ENTRE L'HOMME ET LA BÉTE. M
cipe on doit croire qu'elles agissent. Cai- il faut bien que Bleu ait mis qneUnre cliose CB elles , pouf les faire agîp convetialjienïent comme elles foiiï, rt pour les pousser aux Sas anxqiielles it les a destinées. Cela s'appelle ordioaii-cment rnslincf. Mais comme il n'est pas bon de S'accoutumer à dire des mots qo'on n'entende pas, il faut Toir ce qu'on peut entendre par celui ci,
te mot d'instinct en généiral signifie impKlSion. B csf opposé à t-hoix f et on a raison de dire que les animau* agissent par iiMpulsioQ plutcit que par choix.
Mais qn'esl-oeque cette impulsion et cet Instinct'? Il y a sûï- cela déo* opinions qu'il est bon de rapporter en' peu de parties.
La première vent que l'instinct des animam: soit un seiitîment'. La se<!onde n'y reconnaît atilro chose qu'un mouvetneiit semblable à celui des horlo(>es et autres machines.
Ce dernier sentiment est presque ne dans nos jolirs. CarencWe qlie IKogènc le Cynique eût dit, au rapport de PlutiU'quc^ que les b&tes ne seUI^ieDt pas, à cause de la grossièrelif de Iturs organes, il il'avait point eu de sectalenrs. Du temps de nos pères, un qléd^cin espagnol' aeoseign»^ la raÈmedoc-
De tioi jouTs, c'est Floaqu! A le plus nppruruadl U w d* ria^tiorie duii l'btMt- wte'ia
!.. V, chap. .
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triue au siècle passe, sans être suivi, à ce qu'il paraît, de qui que ce soit. Mais depuis peu, M. Descartes a donné un peu plus de vogue à cette opinion, qu'il a aussi expliquée par de meilleurs principes que tous les autres*.
La première opinbn, qui donne le sentiment pour 1 instinct, remarque premièrement que notre âme a deux parties, la sensitive et la raisonnable. £lle remarque secondement que, puisque ces deux parties ont en nous des opérations si distinctes, on peut les séparer entièrement ; c'est-à-dire que , comme on comprend qu il y a des substances purement intelligentes, comme sont les anges, il y en aura aussi de purement sensitives, comme sont les bêtes.
Ils y mettent donc tout ce qu'il y a en nous qui ne raisonne pas, c'est-à-dire, non-seulement le corps et les organes, mais encore les sensations, les imaginations , les passions , enfin tout ce qui suit les dispositions corporelles, et qui est dominé par les objets.
Mais comme nos imaginations et nos passions ont souvent beaucoup de raisonnement mêlé, ils retranchent tout cela aux bêtes; et en un mot, ils n'y mettent que ce qui se peut Caire sans réflexion.
Schu jl qui le cite dans sa préface duTraité de Phomm e,u*ea parle presque que par ouï-dire. On doute qu*il ait été connu de Descartes lui-même, malgré la ressemblance des doctrines.
L'auteur de V Histoire de la Philosophie cai iésiennef M.
Bouillier, en donne l'analyse suivante : a L'ouvrage se divise en trois parties : 4 ** Quelle est la distinction propre de l'homme et de ranimai ; 2** Si les bétes seatmentj il n'y aurait pas de distinction eatrt elles et k*hom-
me ; 3* De la cause du moave* ment des bêtes. » J^ojr, tooie I", cbap. vu.
4 . Ce peu de mots et la mention du nom de Tauteur dont Bossuet s*ab8tient généralement, témoigneut de l'estime qu'il avait pour lui et de la vogue qu'avait acquise le système de Descartes. Il se trouve plus particulièrement développé dans les Lettres XXV i" et Liv*, dans le Discours de la méthode. Y, 9, et dans les Réponses aux tntatrièmes et «MC «ixUmea Obj«ciVoiu.
