‹ De la conqueste de ConstantinobleChapitre 13 sur 110 · ENVOI · texte numérisé non relu

ENVOI

Contesse, suer vostre pris souverain ', Vous saut et gart cil à qui je m'enclain ,

Et por qui je suis pris ; Je ne dis pas de celé de Chartain ,

La mère Loéis.

Il me semble qu'après avoir lu ces vers touchans , on sera disposé à quelque indulgence pour les barons françois qui se croisèrent à Ecri en 1 198 , quand même ils ne l'eussent fait que pour éviter la colère du roi Philippe-Auguste.

S- vin.

Ligne a. Por savoir quant il mouveroient. Cette incertitude sur le temps du départ confirme assez bien les motifs purement politiques que l'on assignoit à là prise de croix. Le point important pour les barons françois étoit d'opposer à la vengeance de Philippe- Auguste le manteau du croisé ; tout le reste étoit d'un intérêt secondaire. Aussi furent-ils long-temps avant de se décider à partir, et Quénes de Béthune le leur a vivement reproché dans une chanson insérée au Romancero françois, page g5. Voyez aussi la note de Du Cange sur les difficultés réelles de la traversée, page 262.

Ligne 5. Encore deniers assez. Variante : Assez gens croisié.

Ligne 6. A Compiegne. Variante du n° 455 a En Champaigne.

' Conteste suer, C'est Marie de France, comtesse de Champagne, fille de Louis VII et d'Alienor, mère de Richard. Marie gouvernoit la Champagne en l'absence de son mari croisé. — "Voici la traduction complète de cet enroi : « Ma « sceur la comtesse , puisse le Dien , à la volonté duquel je me soumets , et pour •> lequel je suis pris , tous conserver vos honneurs et votre terre ; je ne forme pas « ces vœux là pour la comtesse de Chartres, la mère de Louis. » Ce passage prouve que Richard croyoit alors avoir à se plaindre d'Alix, sorar de Marie de France et alors veuve de Thibaud V, comte de Btois et de Chartres.

a46 NOTES.

S- ix.

Ce paragraphe témoigne clairement que les trois chefs de l'entreprise étoient d'abord le comte de Champagne , pais le comte de Flandre , puis le comte de Blois. Et , sans doute , si le Champenois eût vécu, les croisés, après la conquête, l'auroient élu empereur de Constantinople , comme le prunus inter pares.

Ligne 3. Chartes pendant. Variante : Lor lettres overtes. Jacques de Guise, dans son Histoire des princes du Hajrnaut, traduit ce passage par « litteras' sîgillatas. » Pendons , c'est-à-dire auxquelles pendoient les sceaux des barons , principaux chefs de la croisade.

Ligne 5. Et s'acordèrent entr*aus à ce qu'il se trairoient enpers Venise, que là cuidoient-il , etc. C'est-à-dire, « Ils convinrent « entre eux qu'ils se dirîgeroient vers Venise, parce que là penaoiemV « ils , etc. » La deuxième Continuation de Guillaume de Tyr renfermée dans le Ms. 83 1 6, raconte la chose autrement et sans doute avec moins d'exactitude ; car qui pouvoit mieux être instruit de la vérité que notre Villehardouin ? « Quant li baron de France.... « parlèrent ensemble, il prirent conseil de foire une estoire pour m eaus mener. Conseil lor aporta que il envolassent en Venise , et « que il feissent venir des Véniciens en France pour faire marchié <t à eaus de faire estoire. Quant li Vénicien furent en France, si « s'asemblèrent tuit li baron à Corbueil , et li Vénicien ausi. Là m « li marchais fais des nés et des galères , et des oissiers pour les « chevaus porter à estre ou service des croisiés dui ans , là où il les « vaudraient mener par mer.... » (Fol. 362.)

§. xi.

Ligne 5. Ce que nous direz de par aus etferés, et il tendront fermement. Les éditions portent , au lieu de cela : Ce que vos noz direz, et tenons ferme ce que vos jerez. Le doge de Venise ne pou-

voit , dès la première entrevue, parier ainsi. J'ai donc préféré la leçon du n* 687, Supplément français.

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