VI. « I
162 lA TRA>SFORHATIO\.
« ne ^ 9 II faut donc obtenir de l^bomme la tempérance et la paix : arriver à rinclifierence nonnale des oignes, à la pondération des forces, à cet étal ou Ton ne se sent pas vivre ; sacrifier le violent sentir; se modérer en tout; aucun excès; exercice actif des oignes ; surtout la privation j Tabstinence et le jeune! «La privation, métbode sûre, excellente, « véritable économie de la \ie et du bonheur '. • Ce sont les deux régies morales : sctbstenir^ sen^ duTcity savoir sacrifier le plaisir, et savoir affronter TefTort et la douleur. — Je copie toutes ces asser* tions dans divers traités médicaux.
Mais, je vous prie, qui obtiendra cela des hom* mes ? Qui ne voit qu*il y a ici une impossibdité de nature ? L'homme est né sous une autre loi. Il est né dans cette vie mourante et divisée, qui va d'ellemême, par sa pente innée, â la séparation croissante des forces , à Tanéantisscment de l'une par l'autre, et à la mort. Sacrifier le plaisir et la joie, a*lle des sens, celle de la tête, sacrifier tout violent sentir, est impossible à l'homme. Baïf asser toute sa vie dans la simplicité, dans l'unité, dans la pondération des forces, dans Tindifierence normale
' Révcillé-Pari»e, Ëtudf^ fJe rhomme. 1. 1, p. 57. « /Wa., 1. 1, p. 63.
LA fRA«SFQnM4Troîï. JP3
(les oi^ie$| recueillir la flamifie au foyer, rentrer tout qplier dan^ spq coeur, chapger ainsi la forine originelle de sa vie, la nSUii'P de §a chair et V^tat de son sang, c'est ce qu'aucun homme, né de la femme, n'a fait ni ne fera.
L'homme est donc cpndampé à mort et sans ressource. Il faut souffrir toujours et mourjr vite, parce que les âmes ;$ont mortes e( tuept les corps.
Eh l^ien, gloire à Dieu et à çon Evangile 1 Gloire au Dieu ipcarpé ! Gloire ^ Thoipipe sacrifié, qui est venu accomplir pour npp§ cet impossible sacrifice, ce sacrifice qui donne la yiel II est vcpu, pour délivrer, par son renoncement et sa piorf, la race humaine, dopt la vie tout entière n'est qp'un perpétuel esclavage spus I4 crainte de la i^ort.
Par lui| le principe d^ oiortt le foyer double, oui rend l'âme et Iç corps ténébfçux , peut être anéanti. Par lui, l'âipe, lampe dp pprps, peut devenir ^imple, et la vraie lumièrp de )a yiQ rcinpiir Fàmc et le corps, cf ce corps p^êrpe redevenir pour l'âme coipme im réflpcteuf de lumière.
Mais qii^nd je viens à Notre -Seigneuf Jésus- Christ , gu Roi de l'^vepir, je sens avec douleur qu'une partie des lecteurs m'abandoupent. Le peuseur séparé, endurci dans l'incrédulité, cesse d'écouter. U croit savoir, et: il ignore absolument le
sens des mots, et il ne se doute pas de ce que je pourrais lui enseigner ici, s'il m'écoutait. Quand je dis moi, je parle du prêtre, tenant en main son Évangile.
Mais ne vous détournez donc pas , et comprenez, je vous eu prie, si vous n'êtes pas de ceux qui nient le sens de tous les mots reçus, dans tous les temps, par tous les hommes, comprenez qu'il y a trois mondes, le monde des corps, celui des esprits, et le monde qui est Dieu ! N'accordereztous pas du moins qu'il y a trois états de la vie humaine : vie dans le monde des corps par les sens ; vie de science et de spéculation par la tête ; vie d'amour par le cœur? Wavez-vous point, sous vos yeux, les trois races, plus distinctes que les races physiques, et vraies causes de ces variétés visibles? N'avez-vous {>as, sous vos yeux, bien manif(*stement, des hommes de chair et de sang, dont le centre est en bas? N'en voyez-vous point d'autres qui sont des hommes d'esprit et de pensée*, dont le centre est en haut? Et ne croyez-vous pas qu'il y en ait ou qu'il puisse en venir qui, par le sacrifice radical de l'égoîsme inné, de cet amour de soi poussé jusqu'au mépris de Dieu, vivent en effet, par-dessus tout, d'amour, d'amour de Dieu et de leurs frères? Transformation im|K)ssible à
rhomme, je r«ivoiie, mais en elle-méuic concevable et jx>ssible à Dieu ' .
