‹ De la connaissance de Dieu et de soimêmeChapitre 76 sur 93 · La prcnrirrei éditiimi purlMt'ici ia IiiiliDilim».>UM · texte numérisé non relu

La prcnrirrei éditiimi purlMt'ici ia IiiiliDilim».>UM

du praiDÏer homme, w lie ïtnri-

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SSO CHAPITRE IT.

leur éducation, le premier bien qui leur apparlfut. Sur ce fondement, il paraît que punir les pères dans leurs enfants, c'est les punir dans leur bien le plus réeJ; c'est les punir dans une partie d'eux-mêmes, que la nature leur a rendue plus chère que leurs propres membres , et même que leur propre vie : en sorte qu'il n'est pas moins juste de punir un homme dans ses enfants , que de le pun'r dans ses membres et dans sa personne. Et il faut chercher le fondement de cette justice dans la loi primitive de la nature , qui veut que le fils tienne 1 être de son |)ère, et que le père revive dans son fils comme dans un autre lui-même.

Les lois civiles ont imité cette loi primordiale, puisque , selon leurs dispositions , celui qui perd la liberté ou le droit de citoyen, ou celui de la noblesse , les perd pour toute sa race * : tant les homont trouvé juste que ces droits se transmissent avec le sang, et se perdissent de même.

Et cela, qu'est-ce autre chose qu'une suite de la loi naturelle, qui fait regarder les familles comme un même corps dont le père est le chef, qui peut être justement puni aussi bien que récompensé dans ses membres? ^

Bien plus , parce que les hommes, naturellement sociables, composent des corps politiques, qu'on appelle des nations et des royaumes, et se font des chefs et des rois; tous les hommes unis en cette sorte sont un même tout , et Dieu ne juge pas indigne de sa justice , de punir les rois sur leurs peupies, et d'imputer à tout, le corps le crime du chef.

Combien plus cette unité se trouvera-t-elle dans les familles, où elle est fondée sur la nature, et qui sont le fondement et la source de toute société.

Reconnaissons donc cette justice, qui venge les

4. L*adopriun, après 1789^ 1 fait diÂparattre de nos codes du principe d 'égalité civile a \ ces à\%^o%\\.\oT».

DE DIEU niJÎATEUR DE L'AME ET DD CORPS. Sîl

crimes des jjères sur leurs eTifants ; et adorons ce Dien puissant et juste, qui, ayant grave dans nos cœurs naturellement quelque idée d'une vengeancesi terrible, nous en a développé le secrtit dans son Écriture.

Que si par la secrète, mais puissante iai|iressioa de cette justice, un pnéte tragique introduit Tlit^s^e, qui troublé de l'attentat dont il croyait son lils coupable , et ne sentant rien en sa cotiscience qui méritât que les dieux permissent que sa maison 'fût déshonorée par une telle infamie , remonte jusqu'à ses ancêtres : a Qui de mes pères, dit-il, a commis uncrimedigne de m' attirer un si grand opprobre'? » nous, qui sommes instruits de la vi^rité, ne demandons plus, en considérant les malbem-s et la honte de notre naissance, qui de nos pères a pécbé ; mais confessons que Dieu ayant fait naître tous les hom- ' mes d'un seul, pour établir la société humaine sur ua fondement plus naturel, ce père de tous les hnmmes, crée aussi licui'eui qae juste, a manqué volontairement è. son auteur, qui ensuite a vengé, tant sur lui que sur ses enfanta , une rébellion si horrible; afm que le genre humain reconnût ce qu'il doit à Dieu, et ce que méritent ceux qui l' abandonnent.

El ce n'est pas sans raison que Dieu a voulu imputer auî hommes, non le crime de tous leurs pères, quoiqu'il le pût, mais le crime du seul premier pèie, qui, contenaut en lui-même tout le genre humain, avait reçu la grâce pour tous ses enfants, et devait être puni aussi bien que récompensé en eux tous.

