CHAPITRE r
DLM05STBAT10.X DE l'|)I)IOBTALITL.
Nous avons étudié, au livre précédent* la transfomiation de Tâme par le sacrifice. Nous avons \u comment Fàme transformée peut donner la vie à son coq». Eh bien, a quoi nous sert la vie ? Estelle durable, et vivrons- nous toujours? Qu'est-ce
DEMONSTRATION DE LIMMORTÂLITÉL 311
que riuiniortalitr ? Qu*est-ce qui démontre rimmortalité ?
Essayons cette démonsti*ation , mais avec mo* destie. L'immortalité de Tàme est prouvée, depuis longtem|)s, comme Texistence de Dieu. Ces deux dogmes fondamentaux, par lin pixxréilé naturel magnifique, en\'ahissent la pensée comme la double lueur d*un éclair envahit l'horizon. L'éclair est tout entier dans ce mot du Christ, démontrant la vie étemelle : « Dieu n'est p\s le Dieu des morts, «t mais des vivants. » Pour l'âme saine, attentive, pour la raison dans sa lumière, l'éclair suffit. Mais s'il faut forcer l'attention, guérir l'àme, reconstituer la raison, y a-t-il une démonstration qui suffise? La preuve, bonne en elle-même, échoue clans ces ténèbiTS. Essayons cependant, selon nos forces.
<« Dieu a créé les choses pour qu'elles fussent, » dit saint Thomas d*Aquin. C^es simples {laroles nous paraissent impliquer la démonstration scientifique de l'immortalité de l'àme.
En effet, y a-t-il lui |H*nseur, digne de ce nom, qui puisse croiix* qu'un seul atome doi\e être anéanti ?>kon, sans doute. Mais si l'Ame est, l'àme .sera-t-elle anéantie plus que l'atome? Non, certes. Ce qui est, sera. Tout ce qui est subsiste, « par
21 s DÉMOBîSTRATION DE ^IMMORTALITÉ.
c l'immobilité de la bonté divine * , 9 comme le dit saint Thomas. Il suffit de démontrer que Tâme est, pour démontrer que Tâme est immortelle.
En effet, qu'est-ce qu'une unité matérielle ou spirituelle, atome ou àme? C'est un mot que Dieu a prononcé, ou plutôt qu'il prononce. Le mot est prononcé, il subsiste, et cela pour toujours. Dieu ne se reprend pas, il ne se dément pas, ne se contredit pas. Si rhomme dans son oi^eil ose dire : Ce qui est dit est dit, ou ce qui est écrit est écrit, rÊtre infiniment sage et tout-puissant, quand il écrit ou dit ses créatures, peut ajouter, mais avec vérité : Ce qui est dit est dà, ce qui est écrit est écrit: car tout cela est bon.
Lai créature ne fut-elle, comme cela est indubitable, que la voix de Dieu au dehors, et lors même que Ton admettrait que Dieu peut venir à se taire à l'égard d'un être créé ', c'est-à-dire à ne lui plus fournir de vie nouvelle, il ne s'ensuivrait pas pour cela l'anéantissement de cette créature. Celte créature irait en s'é\'anouissant, et tendrait en un cer-
* SuMantia eonim (element/irum'^ remanehit ex iminobiulale ibriBC volaoUt» : creavitcuai m ut es«eoL (Cont. Gent., Ob.IV. Cap. 97.)
* Deus meus ne si'àea» à me : nequaiido taceas â me, etasnmilabor dcacemteiitibus in lacum. ; Pa. xxvii. I .)