VI. U
En voua ^ voua anéftntÎMes ce qui tient la nature humaine dispersée clans son égoïsme, et la sépare de Dieu, et sépare chaque âme de chaque âme» aussi bien que chaque âme d'elle*méme. Vous sacrifies en vous cette forme de la vie, ô Père de la nouvelle huouinité , et vous donnez un cœur central , un foyer simple pour respirer en Dieu, à ce vieil homme qui ne vivait qu'à la surface. Vous transformez toute la nature humaine. Et quiconque veut s'unir à votre sacrifice, et s'ensevelir avec vous, ô Seigneur, dans votre mort, trouvera par cette mort, la racine de la vie nouvelle, le retour de sa vie à l'imité, l'unité du cœur avec vous, et avec tous les cœurs qui vivent.
Heureux celui qui s'attache à l'homme « Dieu 1 Heuf'eux les peuples, heureux les siècles qui s'altachant à l'homme-Dieu 1
Je voudrais, 6 mon Ame, vous voir entrer, en esprit et en vérité, dans la vie divine de l'homme» Dieu.
Ne pouvez-vous comprendre que les hommes ont souffert, et souffrent, et souffriront, tant qu*ils s'obstineront à rester tous dans Tégoistique disper* sion de la vie propre ?
Ne pouvez-vous pas voir que le principe de l'unité est au milieu de nous, et que le centre visible
LA TSàNSVORMATIQN. 311
et vivant du règne nouveau est au milieu de nous ? Ceat rhouune^Dieu , c'est Tétre supérieur que la terre attendait ? Est-ce que ce soleil levant pe va pas Sàive mûrir plus vite la moisson de la terre ? Est-ce qu'on n'aura pas Inentot la joie de voir, sur notre terre, moins de crimes, moins de hontes, moins d'incrédulité, moins de ténèbres, moins de souffrances injustes, moins de mortalité coupable, plus d'espérance et quelque aurore du ciel ?
EstH:e que je ne puis pas renaître, et coiQmenceri dès aujourd'hui, une vie nouvelle, en donnant toutes mes forces, tout mon cœur à ces espérances et aux lumières de ce céleste avenir ?
Contemplateur de ces belles lueurs qui com^ mencent, ne puis-je bannir, et de mon âme et de mon corps, et de plusieurs des malades qui m'entourent, les ténèbres et le chagrin, ces poisons de la vie, qui tuent l'humanité? Ne puis-jé pas voir d'un œil nouveau le sens des souffrances et de la mort : effets de Tégoisme actuel, que l'amour peut diminuer, dans les âmes, dans les peuples, dans les siècles qui le voudront : effets aussi de l'égoisme héréditaire, que l'amour peut changer en couronné el en source dévie; car ces souffrances, cette mort, non méritées personnellement, sont la croix du Sauveur, instrument de la vie.
213 LA TBUiSFOnilATION.
Ne puis-je alois souffrir, et peut-être mourir avec séréDÎté, comme beaucoup d'hommes, grâce â Dieu, ont eu déjà la divine force et de souffrir et de mourir? Mon horreur de la mort diminue, si je sais bien quel genre de vie indélébile est au centre de tout mon être, et que je meurs, comme uiie chrysalide, qui va se transformer , ou comme ces créatures que le fer coupe, mais que la vîc enracinée au fond va reproduire : ou surtout comme ce grain, dont parle l'Évangile, qui, semé seul eu terre, ressuscite et produit, non plus un grain, mais un épi. Car, les âmes qui vivront de la vie ressuscitée, ne seront .plus cliacime une âme à part, comme aujourd'hui, mais seront des épis.
Chère âme, qui voulez bien me suivre et ni'écou- Ifir, puissent toutes ces choses s'accomplir en vous! Et d'abord la première de toutes, le salut et la vie étemelle !