Or la grande et bienheureuse nouvelle que TÉvangile annonce est justement celle-ci : c*est que le temps de la race nouvelle est venu. Une famille dVsprits libres doit s'élever, qui n*étant plus nés de la volonté de la chair, ni de la volonté de rhomme, sont nés de Dieu; qui, n*ayant plus leur principe et leur centre dans le monde des corps ou dans leurs sens, ni dans le monde de l'esprit fini ou dans la tête , ont vraiment en Dieu même et dans leur cœur le princi|)e et le centre de toute leur vie. Et voici ce que notre théologie enseigne sur la race nouvelle, dont la vie est au cœur, ou, ce qui est même chose, dont la vie est surnaturelle en principe : vîvitï du cœur, c'est être enfant
' Or . ce qui est ini|)Ossible à rhommc peut être possible à Dieu. En d'autres termes, ce qui ne se peut pas par la seule force de la nature créée, se peut par la force de Dieu. Le mot samalurel n'a pas de sens, disent les philosophes séparés. Pourquoi? Parce qu'ils font une déGnition du mot surnaturel qui lui 6te en eflet tout sens. Le surnaturel, c'est, disent-ils, ce qui est au-dessus de toute nature, ou même contraire à toute nature. Or, au-dessus de toute nature il n*y a rien. Mais notre théologie ap|)elle surnaturel ce qui dépasse les forces de toute nature créée. Or, au-dessus des natures créées, il y a la nalure incréée, immuable, il y a Dieu, comme le croient tous l<*s hommes. Eh bien, ce que Thomme ne \ie\ï{ pas. Dieu le peut. Cela est-il douteux?
de Dieu, c'est porter dans sbn âme le Verbe universel, c'est avoir Dieu, le Saint-Esprit, la sagesse éternelle et Tàmour éternel. « Cette sagesse étera nelle, dit Tliomassin * , est près des hommes de « cœur (cordatis)j en qiielque temps, en quelque a lieu, qu'ils aient vécu. Mais elle est loin de ceux a qui vivent hors de leur cœur {excordibus). Elle a est hoi^ de ceux-ci, mais elle vit dans les autres. « Donc le Verbe éternel s*est incarné, a vécu, est a ressuscité poiir tous les hommes de cœiu* qui, a depuis roriginê jusqu^à la fin du monde, se sont a donnés à la justice. Mais toute la vie du Christ a est inutile à ceux qui , regardant de leurs yeux
^ Propé adest sapientia cobdÂtîs, ubicumque et qoandocumque sint ; longe abest excordibuA ; illis enim ineât, hÎB deest. Itaque illis incarnatus est, illis passus, illis revixit, qui inter mundi vel initia, vel excidia, justiticc ejus se addixere : nequaquam autem illi« qui corporaiia hase ejus sacramenta oculis contuiti, animis aversati sunt. Ambrosius uoam esse Christi vitam pronunciat, quae perjustos omnes vivit, non suam i[)Sorum quolibet, sed Christi vitam in sei|>so explicante. « Jam enim non vitam nostram, sed CbrisUim « \îvimus. Nobi» enim v itère Christus et mari /ucnim... Omnes « in illo mortui sumus, ut vivamus Deo. Non ergo nos qui oramus c vivimus, sed vivit Christus in nobis. • Qase ita pbysioe et \eri«sime habere experti norunt, qui suam a se vitam quotidie ejurari et expugnari oonscii sibi sunt : inspirari autem vitam aliam, cœlestia spirantem, mente et corde toto sursum anbelaniem, verc vitam non hominis terreni , et terrenis addicti , sed vitam sapientis et juititis, vitam Christi. (Thomass. de adventu Christi. Cap. xv.)
