EOTATION DO SOLEIL ET DES PLANÈTES. — ANNEAUX DE SVTURNE
ÉGALITÉ DES PÉRIODES DE LA ROTATION DE LA LUNE ET DES AU- TRES SATELLITES, ET DES PERIODES DE LEURS REVOLUTIONS.— NORME DU SPHÉROÏDE LUNAIRE. LIBRATION , ASPECT ET CON- STITUTION DE LA LUNE. ROTATION DES SATELLITES DE JUPITER*
La forme aplatie vers les pôles de plusieurs des planètes, indique en elles un mouvement de rotation. Ce mouvement a été confirmé par la découverte que l’on a faite à la surface de la plupart d’entre elles, de certaines taches, à l’aide desquelles on a pu déterminer leurs pôles et la durée de leur rotation. La rotation de Mercure est inconnue, à cause du voisinage de cet astre du soleil; et celle des nouvelles planètes n’a pas encore été déterminée. Le soleil tourne en vingt-cinq jours et dix heures autour d’un axe dont la direction correspond au point milieu de la ligne qui joint l’étoile polaire et la Lyre, le plan de rotation étant incliné de 7° 3o', ou un peu plus de 70, sur le plan de l’écliptique. De là donc l’on peut conclure que la masse du soleil est un sphéroïde aplati vers les pôles. La rotation du soleil donne tout lieu de croire qu’il a un mouvement progressif dans l’espace, bien que la direction vers laquelle il tend soit inconnue. Mais par suite de la réaction des planètes, il décrit une petite orbite irrégulière autour du centre de gravité du système, ne déviant jamais de sa position de plus du double de son diamètre , c’est-à-dire d’un peu plus de sept fois la distance de la lune à la terre. Le soleil et tous les corps qui forment son système tournent de l’ouest à l’est,
86 ROTATION DES PLANÈTES. [SeCt. IX. ]
autour d’axes qui restent presque parallèles à eux-mêmes* dans tous les points de leur orbite, et avec des vitesses angulaires sensiblement uniformes*. Quoique l’uniformité du sens de leur rotation soit une circonstance dont on n’ait pu se rendre compte encore, il est impossible, en considérant cette loi générale en vertu de laquelle chaque partie concourt et contribue à la perfection de l’cnseinble, de supposer qu’une coïncidence si remarquable puisse être accidentelle. Et comme les révolutions des planètes et des satellites s’accomplissent aussi de l’ouest à l’est, il est évident que le sens des rotations et révolutions de tous ces corps doit son origine à la cause primitive qui adéterminé les mouvemens planétaires. Laplace a calculé qu’il y a une probabilité de quatre millions contre un , que tous les mouvemens des planètes, soit de rotation, soit de révolution, ont été communiqués au même instant par une cause primitive commune, mais dont nous ignorons la nature et l’époque. La rotation des grosses planètes s’accomplit dans de plus courtes périodes que celle de la terre et des petites planètes; conséquemment leur aplatissement est plus grand, et l’action du soleil et de leurs satellites occasione une nutation dans leurs axes, et une précession de leurs équinoxes 3, semblable à celle qui a lieu dans le sphéroïde terrestre, par suite de l’attractiou du soleil et de la lune sur la matière qui forme le renflement de l’équateur. Jupiter ne met pas tout-à-fait dix heures à accomplir son mouvement de rotation autour d’un axe perpendiculaire à certaines bandes sombres qui traversent toujours son équateur. Cette rapidité de rotation occasione un très grand aplatissement dans sa forme. Son axe équatorial surpasse son axe polaire
• , de 6000 milles (2173 lieues environ), tandis que ceux
* de la terre ne diffèrent entre eux que de 26’ milles envi-
» Note i3i. — ■ Note i3a. — 3 Note i3o.
[SeCt. IX. ] SATURNE ET SES ANNBAUX.
ron (10 lieues à peu près). Les corps célestes, eu se mouvant plus lentement à mesure qu’ils sont plus éloigués du soleil, offrent une conséquence évidente de cette loi de Képler, que les carrés des temps périodiques des planètes sont comme les cubes des grands axes de leurs orbites. En comparant les périodes des révolutions de Jupiter et de Saturne aux temps de leur rotation, il parait qu’une année de Jupiter contient à peu près 10,000 de ses jours, et celle de Saturne environ 3o,ooo jours saturniens.
L’apparence de Saturne est unique dans le système du monde. C’est un sphéroïde mille fois environ plus gros que la terre, entouré d’un anneau plus brillant que le corps même de la planète. Cet anneau, qui reste toujours suspendu dans le plan de l’équateur de Saturne, est double, et consiste en deux anneaux concentriques, séparés par une bande obscure. La distance moyenne de la partie intérieure de ce double anneau à la surface de la planète est de 22,240 milles environ (8o54 lieues à peu près); il n’a pas moins de33,36o milles (12,080 lieues environ) de largeur; et d’après l’estimation de sir John Herschel, il ne doit en avoir guère plus de 100 (36 lieues environ) d’épaisseur, de sorte qu’il parait un plan. D’après les lois de la mécanique, il est impossible que ce corps puisse se maintenir dans sa position par l’adhésion de ses particules seulement; il doit nécessairement tourner avec une vitesse qui produise une force centrifuge suffisante pour balancer l’attraction de Saturne. L’observation confirme la vérité de ces principes, en montrant que les anneaux tournent autour de la planète en dix heures et demie, ce qui est considérablement moindre que le temps qu’un satellite , placé à la meme distance, mettrait à accomplir sa révolution autour de cette planète. Leur plan est incliné sur l’écliptique, d'un angle de 28° 3</ 4^// j et c’est en raison de cette obliquité de position qu’ils nous paraissent toujours elliptiques;