Car s'il eût été Hdèle à Dieu, il eût vu sa fidélité honorée dans ses enfants, qui seraient nés aussi saints et aussi heureux que lui.

I . Ce >unL In lers de VHip- - jtîaKioiai TtSv irâpoifliv ti-

pelyte cBuroiiaé i B3l)- en): i vd(, i —M. Brisl.ane, ilani

■ A!Hî,,!iî,p:iXEaTiît7tàO»|. >oa ëdilion du Irdlé de Ens-

o IlpoîiuÇîv Se itoOsv àvttïo- suet, approu>ie uuUe CMti\ec-

Mais aussi, dès lors que ce premier homme, aussi indignement que volontairement rebelle, a perdii la . grâce de Dieu, il l'a perdue pour tout le genre humain, qui, avec ce premieir homme d'où il est siorti, n'est plus que comme un seul homme justement maudit de Dieu, et chargé de. toute la haine que mérite le crime de son premier père.

Ainsi, les malheurs qui nous accablent, et" tant . d'indignes faiblesses que nous ressentons ~en»-nous- . inèmes, ne sont pas de- la première institution de . notre nature; puisque en effet nous voyons, dans .les livres saints, que Dieu qui nous avait donné une âme immortelle, lui avait aussi uni un corps immortel, si bien assorti avec elle, qu'elle n'était ni inquiétée par aucun besoin, ni tourmentée par aucune douleur, ni tyrannisée par aucune passion.

Mais il était juste que l'homme, qui n'avait pas voulu se soumettre à son auteur, ne fût plus, maître de soi-même ; et que ses passions, révoltées contre sa raison lui fissent sentir le tort qu'il avait de Vétre révolté contre Dieu,

Ainsi, tout ce qu'il y a. en moirmêmc me sert à connaître Dieu. Ce qui me reste de fort et de régie' me fait connaître sa sagesse ; ce que j'ai de faible et de déréglé me fait connaître sa justice. Si mes bras et mes pieds obéissent à mon âme quand elle commande, cela est réglé, et me montre que' Dieu, auteur d'un si bel ordre, est sage. Si je ne puis -pas 1 gouverner, comme je voudrais,, mon corps et les désirs qui en suivent les dispositions, c'est en moi un dérèglement qui me montre que Dieu, qui l'a ainsi permis pour me punir, est souverainement juste.

XII« Conclusion.de ce. chapitre.

Que si mon âme connaît la grandeur ^e. Dieu, la ' connaissance deDieu m'appresïvd a»ssi à ^uger «de la

DE DIED CRÉATEUE DE L'AME ET DU CORPS. Si»

dignité de mon âme, que je ne vois élevée que par le pouvoir qu'elle a de s'unir à son auteur, avec le secom's de sa griîce.

Cesl donc cette partie spirituelle et divine, capable de posséder Dieu,ique je dois priacipulement estimer et cultiver en moi-même. Je dois, par ua atnouT' sincère, attacher iramuablemeat mon «sprit a^ père de tous les esprits, c'est-à-dire à Dieu.

Je dois aussi aimer, pour l'amour de lui, ceux à qui il a donné une âme sembl;<ble â la mienne, et qu'il a faits, comme moi, capables, de le conoditre et de Vaimer.

Car le lien de la société le plus étroit qui puisse être entre les hommes, c'est qu'ils |>euvent tous en commun ])osséder le même .Uen, qui est Dieu'.

Je dois aussi considérer que les autres hommes Diiti comme moi, un corps infirme, sojet ù mille besoins et à mille travaux i ce qui m'oblige à compatir à leurs misères.

