‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 33 sur 112 · NUTATION · texte numérisé non relu

NUTATION

[Sect.xi.]

à la terre. Le docteur Bradley découvrit que par cette action la lune fait décrire au pôle de l’équateur une petite ellipse dans les cieux, dont les diamètres sont de i8",5, et de 13^,74 '» le plus grand de ces deux diamètres se dirige vers les pôles de l’écliptique. La période de cette inégalité est de dix-neuf ans environ, — temps employé par les nœuds de l’orbite lunaire pour accomplir une révolution. Le soleil occasione dans la forme de cette ellipse une petite varia* lion qui accomplit sa période en une demi-année. Exerçant leur influence sur la terre tout entière, ces mouvemens affectent la position de son axe de rotation par rapport à la région des étoiles, sans toutefois l’affecter en aucune façon par rapport à sa surface ; car, en vertu de la précession seule, le pôle de l’équateur se meut suivant un cercle qu’il décrit autour du pôle de l’écliptique en 25,8G8 ans, tandis que la nutation seule lui fait décrire dans les cieux, tous les dix-neuf ans, une petite ellipse, de chaque côté de laquelle il s’écarte tous les six mois, par suite de l’action du soleil. La courbe réelle tracée dans le ciel par le prolongement imaginaire de l’axe terrestre, se trouve résulter ainsi de ces trois mouvemens1. Cette nutation dans l’axe de la terre affecte la précession et l’obliquité de petites variations périodiques; mais, par suite de la variation séculaire qui s’opère dans la position de l’orbite terrestre, et qui est due principalement à l’action perturbatrice de Ju- P'ter sur la terre, l’obliquité de l’écliptique diminue annuOlemcnt , selon M. Bessel, de Dans la suite des

sièclb cette variation peut s’élever à io ou 1 1 degrés; mais l’obliq-ité de l’écliptique , par rapport à l’équateur, ne peut jamais v-;er je pius ,je 2o /^ou 3°, l’équateur suivant en quelque Svte je mouvement de l’écliptique.

Il est éviSt

que les places de tous les corps célestes sont

• Note 1 39.

• 08 BFFETS DE LA NUTATION. [ Sect. XI. J

affectées par la précession et la nutation. Leurs longitudes, comptées du point de l’équinoxe, se trouvent augmentées par la précession ; mais comme ce phénomène affecte tous les corps également , il s’ensuit qu’il n’occasione aucun changementdans leurs positions relatives. Les latitudes et les longitudes célestes éprouvent quelques légers dérangemens par l’effet de la nutation ; et de là il résulte que toutes les observations doivent être corrigées. Parsuile de ce mouvement réel de l’axe de la terre, l’étoile polaire qui fait partie de la constellation de la Petite-Ourse, et qui autrefois était à n° du pôle céleste, n’en est plus aujourd’hui qu’à i°

Elle continuera à s’en rapprocher, jusqu’à ce qu’ayant atteint son maximum de proximité, elle n’en soit plus qu’à un demi-degré; une fois arrivée à ce point, elle s’éloignera du pôle peu à peu, et au bout de 12,000 ans, l’étoile a de la Lyre se trouvant à 5° du pôle céleste, deviendra l’étoile polaire de l’hémisphère nord.

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