S- XII
Ligne 8. Nule gent n'ont si grant pooir par mer comme vous avis. C'est la leçon du n° 687. Le n° 455 porte : Por chou k'il sauvent que nulles gens n'ont si grant pooir oVaus aidier comme vous et li vostre. Elle vaut également mieux que la leçon des précédentes éditions : Porce que il savent que nule genz n f ont si grant pooir corne vos et la vostre gent. Des barons français ne pouvoient s'exprimer ainsi.
S- xiv.
Ligne i. Vaissiaus. Variantes : n* 9644» «wiieiv; — n° 7974 > et 687 Supplément, vessiax; — n° 207, Supplément 9 vaissieaulx; — n° 455 Supplément, et 84 Saint-Germain (Histoire générale') f vaissiaus.
On voit qu'un seul manuscrit et le plus corrompu de tous , porte wissiers, comme dans toutes les éditions précédentes. Je ne pouvois donc m'en rapporter à lui , quoique peut-être le meilleur ; et j'ai par conséquent de la peine à admettre complètement le sens donné par Du Cange et dom Brial au mot de wissier, « espèce de bateau « destiné au transport des chevaux. » Même d'après les autorités que Du Cange cite à l'appui de son opinion, le sens du mot ««** siers ou huissiers n'auroit été différent de celui de nefs que par la capacité plus grande des premiers , laquelle leur permettait de transporter non seulement les hommes , mais toute leur fourniture, leurs chevaux, leurs vivres, etc. Quoi qu'il en soit, l'étymologie proposée par Du Cange et admise par D. Brial n'en est pas moins bonne ; c'est en effet parce qu'il» avoient sur le coté une ouverture ou porte qu'ils ont pris ce nom. On a dit d'abord nefs vissiéres, puis vissiers tout simplement. Voici comment s'exprime Godefroi, moine de Saint-Pantaleon de Cologne y sous l'an taa4 ' < Dominos « imperator quinquaginta naves fecit mbricari , qu» Usserie nuncu-»
« pautur, quorum magnitudo tarUœ capaciuuis état , ut duo millia m militum cum dexterariîs suis , et omnium armorum. suorum per- « tinentiis , et prseterea decem millia aliorum hominum valentium « ad pugnam et ad bella , cum armis suis in eisdem usseriis va- « leant transferri. » (Cité par Du Gange, p. 263.)
Ligne 2. Quatre mille et cinq cens chevaus. Les éditions précédentes ajoutent tout de suite et neuf mille escuyers; mais c'est une transposition du Ms. n°9644* Le n° 7974 porte : « Nous ferons ves- « siax à porter quatre mille et sis cens chevaus , neuf mille escuiés , « quatre mille chevaliers , et sis cens et vint mille serjans à pié. ■ Cette leçon étoit moins mauvaise , parce qu'elle ne distinguoit pas les vessiax des nés; mais, d'après. la leçon suivie par D. Brial, il semblerait que les écuyers fussent employés au services des chevaux. Or, leur nombre excédant du double celui des chevaux rend absurde cette supposition. J'ai établi le texte de ce passage sur les trois manuscrits du Supplément françois, n 0fl 207, 4^5 et 687. Toutefois, ce dernier et le manuscrit de Saint-Germain {Histoire générale) portent seulement deux mille écuyers; mais la récapitulation des marcs d'argent exigés par les Vénitiens prouve qu'il faut lire neuf mille.