Ainsi, je me rends semblable à celui qui m'a fait à son imiige, en imitant sa bonté, A quoi les princes sont d'nutunt plus obligés que Dieu, qui les a établis pour le représenter sur la terre, leur demander» compte des hommes qu'il leur a confiés'.

t. L< lien Indiqua par 1

'.rïL',

dnctiinc ^mineiumi

I. Pourquoi les hommes veulent donner da raisonnement aux animaux ; deux arguments en faveur de cette opinion.

Nous avons vu Tâme raisonnable dégradée par le péché, et par là presque tout à fait assujettie aux dispositions du corps. Nous l'avons vue attachée à la vie sensuelle par où elle commence, et par là captive du corps et des objets corporels d'où lui viennent les voluptés et les douleurs. Elle croit n'avoir à chercher ni à éviter que les corps; elle ne pense, pour ainsi dire, que corps; et se mêlant tout à fait avec ce corps qu'elle anime, à la fin elle a peine à s'en distinguer; enfin, elle s'oublie et se méconnaît elle-même.

Son ignorance est si grande, qu'elle a peine à connaître combien elle est au-dessus des animai^. Elle leur voit un corps semblable au sien, de mêmes organes et de mêmes mouvements ; elle les voit vivre et mourir, être malades et se porter bien à peu près comme font les hommes; manger, boire, aller et venir à propos, et selon que les besoins du corps le demandent ; éviter les périls, chercher les commodités, attaquer et se défendre aussi industrieiisement qu'on le puisse imaginer: ruser même, et ce qui est plus fin encore, j)révenir les finjrv^cs, omnle il se voit tous les jours à la chasse, où les animaux scmblcnt woiiti'er une subliWlé ex<\v\\<>e.

D'ailleurs, on les dresse, oq les instruit; ils s'instruisent les uns les autres. Les oiseaux apprennent à voler, en voyant voler leurs mères. Nous apprenons auï perroquets à parler, et à la plupart des animaus mille choses que la nature ne leur agiprend jias.

Ils semblent même se parler les uns aux autres. Les poules, animal d'ailleurs simple et niais, semblent appeler leurs petits ëgarés, et avertii' leurs compagnes, par un certain cri, du grain qu'elles ont trouvé. Un chien nous pousse quand nous ne lui donnons rien, et on dirait qu'il nous reproche notre oubli. On entend ces animaux gi'atter à une porte qui leur est fermée : ils gémissent ou crient d'une manière à nous foire connaître leurs besoins; et il semble qu'on ne puisse leur refuser quelque espèce de langage. Cette ressemblance des actions des bËtes ans actions humaines trompe les hommes; ils veulent à quelque prix que ce soit, que les animaux raisonnent ; et tout ce qu'ils peuvent accorder à la nature humaine, c'est d'avoir un peu plus de raisonnement.

Encore y en a-t-il qui trouvent que ce que nous en avons de plus ne sei't qu'à nous inquiéter, et qu'à nous rendre plus malicieux. Ils s'estimeraient plus Iranquilles et plus heureux, s'ils étaient comme les bêles.

Cest qu'en elfet les hommes mettent ordinairement leur félicité dans les choses qui flattent leurs sens; et cela même les lie au corps, d'où dépendent les sensations. Ils voudraient se jiersuadci' qu'ils ne sont que corps ; et ils envient la condition des bêtes, qui n'ont que leur corps à soigner. Enlin, ils semblent vouloir élever les animaux jusqu'à eux-mêmes, afin d'avoir droil de s'abaisser jusqu'aux animaux, et de pouvoir vivre comme eux.

Ils trouvent des pliiftJsojiIies qui les fluVtcnV Aaw'i

lir, CilAPITRî: V,

ces penst'es. Plutanioc, q«i pwait si grave en certains endroits, a -fait des traités entiers du- raisonnement des animaux, qu'il élère, ou peu s'en faut, au- <lessusdesliommes*. C'est un plaisir de voir Montaigne faire raisonner son oie, qui, se promenast dim ^a basse- cour, se dit à elle-même que tout est fait pour elle; que c'est pour elle que lé soleil se lèfveet se couche ; que la terre ne produit ses fruits qoe pour la nourrir; que la mîiison n'est faite que pour •la loger ; que l'iiomme même est fait pour prâidre ^oin d'elle; et que si enfin il égorge quelquefois des t)ies, aussi fait-il bien son semblable*.

