MÉTÉORITES
[Sect. xxxvi.]
a dépassé celui de la planète Cérès, dont le diamètre est d’environ 70 milles (a5 lieues). Le poids de celle que l’on vit passer à 26 milles (9 lieues) au-dessus de la terre a été évalué à 600,000 tonneaux environ, et sa vitesse à 20 milles à peu près (7^ lieues environ) par seconde. Un fragment seulement de ce corps parvint jusqu’à la terre. L’obliquité de la ligne de descente des météorites, les substances dont elles sont composées , et l’explosion qui accompagne leur chute, sont autant de preuves que ces corps sont étrangers à notre système. On a quelquefois aperçu des points lumineux sur la partie obscure de la lune; ces phénomènes, entièrement indépendans des phases, ont été attribués à la lumière occasionée par l'éruption de quelque volcan, et de là , on a supposé que les météorites pouvaient être des corps détachés de la lune et lancés sur la terre par suite des éruptions volcaniques lunaires. On a même calculé qu’une pierre, projetée de la lune avec une vitesse initiale de 10,992 pieds (3,35om environ) par seconde (vitesse qui n’est guère supérieure à quatre fois celle d’un boulet au moment où il sort de la bouche du canon), parviendrait dans la sphère d’attraction de la terre, et tournerait autour d’elle, à la manière d’un satellite, au lieu de retomber à la surface de la lune par l’clTet de la pesanteur. Du reste, que ces corps soient poussés par la force d’une impulsion primitive, ou par l’action troublante du soleil, toujours cst-il que, tôt ou tard, ils pourront pénétrer dans l’atmosphère de la terre, et arriver jusqu’à sa surface. Toutefois, l’hypothèse la plus probable est que ce sont des astéroïdes détournés de leur marche autour du soleil par quelques force perturbatrice. Quoi qu’il en soit, d’ailleurs, la conformité, — nous avons presque dit l’identité — de leur com position chimique doit les faire rapporter à une origine commune.