IV.t'U
3iais à la condition du sacrifice : cotijier, retranv?j»T, sortir de soi, et mourir pour renaître. « Ce-
< hii qui ne meurt pas à sa propre vie, a dit le
< Clirist^ ne peut pas être mon disciple V » U faut civ^urir à sa vie propre, pour être régénéré, et pouvoir dire : « Ce u^est plus moi qui ^is , c*est Dieu I qui ^~it en moi. »
iVrtcs c'est en coupant, en retranchant et en son- •jîH de soi, c'est |>ar la croix et |iar le sacrifice que 1 tîo OK^rt s'accomplit, ^lais aussi quelle renais- N-,Ke |¥>ur oni\ qui accouipIisst*nt le sacrifice ihi- :. T, et n'ont plus d'autn^ \oionté que civile de n^-ii î Quelle délivrance ! Sortir de la misère île I- i4n'' propn^ esprit, de la monotonie de n<.is ]xui- M\s, de Feunui mortel d'être stnd, des Ix>nH^ ivt.-wii^^de notrx^ horizon |X^rsonnel, qui \a toujours se resserrant à mesure qu'on avance dans la vie ; qiiitter l'étroite et fastidieuse prison de l'habitiule, pour prendre une vie lai^ et puissante, toujours
n-iiouvek-e en Dieu ; fuir ratmosphèrc éteinte, l'air ctifenné de IV'goîstnc où nous lançuisstons et dorniions,où le sang ne s'animait plus; rencontrer tout à coup la liunière et l'air libre, l'air vaste, l'air pénélrant, la lumière vivifiante et sans bonK-s, et en Imire les inspirations; recooir des pensées qu'on n'a |K)scalculé«-s, qui naissent en nouscomnH-snu^ la jianile d'un plus sage; sentir des émotions qu'on iK- |H>u^'ait attendre, qui touchent et qui saisissent, et qui font tressaillir , comme la main d'un ami |>os('t sur notre main au moment du réveil ; sentir qu'on n'est plus seul, qu'un autre est avec nous, qu'un être plus puissant nous guide, et qu'd nous guide de pn-s , en nous louchant , comme l'ange qui guide un enfant par la main : tel est, au sein du sacrifice, l'état d'une 4nie qui meurt â sa vie propre, pour vivre en Dieu.
C'est lii ce que les chrélieiis nomment le passage de la mort à la vie, et des ténebn-s â la lumière.
C'est là ce que B<»ssiiel ap|>etle la liberté des enfants de Dieu, ipiî n'est que l'élendue et la dilatalion d'un cifur dt-gagé de loiit le fini.
Combien est lar^e et grande la vie de cvt homme libre qui voit, qui veut en Dieu !
l.'lKHUtne i>tioai;e dans ^ volonté pmpn', daiu iTtte bassi'sse de * m\ dans cette petitesse de désirs.
LA CO.\5CJK?iCE ET LE SACRinCi:. 73
qui noiis tîeiinetit dans un ct^rcle étroit , et nous tivent dans une direction exclusive, cet homme ne ^il pots en tous sens, mais d*une \ie incomplète, M^mUaUe à la respiration (lartielle de ces poitrines iiabiks que des |x>înts d*adhêreiKe em|)echeut de s'ouvrir tout entières,
L homme déga^, l'homme lihre en Dieu, vain* i|iietir des exigences du cniel ègoîsme, Thomme que rien n^empéche plus d*obêir aux mouvenKHits iiniu$« cet homme vit de la vie di%ine, universelle; son esprit s\iniversalise; sa volonté se di\inise : ce qu'il désire, c'est le progrès du monde, la venue du rovaiune de Dieu ; sa ^tilonté plane sur le monde, unie à celle de Dieu.
Cest pou* ces âmes que s*accomplit la grande demande : « Que votre volonté soit &ite en la terre t comme au ciel; » c'est elles qu'attendent en sou« pîruit les créatures, qui, dit saint Paid, espèrent leur délivrance de la venue des en£u)ts de Dieu.
Voilà Tobéissance des en£uits de Dieu, et lagranikur de la vtJonté sacrifiée.