‹ De la connaissance religieuse; Essai critique sur de récentes discussionsChapitre 35 sur 38 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Après cette longue discussion, et avant de prendre congé de M. Sabatier, il nous serait difficile de résumer en peu de mots les objections et les reproches que nous avons dû formuler en si grand nombre. Cependant il est une critique fondamentale qui résume non pas la totalité assurément, mais la plus grande partie des critiques d'ensemble et de détail que nous avons présentées : c’est que le point de vue de M. Sabatier n’est pas assez moral, n’est pas vraiment moral. C’est là ce qui explique, par exemple, l’oubli si grave que nous avons constaté chez lui du rôle de la croyance. C’est là ce qui explique la notion métaphysique, si peu morale et si peu vraiment religeuse, qu’il se fait de Dieu. C’est là ce qui explique encore ses théories sur les rapports de l'intelligence et du sentiment, de la doctrine et de la vie. C’est là ce qui explique enfin l’omission si étonnante, pour ne pas dire la négation de la liberté d’un côté, et de l’autre du fait du péché et de la chute. Essayez de combler ces lacunes, ou de réparer ces erreurs dans la théorie de M. Sabatier; elle volera en éclats. Et quelques-uns des morceaux en seront excellents, sans doute, mais enfin il faudra les assembler d’après un autre plan et les édifier suivant d’autres idées directrices pour construire la véritable et solide théorie de la connaissance et de la croyance.

Pour nous, ne nous lassons pas de le répéter, la méthode morale, voilà la vraie méthode. L'obligation et ses postulats, voilà le vrai fondement. Tu dois. Et le {u dois ne s'adresse pas seulement à

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