LA TKANSFORMATION- 167
« la fonue corporelle de ses mystérieux sacre- « nieiits, Il y ont point appliqué leur cœur. C'est a |K>urquoi saint Anibroise déclare que la vie du « \'erbe incarné est une, qu'elle vit dans tous l<*s « justes, cliacun d'eux dévelop])ant en soi non sa « vie propre et séparée, niais la vie du Verbe de If Dieu. Nous ne vivons plus notre vie, dit saint « Ambroise, nous vivons le Verbe incarné, le Çbrist « t*st notice vie : Miln vivere Christus est^ a dit
flt saint Paid Nous sommes tous morts en lui
« pour vivre en Dieu. Nous qui prions, ce n'est « |)as nous-mêmes et nous seuls qui vivons, c'est « Jésus-Ciirist qui vit en nous. Oui, tout cela se « passe ainsi , physiquement , et en toute vérité. « Ceux-là le savent qui en ont Texi^rience. La vie à « nous y^isolée, divisée., chaque jour il la faut >^in- « cre et sacrifier. Nous le sentons. Et en même « temps nous sentons bien descendre en nous « l'autre vie qui nous est inspiive, qui est céleste, « qui , (Kir notre âme entière et |)ar tout notiv « Civnr, ivtourne en haut et y aspiix^ toujoui*s ; vie « véritable, non |)as de l'homme, ni de la tern^, « mais vie du Christ, Téternelle vie de la justice et « de l'amour. »
Ainsi |)arle notre théologie.
Mais, hélas! encoIX^ une fois, la plupart de nos
168 LA TRiNSFOnUATIOX.
contemporains ne savent pas la valcnr des mois. Ils ne la savent ni par la foi ni par la science. Ils ont rejeté la foi pour la science ; et l'absence de foi tue leur science. lis ne savent ce que vent dire Dieu, ce que vent dire ciel et teri-e, et ce que veut dire Jésus-Christ. Ils ne se doutent même pas de cette logique naturelle, mais entière et non mu- 'tdée, qui, regardant la vie mobile, passagère et in^rfaitc qui est la terre, affirme, comme concevable et nécessaire, l'Être immuable, étemel, infini, c'est-à-dire Dieu ; et qui, ensuite, à la vue de ces deux termes extrêmes, affîrme aussi la possibilité logique d'un monde où toute nature soit élevée à sa perfection idéale, à l'étemelle et immuable perfection, par son union à l'essence immuable. Quoi 1 ne considérez - vous pas comme possible cet état idéal ? Eh bien, cet état des choses, c'est LE CIEL, dont Jésis-Christ, Dieu incarné, est créateur et centre. Ne comprenez-vous pas maintenant le sens de ces trois termes fondamentaux :
TERRE, CIEL Ct JtSLS-GHniST? Et SC pCUt-îl qUB VOUS
n'aperceviez la saisissante et sublime beauté de ces paroles du plus grand des théologiens : a It con- « venait que IcVerbt* de Dieu s'incarnât', car il est
■ Convenienlissimiim Tuit |>?TSonani Pilii încamari... quia... Verbiim Dei, quod eit Ktsmu't concoplii:) ejus, est gimililudo exem-
« réiemelle Conception du Père , et le modèle de m toute la création. Et de même que, par leur coiih « miinication partielle à ce modèle, les créatures « ont été établies dans leurs espèces, mais pour « une vie mobile, de même, l'union non plus par» « tielle, mais personnelle du Verbe à la créature •, « de^^ait tout réparer pour Téternelle et immuable « perfection. »
Mais ai'ançons. Efforçons -nous de nous faire entendre.
