ANNEAUX PE SATURNE
[Sect. IX. ]
mais l’obliquité d’aspect qu’ils offrent varie au point de leur donner quelquefois l’apparence d’une ligne droite tirée en travers de la planète. Au commencement d’octobre 1882, le plan des anneaux passait par le centre de la terre; dans cette position, ils ne sont visibles qu’à l’aide d’instrumens très puissans, et présentent l’aspect d’un trait délié situé en travers du disque de Saturne. A peu près vers le milieu de décembre de la même année, ils devinrent invisibles avec des instrumens ordinaires, leur plan passant alors par le soleil. Vers la fin d’avril i833, ils disparurent une seconde fois, et reparurent en juin de la même année.
Il est à remarquer, comme résultat singulier de la théorie, que les anneaux ne pourraient pas conserver leur stabilité de rotation , s’ils étaient partout d’uniforme épaisseur; car la plus petite perturbation détruirait l’équilibre, dont l’altération allant toujours croissant , finirait par occasioner leur précipitation sur la surface de la planète. Les anneaux de Saturne doivent donc être des solides iiiéguliers, d’inégale largeur dans différentes parties de leui ciiconférence, de sorte que leurs centres de gravité ne coïncident pas avec leurs centres de figure. Le professeur Struve a aussi découvert que le centre de l’anneau ne coïncide pas avec le centre de Saturne. L’intervalle qui sépare le bord extérieur du globe de la planète, du bord extérieur de l’anneau, est de 1 1^,073 d’un coté, et de 1 1^,288 de l’autre; de sorte que l’excentricité du globe par rapport à l’anneau est de 0^,215. Si les anneaux obéissaient à des forces diverses, ils ne resteraient pas dans le même plan, mais la puissante attraction de Saturne les maintient toujours, ainsi que ses satellites, dans le plan de son équateur. Par suite de leur action mutuelle et de celle du soleil et des satellites, les anneaux doivent osciller autour du centre de Saturne, et produire des phénomènes de lumière
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et d'ombre dont les périodes s'étendent à plusieurs années.
Les périodes de rotation de la lune et des autres satellites sont égales aux temps de leurs révolutions ; conséquemment ces corps présentent toujours la même face à leurs planètes. Cependant, comme le mouvement moyen de la lune est sujet à une inégalité séculaire qui finirait par s’élever à plusieurs circonférences ’, si la rotation de la lune était parfaitement uniforme, et non affectée par les mêmes inégalités , elle cesserait de contrebalancer exactement le mouvement de révolution; et la lune, par la suite des siècles, découvrirait successivement et graduellement à la terre chaque point de sa surface. Mais la théorie prouve que cela ne pourra jamais arriver ; car, bien que la rotation de la lune ne participe pas aux inégalités périodiques de sa révolution, elle est affectée par les mêmes variations séculaires, de sorte que ses mouvemens de rotation et de révolution autour de la terre se contrebalanceront toujours, et resteront égaux. Cette circonstance provient de la forme du sphéroïde lunaire, qui a trois axes principaux de différentes longueurs, à angles droits les uns avec les autres.
La lune est aplatie vers ses pôles par l’effet de la force centrifuge; conséquemment son axe polaire est le plus petit. Les deux autres sont dans le plan de son équateur, mais celui qui se dirige vers la terre est le plus grand1. L’attraction de la terre, comme si elle avait alongé cette partie de l’équateur lunaire, amène constamment le grand axe, et par conséquent le même hémisphère vers nous, ce qui fait participer sa rotation aux variations séculaires de son mouvement moyen de révolution. Si même, dès l’origine du mouvement de la lune, les vitesses angulaires de rotation et de révolution n’avaient pas été balancées avec la