‹ De la connexion des sciences physiques, ou Expose simple et rapide de tous les principaux phenomenes astronomiques, physiques, chimiques, geologiques et meteorologiques accompagne des decouvertes et experiences le plus remarquables des savans modernes, tant francais qu'etrangersChapitre 69 sur 112 · IC · texte numérisé non relu

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îifKt VOLCANS. [Sect. \\v.]

Vaccideril arrive à Sir Slamford Raffles, qui était alors gouverneur de Java. Cette éruption commença le 5 avril , et ne cessa entièrement que vers juillet. Le sol fut ébranlé sur une étendue de r,ooo milles anglais ( 36a lieues environ ) de circonférence; les secousses se firent sentir à Java , aux Moluques , dans une grande partie de Célèbes , de Sumatra , et de Bornéo. Les détonations s’entendirent à Sumatra , à la distance de 970 milles géographiques (4o4 lieues environ) en ligne droite; et à Ternate , distant de 79.0 milles ( 3oo lieues^ , dans la direction opposée. Les tourbillons les plus violens enlevaient les hommes et le bétail; et à l’exception de vingt-six personnes, la population entière de File, s’élevant à 1 ‘2,000 Ames, fut détruite. Des cendres furent emportées jusqu’à Java, à la distance de 3oo milles , ( 108 lieues environ ) et en quantité telle, que durant le jour l’obscurité était plus grande que dans les nuits les plus sombres. J,a face du pays se trouva entièrement changée, tant par les courans de lave, que par le soulèvement et la dépression du sol. La ville de Tomboro fut submergée, et l’eau demeura à la profondeur de 18 pieds (5‘ mètres environ ), dans des endroits qui auparavant étaient terre ferme. Les vaisseaux se trouvant à sec, là où ils avaient jeté l’ancre, ■ pouvaient à peine se frayer un passage à travers les masses de fraisil qui flottaient sur la mer à la distance de plusieurs milles, et à la profondeur de deux pieds ( 6 décimètres environ ).

I rne catastrophe du même genre, mais moins considérable, eut lieu en 1808, dans File de Rali : on n’en eut connaissance en Europe que plusieurs années après. Certains volcans, que l’on supposait éteints, ont quelquefois éclaté tout d’un coup avec une violence inconcevable. Témoin le Vésuve, dans les temps anciens, et le volcan de File Saint- Vincent, qui de nos jours fit explosion, bien que depuis long-temps son cratère fût couvert de gros arbres, et que, de

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mémoire d'homme, il n’cût pas donné le moindre signe d’activité. Il existe de vastes étendues de terrain , d'origine volcanique, où, depuis des siècles, les volcans ont cessé d'exister. De tout cela il faut conclure, que dans certains lieux les feux souterrains sont dans un état d’activité extrêmement intense; quedans d’autres ils sont inerles;ct qu’ailleurs enfin, ils paraissent éteiuls. Cependant, il est peu de pays qui ne soient sujets à des trembleinens de terre plus ou moins considérables ; les secousses s'en propagent à des distances telles , que, semblables à des ondes sonores, il est impossible de dire en quel point elles prennent naissance. Ces secousses sont quelquefois d’une force terrible, ainsi que plusieurs exemples récens en fournissent la preuve. En 1 8'22, lin tremblement de terre si violent se fit sentir dans l’Amérique du Sud, qu’une surface de 100,000 milles- ( 36,000 lieues environ ) carrés, c’est-à-dire, une étendue égale à la moitié de la France, se trouva soulevée de plusieurs pieds au-dessus de son ancien niveau. Les Transactions oj the Geological Society contiennent un récit très intéressant de cet événement, fourni par Mrs. Grahain , aujourd'hui Mrs. Callcott , qui resta dans le pays tout le temps que dura ce tremblement de terre formidable. Il se fil sentir pendant plus de deux mois, sinon d'une manière constante, du moins en se renouvelant très souvent. Mrs. Callcott, que l’auteur s’honore de compter au nombre de ses amis, fut à même , par ses connais-

sances , d’apprécier convenablement ce phénomène , dont elle eut occasion d’observer les effets sous les circonstances les plus favorables, tant a Valparaiso, que le long de la côte, sur une étendue de plusieurs milles, où il se manifesta avec le plus d’intensité. En 1819, une langue de terre s’étendant à travers le Delta de l’Indus sur une longueur de 5o milles ( 18 lieues environ) et une largeur de 16 pieds ( 4'“, y euviron ) , fut soulevés