DB LA DIFFÉRESCE ENTflE L'HOMME Et tA BÉTE. ÎB»
Il est maintenant aise de deterrniner ce qui s'ap- (jelle iostÎQct, dans cette opinion; car, en donnant aux bêtes tout ce qu'il y a en nous de senaitif, on leur donne par conséquent le plaisir et la douleur, et les appétits ou les aversions qui les suivent j car tout cela ne dépend point du raisonnement.
L'instinct des animaux ne sera donc autre chose que le plaisir et la douleur, que la nature aura attachés, en eux, comme en nous, à certains objets, et auï impressions qu'ils font dans le corps.
fit il semble que le poÊte ait voulu expliquer cela, lorsque, parlant des abeilles, il dit qu'elles ont soin de leurs petifs, touchées par une certaine douceur*.
Ce sera donc par le plaisir et par la douleur que Dieu poussera et incitera les animaux aux Gns qu'il s'est proposées ; car à ces deux sensations sont joints naturellement les appétits convenables.
A ces appétits seront jointes, par un ordre de la nature, les actions extérieures, comme s'approcher ou s'éloigner; et c'est ainsi, disent-ils, que poussés |)ar le sentiment d'une douleur violente, nous retirons promptement, et avant toute réflexion, notre main du feu.
Et si la nature a pu attacher les mouvcmeuts e\tériGurs du corps à ta volonté raisonnable, elle a pu aussi les attacher à ces appétits brutaux dont nous venons de parler.
Telle est la première opinion touchant l'inslincl. Elle paraît d'autant plus vraisemblable, qu'eu donnant aux animaux le sentiment et ses suites, elle ne leur donne rien dont nous n'ayons l'expérience en nous-mêmes, et que d'ailleurs elle sauve parfaitement la dignité de la natm'e humaine, en lui réservant le raisonnement.
CHAPITIŒ ▼.
Elle a pourtant ses inconvénients, comme toutes ke opinions humaines. Le premier est, que la sentsation, (xir toutes les choses qm ont été dites, «t par beaucoup d'autres, ne peut |>ass êti>e une aâection 4e6 corps. «On peut bien les subtiliser, les rendre plus déliés, les réduire en vapeurs el en esprits : par là ils deviendront plus vites, plus mobiles, plus insinuants, mais cela ne les fera pas sentir * .
Toute l'École en est d'accord*. Et aussi, en donnant la sensation aux animaux, elle leur donne une âme sensitive distincte du corps.
Cette ame n'a point d'étendue, auti^ement elle ne pourrait pas pénétrer tout le corps, ni lui être unie, comme l'Ecole le suppose.
Cette ame est indivisible, selon saint Thomas, toute dans le tout, et toute dans chaque partie*. Toute l'École le suit en cela, du moins à l'égard des animaux parfaits; car à l'égard des reptiles et des insectes, dont les parties séparée^ ne laissent pas que de vivre, c'est une difficulté à part, sur laquelle l'École même est fort partagée, et qu'il ne s'agit pas ici de traiter.
Que si l'âme qu'on donne aux bêtes est distincte du corps, si elle est sans étendue et indivisible, il semble qu'on ne peut pas s'empêcher de la recoanaftre pour spirituelle.
Et de là naît un autre inconvénient. Car si cette âme est distincte du corps, si elle a son être à part,
4. fopr. ehap. m, art. 3f2; «t aussi la note de la page •4*78. ■
2. Ou futcudait.pur l'Éc^ les duoteurs soiuUstjiq^es, p^trticulièrcment ceux qui ont fleuri depuis Pierre le Lombard et qui ont commenté les Livres des sentences. A la fin du irejzjème siècle, FÊcoleae divisa tn deui fra. lions impertuates^
celle des thomistes et celle tles scotistes. Cuiksuetpacmk a^Uj[«r les opinipns de Sç»t 0t,f^ BtVLOfjXtT^jr^, grand j^ti^uijfi saint Thomas.