VITESSE. SIMPLICITE DE LA LOI DE SOK ACTION. INDÉPEN
DANCE DE LA GRAVITATION PAR RAPPORT A LA GRANDEUR ET R LA DISTANCE DES CORPS SUR LESQUELS ELLE S’EXERCE, ET PAR RATrORT AUSSI A L’INTERVENTION DE TOUTE ESPECE DE SUB- [ STANCES. INTENSITÉ CONSTANTE DE SON ACTION. LOIS GÉ- NÉRALES. RÉCAPITULATION ET CONCLUSION.
La quantité de matière connue est bien petite comparativement à l’immensité de l’espace. Quelque grands que soient les corps qui peuplent l’univers, les distances qui les séparent sont incommensurablement plus grandes;, mais, comme au milieu des merveilles sans nombre de la création, il est impossible de méconnaître la sagesse infL nie de celui qui en est l’auteur, on doit naturellement supposer qu’une main aussi sure n’a pas placé au hasard les nombreux systèmes de l'univers, et que s’ils étaient plus rapprochés les uns des autres, leurs perturbations mutuelles ne pourraient s’accorder ni avec l’harmonie ni avec la stabilité de l’ensemble. Nous savons, de manière à n’en pouvoir douter, que l’espace n’est pas rempli d’air atmosphérique, car depuis long-temps sa résistance aurait altéré la vitesse des planètes; d’un autre côté, nous ne pouvons pas dire non plus que cet espace soit vide, puisqu’il semble rempli d’éther, et qu’il est traversé en tous sens par la lumière, la chaleur, la gravitation, et peut-être même encore par d’autres agens dont nous n’avons aucune idée.
Quelles que puissent être les lois dont l’etnpire s’exerce
[ SeCt. XXXVII.] GRAVITATION.
sur les régions les plus éloignées de la création , toujours au moins sommes-nous certains qu’une puissance unique règle non seulement les mouvemens du système dont notre globe fait partie, mais ceux aussi des systèmes binaires des étoiles fixes; et comme les lois générales forment le dernier objet îles recherches philosophiques, nous ne pouvons terminer ces remarques sans nous arrêter à la considération de la nature de la gravitation, — cette force extraordinaire, dont nous avons essayé de découvrir les effets à travers les détours sinueux où il est quelquefois si difficile de les suivre. On avait, dans un temps, imaginé que l’accélération du mouvement moyen de la lune était occasionée parla transmission successive de la gravitation. Depuis, il a été reconnu que pour produire un tel effet, la vitesse de cette force devait être environ 5o, 000,000 de fois plus grande que celle de la lumière qui parcourt 200,000 milles (70,000 lieues') par seconde. Son action peut donc , même à la distance du soleil, être considérée comme spontanée. Cependant, telle est la distance énorme des étoiles fixes, qu’il est permis de mettre en doute si le soleil exerce, à leur égard, quelque influence sensible, même sur les plus rapprochées d’entre elles.
Les courbes dans lesquelles se meuvent les corps célestes en vertu de la gravitation, ne sont que des lignes du second ordre. L’attraction des sphéroïdes serait beaucoup plus compliquée si elle s’exercait suivant toute autre loi que celle de la gra\itation; et comine il est facile de prouver que la matière pourrait avoir été mise en mouvement par une infinité d’autres lois, il faut conclure du choix que la sagesse divine a fait de la gravitation, que cette force est la plus simple et la plus propre à maintenir la stabilité des mouvemens célestes.
La simplicité des lois de la nature, qui n’admettent quel’observation et la comparaison des rapports, doDiie cc ré-
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