Nous disons donc, en répétant et transmettant b parole du Maître : « Je suis la résurrection et la « vie ^ — Le Père a la vie en lui-même : il a donné m au Fils aussi d'avoir la vie en lui-même **. » Je suis venu « pour que tous ceux qui voient le Fils, et « croient en moi, aient la vie étemelle ^. H v a un « pain de Dieti qui vient du ciel, et donne la vie
plans lotîus creatune. Et ideo, sicut per parlicipatîoMm hujos similiiiidinis^ creatune sunt in propriis speciebus inslitulse , sed mobiliter, ita |ier unionem Verbi ad creatiiram, non pari ici patam, sed personakiiiy cvnveniens fuit iv^tarari civalurani in online ad aftemam el immobitem periectioneai. (3* q. lu, art. 8.) " Diuis la personne de Jésus-Christ.
* Eâ^) Sttin resurrectio el \ita. (Joan. X!. 25.^
' Sicut enim Pater habet vitam in semetipso : sic de.tit et Filio kalMfe Tîlam in semetipso. (Joan. v, ^.)
* Cl omnis qui \ idet Filium, et crédit în eum, habeal ^ itam oHernam. (Joan. vi. iO.)
«( au inonde '. Je suis le pain qui donne la vie ^. «( G;lui qui mange ce pain vivra éternellement '. « Celui qui croit en moi a la vie éternelle * Si vous c ne vous nourrissez pas de moi, vous n*auree pas a la vie en vous *« Celui qui se nourrit de moi a « la vie éternelle ^ ; celui-là vit par moi ^ . »
Voilà les textes de TÉvangile.
Or le Dieu incarné ^ créateur des âmes et dos corps, ne parle point la langue abstraite des philosopkeS) mais la parole concrète de la nature vivante, la parole pleine, étendue au passé, au présent, à Tavenir, à toutes les créatures, en un mot, la parole universelle de Dieu. Quand Jésus dit « la vie, » il dit la vie dans tous les sens du mot , vie corporelle, vie intellectuelle, vie morale, vie du cœur, vie en ce monde, vie éternelle pour l'âme et pour le corps.
Le Maître commente sa parole par des guérisons de malades et des résurrections, et de plus il dit
* Panis eniiu Dci est, qui dcrœlo descendit, et dal vitani miindo. (ioan. VI, 33.) — ' Ego sum panL» \its. (Joan. vi, 35.) — > {iui manducat hune panem, \ivet in aHernum. (Joan. vi, 59.) — ^ Qui crédit in me, habet vitam aHernam. ;i()an. vi, 47.) — ^ Ni si manducat eritiscamem filii bominis et bibcrilis ejus sanguinem, non babebitis vitam in vobis. [ioan. vi, 54.) — * Qui manducat meam carnem et bibit ineu m sanguinem, habet \itam xternam* iJoan. VI, 55.) — 'Et ipge \ivet propCer me. (Joan. vi, 58.)
à ses Apôtres : « Guérissez les malades, ressuscitez « les morts V »
Or, voici coiument TÊglise de Dieu, déjiositaire de TEvaugile, enteud et cet exemple et ces paroles.
Nous croyous que, si le corps le plus saiu peut être tué tout à coup ou par blessun^ ou par poison, ou foudroyé, dans certains cas rares, yoit une passion de Tàme, de même, le corps le plus malade, même quand la vie s*est retirée, peut êtiv ramené à la vie ou guéri par la foi, la prièix^. Tinter\ention surnaturelle et tout extraordinaire de Dieu.
En outre, nous croyons qu'en toutes les âmes où Dieu \it, il y â une intervention orduiaire et quotidienne de Dieu, qui travaille à la vie de Tàme et du corps , et même à la résurrection future de Thomme entier.
Nous croyons que cette surnaturelle intenention de Dieu, vivant au cœur de ses enfants, les délivre d*abord du péché, mort de Tàme; puis réduit la concupiscence, langueur de lame; puis donne à Timè une force surnaturelle, divine, par laquelle elle peut sacrifier sa vie propre, c\^t-àdire isolée, divisée, et rslmener ses forces vers le
' infirmots cunle; mortuos suaciute. (MaUh. x, H,)
sanctuaire où est Dieu. Et puis ce cœur de Tame, vivant en Dieu, vivifie à son tour le cœur physique, centre du corps, et par lui tout le corps.