Par ces beaux discours, il se rit des hommes qm pensent que tout est fait pour leur service. Celse, -qui a tant écrit contre le clunstianisme, est plein' de semblables raisonnements. Les grenouilles, dit-ily et les rats, discourent' dans leurs marais et dans leurs

1 . I es traités de Plutarque, -«ù il s'agit spécialement des aaiiKHix, «>nt au lumbre d* deux. L*un est intitulé : Les animaux de terre ont' ils plus d* adresse que ceux de mer?

-cm plus siraplemefrt : ^e Va—

ércwje des ttnimirux; l'uatre :

'Que les hétes ont de la taison.

X.a comparaison entre l'h-imme «t les animaux est établie dans tiMiB Ies<letiK, mais OD- peu plos «Jani le seccmd.

2. Voy. les Essais j livre II, >chap. XII, dans V Apologie de

Raymond de Sehonde. Mon»

^tigae y< r ilie à deiix rr]>riAes ile^ hommes de penser que tout «st f . it pour eux en ce mond-e.

'Voici le texte du passagr ana- 'lysé : « Car ixturiittui ne dir^ ♦■un oyson ainsi : Toutes les pièces de l'nnivcn me regar* '^eat; la (erre me sert k mar-

clier, le soleil i m'esdairer, les estoiles k m^inspirer leor» iafiaeac«s; jW t«Ue cownoilité des vents, telle de% eaux; il n^est-rien que cette voulte traite si favorablement que moy ; je suis* le mignon de'mmtaam. Bstc0 pm riMMnw» qui me tnric^, qui me loge, qui me Aert? Cest pour moy qu*il ftiict semer tt mouldre. S'il me maoge, a<is»i Uàt^iï licm mb oon^Miigpon, eft aiuai ÏMê je moy les «eis qui le tuent et qui le mangent. > L'autre morceau est* une innét'TV de^ranbenr contre fcittiMrté de riMinnnc : a Qui laj[ a persuade que ce bransie ad* mirable de la \ouke oéle->ie, etc. V — ClNHTcm suit M»^b* tuigne et répète en partie- ses arguioentsdiuift soa tiuiité De la Saf[€sse, liv Ijcli-^p. viii, SecoBd^ CAivMÀ!ct-oAÀ\^u ^ Vliumme.

DE LA DlFrÉREKCE ESTRE L'HOMME ET LA BÈTE. 217

trous, dbant que Dieu a tout fait priur eux, et cpi'U ■est venii en personne pour les scaiurii'.IIveul dire que les hommes, devant Dieu, no sont que rats et vermissoaus, et que la tlifférence entre eui et les uiiîttuius i;sl [lelile.

Ces raisonnera ents plaisent pur leur nouveant^. On ainie à ralTiner suit cette matière, et c'est un jeu ;i rhooinie de plaider contre lui-in£ine la cause des hètûs.

Ce jeu serait supportable, s'il n'y entrait pas trop de s^iieux; mais, comme nous avons di(, l'homme cherche dans ces jeux des excuses u ses désirs sensuels, et ressemble à quelqu'un de grande Daissiince, ^ui, ayant le courage bas; ne voudrait point se souvenir de sa digniti-, de peur d'être obligé à vivre dans les exercî(«s qu'elle demande.

(Test ce qui fait dire a David : a L'homme étant iinUoniteur, ue l'a pas conouj il s'est compara luiuigme tiui auimaus insensés, et s'est fait semblable

Tous les ralâonnemeats qu'on fuit ici en faveur «les anima UK se i-èduisent à deux, dont le premier «st: Les animaux. Font toutes choses convenuhli^mem, aussi bien que l'homme; donc ils raisonnent comme l'huinuic. Le sccund e;it : Les animaux fiant semblables aux hommes 'à l'extérieur, tant dans leuis oi'ganes, que dans la plupart de leurs actions ; donc ils agissent par le même principe intérieur, et ils ont du l'aisonnement.

i.OrigiDCJiréniIé Celle t

)i<ûvuwwieuu de L<Ju i

■ aLU^u suBUe

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