‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 67 sur 112 · LV · texte numérisé non relu

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[Secf. xxv.] cHalèeé Intérieure delà terre. iV!

devait être de i6 (o°,555 cenlig.) environ, par 4o ou 5o pieds ( il ou i5 mètres à peu près), ce qui s’accorde avec les observations de MM. Marcel et de La Rive.

Par suite de la mobilité des fluides, en vertu de laquelle les masses les plus froides tombent au fond des mers, tandis que les plus chaudes s’élèvent à leur surface, l’on ne peut guère s’attendre à trouver dans la température de l'Océan un moyen de déterminer la chaleur intérieure de la terre. D’après un grand nombre d’observations, il parait néanmoins qu’entre les tropiques, la température de la mer décroît avec la profondeur; taudis qu’au contraire, tous les navigateurs qui voyagent dans les mers polaires remarquent que la température y augmente avec la profondeur. C’est vers le 70“ parallèle de latitude qu’a lieu ce changement.

S’il est vrai que la température terrestre augmente dans le rapport de i° ( o°,555 centig. ) par 5o pieds ( i5 mètres environ), les substances les plus dures doivent être dans un état de lusion à la profondeur de 200 milles ( 72 lieues environ ), et dans ce cas tout notre globe doit consister en une masse liquide incandescente, de 7,600 milles ( 2,752 lieues environ ) de diamètre, renfermée dans une enveloppe très mince de matière solide; car , qu’est-ce que 200 milles (12 lieues environ), comparativement à la grosseur de la terre? La forme de la terre, soit qu’elle ait été déterminée d’après les observations du pendule et la mesure des arcs du méridien, ou d’après les mouvemens de la lune, semble indiquer un état de fluidité primitif, suivi d’une solidification de la surface due au refroidissement occasionné par le rayonnement; toutefois, il est impossible de prononcer avec certitude sur l’état primitif de notre planète, et sur l’uniformité de la loi d’accroissement de la température, à des profon-

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298 CHALEUR INTERIEURE DE LA TERRE. [SeCt. XXV.]

deurs plus grandes que celles auxquelles l’homme a pu parvenir jusqu’ici. Quoi qu’il en soit, la fluidité intérieure n’est pas incompatible avec l'état actuel de la surface du globe , la matière terrestre étant aussi mauvais conducteur du calorique que la lave, qui souvent conserve sa chaleur ( quoiqu'il une profondeur très petite ), des années entières, après que la surface est refroidie. Du reste, quel qu’ait pu être, à l’origine, le rayonnement de la terre, toujours est-il certain qu’aujourd’hui il s’opère avec une lenteur excessive : M. Fourier a calculé que la chaleur centrale ne décroît par voie de rayonnement que d’environ la 3o,ooo* partie d’une seconde par siècle. S’il ep est ainsi, nul doute qu’un jour celte chaleur finira par se trour ver dissipée entièrement; mais il importe peu à l’existence animale et végétale que le centre de notre planète soit deglaçç ou de feu, puisque la température du centre u’exerçe aucune influence sensible sur celle de la surface. Ne voit-on pas eu effet que la chaleur centrale ne communique pas même assez de chaleur à la surface du globe pour faire fondre la neige des pôles , quoique ces points soient plus rapprochés du centre qu’aucun autre?

Le grand nombre de volcans en activité, et la vaste étendue qu’ils occupent sur la surface du globe, est encore une cause de chaleur qu’on ne doit pas passer sous silence.

La chaîne des Andes qui s’étend du Chili au nord du Mexique , et probablement depuis le cap Horn jusqu’à la Californie, ou même jusqu’à la Nouvelle-Madrid, dans les Etats-Unis, est une vaste région enflammée, comprenant, d’une part, la mer des Caraïbes et les îles des Antilles, et s’étendant, de l’autre, à travers l’océan Pacifique, en passant par l’Archipel polynésien, les nouvelles Hébrides, les îles Géorgiennes et celles des Amis. Une autre chaîne, qui commence aux îles Aleütiennes, s’étend jusqu’au

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