"Nous croyons que cette force, déposée dans Tàine et le sang de la race des enfants de Dieu, a déjà dompté, en partie, le mal physique qui acca* blait le monde ancien. Nous croyons qu'elle continue à réduire Tenipire de la souffrance et de la mort. Nous disons qu'elle fermente dans tout le monde moderne; qu'à chaque instant elle éclate, comme |)ar étincelles, parmi nous, et que, quand cette force du sang de Jésus-Christ sera moins repoussée par la dure incrédulité, et moins mollement accueillie par la foi languissante des chrétiens, elle éclatera dans une lumière visible.
Et non-seulement nous croyons ces choses, mais il nous semble qu'tni temps viendra, bientôt peutêtre, où ces saintes vérités entreront dans la science pour la régénérer et la transfigurer.
En ce temps-là, la grande science de la vie ne sera plus comme aujourd'hui misérablement divisée. En ce tem|)s*Ià, on comprendra ce que veulent dire ces mots : médecine divine, médecine liumaine, union des deux. On comprendra ces belles paroles de l'un des princes de la science médicale : « J'ai « peine à concevoir comment la médecine dii^ine
« pt la médecine humaine n'ont pas toujours été « intimement unies. Tios règles de la dernière ne « peuvent avoir de vrais fondements, si elles ne « sont modérées et éclairées par les règles de la « première • . » On comprendra ces autres paroles de cet homme de génie : « I/étnde de Tâme, les « notions morales , métaphysiques , théologiques « et révélées sur sa spiritualité, et son influx dans « les opérations animales et dans les effets des pas- « siens, nous ont servi de guides et de fondements « en bien des |x>ints. Trop heureux de pouvoir « nous appuyer sur des dogmes aussi généixile- « ment avoués des sages, et auxquels la pratique « et Texemce journalier c!e notre art ramènent à « tout moment *. » Ce sont les dernières lignes que Borden ait écrites.
Oui, le corps est tenu dans la \ie par Tàme, et Târae est tenue dans la vie par Dieu. £s{)érons donc qu^u) jour il y aura une ligue des sciences, et une ligue de la science et de la religion, pour guérir Thomme. Il y aura une ligue du pi^ètre, du
* Bordcu. Rechorclies sur Thistoirc de la m«k)ecine, chap. vi, § 3. Je lis au ménie endroit : « La reli^ioo eUe>mèiiie, bien entendue» « n'est qu'une vraie médecine utile, nécessaire, eflîcace, et d'un se- • cours journalier pour le régime, et la santé qui en est le fruit. »
* Analvse médicale du san*'. cwi.
m 14 Ti|4ijSf«|^i|4TiqN.
pliilosoph^i d^ iné4ecin| 4h Rt'IS^t^fi pour combattra le» so{|(rrapc^ ^t I9 inort, ef: mai^tepiri sur pett^ ^fT^ que Dieu UQUS doo^^ à ciiltlver, layie plus libre , pfiYÇ féconde et pliis \>e\]e. ^v }§ religion , rédupatiPHf }^ ^ienc^, les lettre pt les arts, tous les eqf)(qts de pieu conspireront ppur élever les deux r<)cps buip^ipps inférieures, et dire aux pauvres hommes que Tégoïsm^ c}e^ sens ou de la tête maintient d^ns les castes malades : « Pauvre^ frères, pâtiires du mal cf de la inorf , montez plus li^ut, et venez à la vie. »
Je n'ai jamais pu life s^n^ émotion ces paroles de Leibniz : 0 Un tefiips viepdr^ ou }çs hommes se d mettront pUis k la raison qu'ils n'ont £ut jusa qu'ici. . . . Alors on se tournera davantage à l'aa vancement de la médecine, et cette grande science fc seni bientôt portée au delà de son préseiit ^tat... ce Après le fruit de la vertu, Tup des grands fruits a de la morale et de la politique sera de nous ç amener une meilleure médecine , quand le^ fc hommes cpmfpcnceront à être plus sages qu'ils ne a sont, et quand les grands auront appris à mieux a employer leurs richesse^ et leur puissance pour a leur propre bonheur'. » Ainsi parle Leibniz.