Pauvre soeur, née dans le péché, si cruellement avilie par le mal, captive encore peut-être dans l'orgueil et la sensualité, que ta noble nature, créét- si bdle par notre Père, soit donc enfin r^énérée et sancliiiée ! O âinc ! a dit le Maître de la vie, com-
Li TRANSFORMATION. 213
bîeii de fois n ai- je pas voulu rassembler tes enfants sous mes ailes, comme un oiseau rassemble ses jietits! Combien de fois n*ai-je pas voulu recueillir en mon cœur les forces et les puissances que tu dissijies en fomée d'orgueil et en boue sensuelle ! Tu ne le voulais pas et tu restais vide et déserte. Et maintenant tu le voudras, et tu diras: Béni soit donc celui qui vient au nom de Dieu ! Oui, cbère ame, et alors ton Sauveur mettra en toi un cceur nouveau^ son propre cœur, et dans ce cœur une source \i\T qui jaillira dans la vie étemelle.
Et toi, tu n'abuseras point de ce don ; et la bonté de Dieu établira en toi la pure et immacidée religion, celle qui ne s'arrête point aux douceurs sensuelles de la grâce, ni à l'intelligence stérile, partielle, et oi^eilleuse de ses lumières, mais celle qui ^ît et qui opère dans l'amour vrai, qui marche et qui se lève quand Dieu l'ordonne, et qui, au bout de la carrière, dit avec Jésus-Christ : « O Père, j'ai m ache\'é l'œuvre que vous m'avez confiée. »
Ceci, chère âme, est tout l'essentiel de la vie; c'est ce rovaume de Dieu qu'il famt chercher d'abord. Mais je voudrais que tout le reste, pour la gloire de Dieu, te fut dotiné dès cette w par surcroît.
Je voudrais que la vie divine descendît, s'étendit en toi^ depuis le fond de l'ime régénérée jusqu'à
la moelle des os, en passant à travers l'esprit, Timagination et les sens.
Pauvre endormie dans Tignorance, le doute et les ténèbres, je voudrais que la foi mit en toi une science divine qui te fit comprendre la vie, la mort, l'histoire, le temps présent, la marche de Dieu sur ta terre , la moisson que Dieu cherche , le salaire de bonheur qu'il donne aux ouvriers dès cette vie même, et le royaume de gloire qu'il leur promet.
Je voudrais que la foi et l'amour missent en toi des élans, des mouvements et de telles forces et de tell(»5 plénitudes, que ta poitrine, remplie de joie et d'espérance, eût besoin d'éclater, de proférer et de chanter ses harmonies sacrées et sa sainte poésie.
Je voudrais , avant tout , te voir régner sur tes puissances , et te voir riche et forte de beaucoup de passions domptées, ce ressort nécessaire et du génie et de l'amour.
Mais je voudrais aussi que cette sève contenue devint pour ton corps même la source d'une lon«> gue jeunesse et d'une vie pleine! Et que jamais l'ennui, ni le chagrin, ni la tristesse, ni les mala* dies inutiles ou coupables, ne vinssent, avant le temps, te contrister, et, comme chez la plupart des hommes, anéantir la dernière saison de la vie, détruire les fruits d'automne, effacer cette profonde et
touchante beauté de la vie mure, qui se concentre, se simplifie et se recueille. Peu cl*honinies traversent la ligne qui partage en deux hémisphères la vie humaine. Peu d^hommes osent s*a\'ancer, et marcher hardiment dans le second des deux. Presque tous disent a\TC le prophète attristé : « Seigneur, « au milieu de ma vie, je touche aux portes de la « mort. » Mais toi, chère Ame, puisses-tu dire avec le prophète ranimé : « Seigneur, je suis ton œuvre, • au milieu de mes jours, vivifie-moi pour une se- « conde carrière. » Puisse alors le dernier tiers de ta vie, puisse^ ce beau soir, dont presque personne ne se sert, si ce n'est pour gémir et vivre de regret et de craintp, devenir pour toi ce qu'il est, le temps de la moisson, Theure d*en distribuer les fruits M Oh! puisses-tu, en quittant ce monde, avoir semé dans plusieurs âmes quelque paix et quelque lumière, quelque amour efîectif des hommes, quelque vigoureux zèle pour le royaume de Dieu !
' « Il y a surtout une période de Inexistence, celle de 50 à 70 ans « el même au delà, c'est-à-dire près du tiefs de notre \ie, où « rboamie bien portant jouit d'une ^talité pb}'sique et morale si € bien pondérée qu'aucun autre âge ne la surpasse. * (Rérall^ Parii». De la vieillesse, pw lU.)