démontrée * .

Aussi, pour entendre la nature et les propriétés

i, Foy, chap. I, art. 43 à {6, où l'auteur expose ses idées •ur.la démonstrdtion et sur la science. — On peut rappruelicr des belles pages que nous trou- ^ons ici sur l'intelligeuce ou la

raison, les pages non moins belles, mais inspirées en partie par celles de Bossuet, que Fénelou a consucices à ce sujet dans son Traité de ^existence de Dieu, partie I, cbap. u.

DE DIED OLtATEt'H DE L'AME ET DU CORPS,

(tes choses que Je cunnuis, par csem|tle ou d'un triangle, ou d'un carré, ou d un cercle, ou les proportions de ces figures, et de toutes autres figures entre elles, je n'ai pas besoin de savoir qu'il y en ait de telles dans la nature; et je puis m' assurer de n'en avoir jamais ni tracé ni vu de parfaites. Je n'ai pas besoin de songer qu'il y ait quelque mouvement dans le monde, pour entendre la natui'e du mouvement même, ou celle des lignes que chaque mouvement décrit, et les pi-oportious cachées avec lesquelles il se développe. Des que l'idée de ces choses s'est une fois reveillée dans mon esprit, je connais que, soit qu'elles soient ou qu'elles ne soient pas actuellement, c'est ainsi qu'elles doivent être, et qu'il est impossible qu'elles soient d'une autre nature, ou se fussent d'une autre façon.

Et pour venii' à quelque chose qtii nous touche de plus près, j'entends, p.ir ces principes de vérité étemelle, que quand aucun homme et moï-mÊme ne serions pas, le devoir essentiel de l'homme, dès là qu'il est capable de raisonner, est de vivre selon la raison, et de chercher son auteur, de peur de lin manquer de reconnaissance, si faute de le chercher il l'ignorait.

Toutes ces vérités, et tontes celles que j'en déduis par un raisonnement certain, subsistent indépendamment de tous les temps : en quelque temps que je mette un entendement humain, il les connaîtra; mais en [es connaissant, il les trouvera véi-îtés, il ne les fera pas telles; car ce ne sont pas nos connaissances qui font leurs oJijets, elles les supposent. Ainsi, ces vérités subsistent devant tous les siècles, et devatit qu'il y ait eu un entendement humain : et (luand tout ce qui se fait par les règles des proportions cest-à-dire tout ce que je vois dans la nature, serait détruit, excepté moi, ces règles se cotvseïNeïîÂB.vS. d.ins ma pensée; et je verrais claircmenX (\à t\\e% ^-

CHAPITBE IV.

raient toujours bonnes et toujours véritables, quand moi-mêrae je serais détruit avec le reste ^.

Si je cherche maintenant où et en quel sujet elles subsistent éternelles et immuables comme . elles sont, je suis obligé d'avouer un être où -la vérité est éternellement subsistante, et où elle est toujours entendue ; et cet être doit être la vérité même, et doit être toute vérité ; et c'est de lui que la vérité dérive dans tout ce qui est et ce qui entend hors de lui.

C'est donc en lui, d'une certaine manière qui m'est incompréhensible, c'est en lui, dis-je, que je vois ces vérités éternelles; et les voir, c'est me tourner a celui qui est immuablement toute vérité, et recevoir ses lumières.

Cet objet éternel, c'est. Dieu éternellement subsistant, éternellement véritable, éternellement la vérité même.

£t en effet, parmi ces vérités éternelles que je connais, une des phis certaines est celle-ci ; qu'il y a quelque chose au monde qui existe d'elle-même; par conséquent qui est éternelle et immuable.

Qu'il y ait un seul moment où rien ne soit, âernellement rien ne sera. Ainsi, le néant sera à janais toute vérité, et rien ne sera vrai que le laâanl : chose absurde et contradictoire.

Il y a donc nécessairement quelque, chose quic^t

4 . o Ce qiio nous voyons de U nature et des propriétés du triangle, indépendauiinent de tout triangle existant, est certain et ifidubitalile. En quelque temps donné ou en quelque point de l*éternilé, \Ktur ainsi parler, qu'on mette un entendement, il verra ces véiités tomme m.mi Testes : elles sont donc étejneJies. Bien p\us.

comme ce nVst pan l'i ment qui donne l'élre i U vérité, mais que la sapposut telle, il »e tourne scul ei B cat a elle pour l'apercO' oir, il s*e»suit .que, quand tout •ateBde* meut créé serait riétruit, ce»

v/ rites &ohsister.iirnt immnalile* ment. » lAi°ique de Bossuetylvr, l, ckip.xxHvi. — /^.«osai Féiic\ou, Existence de D\e«.^ \.^a»

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