* Nouv. Esg., lib. IV. p. 24 .
Quant à De^cartcs ^ je ne puis assez Tapplaudir lorsque, comme friut et conclusion de son Discours sur la Méthoile , il affirme « qu'ati lieu de « cette philosophie si)éculat;ve qui règne dans les « écoles, il voudrait en trouvfr une pratique ap- « plicable ayant tout à Fart de guérir Fhomme. » Il ajoute qu'il voudrait exciter une ligue des sciences et des « bons esprits » pour la recherche ^d'une médecine meilleure , « science qui rendrait les « hommes communément plus sages et plus habiles V qu'ils n*ont été jusqu'ici, et sur bien des points a combattrait même aussi peut-être l'affaiblisse- « ment de la vieillesse ' . »
Si Ton regarde ces espérances comme excessives^ j^avoue que l'Évangile m'en donne encore de bien plus grandes. Oui, je le crois, si, dans la foi vi- ^-ante et dans la charité de Jésus-Christ, si, dans Tintime union au cœur de l'Eglise catholique, si les gouvernements, par leur puissance, les grands par leurs richesses, les prêtres par leui's prièix^, leur amour et leur science sacrée, si les vrais savants, par leur science expérimentale, science vivifiée par un ardent et religieux amour des hommes, si tous les cœurs qui aiment, tous les esprits qui
« Méth., 6. p.
oui quelque confiance et quelque élan , conspiraient pour combattre résolument la mort sons toutes ses fortnes, — je parle suHout de la mort morale, — oui, je le dis an nom de Dien, nous Av rions des miracles. 3'ajoute qu'une telle conspiration ne dépasse pas la force des peuples chrétiens modernes, unis en paix dans le sein de l'Église. Vingt années de paix aujourd'hui, en Europe, et puis un élan de travail dans la foi et l'amour, que de grandc>s choses nous pourrions voir !
Comme science d'enseiuhle, comme science organisée , — qu'on me permette de le dire , — la science médicale est à naître! ïlais on comprend qu'elle pourrait bientôt naître, si l'on voulait! Que d'admirables éléments déjà s'apprêtent à la constituer! I^ cor|)s humain est exploré dans ses deriréres fibres, dans ses im|iei-ceptiblcs éléments. T>cs faits physiologiques commencent a se group*'r. I^es diverses branches de la science naturelle se rapprochent par la comparaison. L'anatomie, la physiologie, t'embiyogénie, comparées dans toute l'échelle di>s êtres, commencent '» faire con- Tei^er la lumière en un point. Mais d'où partira rélincelle qui donnera la vie â ce chaos? Je le dis hanlimeut : l'étincelle sera une parole. Elle sortira de la lx>iirhe de Celui qui, dit l'Apôtre,
a les paroles de la TÎe éternelle. Et cette parole, peut-être, la voici : « Si votre œil est simple, m tout votre corps sera éclairé, et vous illiuninera « comme un réflecteur de lumière. » Cette parole de la vie étemelle , et toutes les paroles qui Tap* pnieut, créeront, quand on les comprendra, la scieiKe à la fois divine et humaine, de la vie et des lois de la vie.
Mais, dim-t-on, comment le savez- vous? Je le ssûs par ma foi. En outre, je Fentrevois comme dans un jour naissant. Voici bientôt un quart de siècle que j'y travaille avec prière et espérance ! J'y travaille en suivant jusqu'au lK>ut de mes forces , dans toutes les sciences que je puis aborder, tous les rayons de la lumière éx-angélique qu'il m'est donné de distinguer. Et certes, je suis bien trop faible et trop seul , pour comparer tant de choses ; mais j^ose le dire, car je le vois : l'œuvre est possible, et elle s'accomplira quand les esprits et quand k^ sciences voudront s'unir. Si je savais m'exprimer mieux, et si vous vouliez écouter, sans impa* tience, sans préjugés, en admettant d'avanct* la lumineuse universalité de l'EN'angile, vous wrriez, comme moi peut-être, celte possibilité d'une science meilleure, et les premiers reflets de cette lumière que nos tra^-aux, nos efforts, et surtout notre