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30*2 , • THÉORIES DES VOLCANS. [Sect. XXV.]

de IO pieds ( 3m, o5 environ ) au-dessus du niveau de la plaine. Le récit de cet évènement merveilleux ne parvint en Europe que l’année passée : c’est au capitaine Burnes que l’on en doit les détails. Nous renvoyons le lecteur à l’excellent ouvrage géologique déjà cité, de Mr. Lvell , pour de plus amples détails sur les phénomènes et les effets produits par les volcans et les tremblemens de terre. Nous ajouterons seulement que des trembletnens de terre sans nombre ébranlent de temps à autre l’enveloppe solide du globe, et portent la destruction jusques en des régions éloignées, accomplissant ainsi progressivement, quoique très lentement, le grand œuvre du changement. Ces terribles agens de ruine, quelque incertains, et quelque irréguliers qu’ils paraissent, doivent cependant, comme tout phénomène durable, être soumis à une loi, que l’observation finira peut-être un jour par nous faire découvrir.

L’on a attribué à trois causes différentes I’enVeloppe de feu volcanique qui entoure le globe, à une petite profondeur au-dessous de sa surface. Quelques uns ont supposé qu’elle provenait d’un océan de matières incandescentes existant encore dans les abimes du centre de la terre. D’autres , au contraire, ont pensé qu’elle n’était que superfieielle , et devait être attribuée à une certaine action chimique s’exerçant dans des couches terrestres situées à une profondeur très petite, comparativement au diamètre du globe. Cerne qui partagent cette opinion, la trouvent d’autant plus probable, que ces couches sont, suivant eux, comme un immense laboratoire, où s’opèrent sans cesse de nouvelles combinaisons, susceptibles par un développement rapide, de donner naissance à un énorme dégagement de chaleur. Suivant d’autres enfin, l’électricité, ce fluide si répandu sur la terre sous toutes les formes possibles, est , sinon la cause immédiate des phénomènes volcaniques, du moins

jjSeCt. XXV.] CHALEUR SUPERFICIELLE. 305

la cause déterminante des affinités chimiques qui les produisent. Il est tout naturel qu’un sujet environné de tant de mystère, donne lieu à de nombreuses théories; et que chaque hypothèse qui résulte de ces théories se trouve accompagnée de difficultés qu’il n’appartient qu’à l’observation de surmonter. Mais quelle que soit la cause à laquelle on puisse définitivement attribuer l’accroissement de chaleur du globe , et l’exi6tence des feux souterrains , toujours est-il certain, qu’à part un petit nombre de cas qui proviennent de circonstances locales, ils n’exercent aucun effet sensible sur la température de la surface. De là, il est permis de conclure, qu’au-dessus de la zone de température invariable, la chaleur de la terre est due entièrement au soleil.

Le pouvoir des rayons solaires dépend en grande partie de la manière dont ils tombent, ainsi qu’il est facile d’en juger d’après les divers climats du globe. En hiver, la terre est plus près du soleil, d’un 3oe environ qu’en été, mais les rayons solaires frappent l’hémisphère nord plus obliquement en hiver que durant l’autre moitié de l’année.

D’après une suite d’observations des plus ingénieuses qu’il a faites lui-même, M. Pouillet a calculé que la somme totale de chaleur que la terre reçoit annuellement du soleil, est égale à celle qu'il faudrait pour fondre une couche de glace de 46 pieds ( 14 mètres environ ) d’épaisseur, qui entourerait le globe de toutes parts. Une partie de celte chaleur est, renvoyée dans l’espace par le rayon • uement; mais une autre partie, infiniment plus considérable, pénètre durant l’été, dans l’intérieur de la terre , jusqu’à la zone de température uniforme ; de là elle revient pendant l'hiver à la surface, et tempère par son passage, le froid du sol et de l’atmosphère qu’elle traverse, pour se rendre aux régions élhérées, où elle pe perd, ou pour mieux dire, où elle se combine avec 1« rayonnement des autres corps de. l’univers, pour main-

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