XLIV
Ligne i • Li evesques de Havestack, et li quens Bertous de 7%as-
celene en Tosces, Garniers de Bolande Rogiers de Suitres
Horris de Tkone. C'est la leçon des Mss. 207 et 455 Supplément françois. Variantes : n° g644> Li écesques de Havestat et li cuens Boitons de Chas sentie et de Boghe, Gantier de Borlande...» Rogiers de Suùtre.... Olris de Tone; — n° 7974» Vévesque de Avestach et li quens Bertons de Chasielaine Amboge. Garnier de Borlande — Rogier de Suitre.... Orris de Tome; — n° 687 Supplément fran—
<^ms : Le vesque de Honestach et li quens de Serions en Taissenele en Thoches , Garnier de Rolande.... Rogier de Sutre, fforris de Cône. La deuxième continuation de Guillaume de Tyr porte : L'évesque de Havestac, Bertous li quens de Kassenelebourc , Garnier de Bolande.... Rogiers de Suitre
Les véritables noms sont : Vévéque de Halberstadt, ville de la Basse-Saxe. — - Bertous de Catzenelbogcn , Garnier de Beaulande , et sans doute Rogiers de Suitre s.
Ligne 9. Li escu furent pourtendu es chastiaus et tout environ les nés, sidrecièrent les banières dont il avoit moult de bêles. Variantes : Ms. g644 7 & escu forent por tendu environ des bords et des chaldeals des nés et les banières. ... — Ms. 7974 » • • • • environ des bors et des chastiax des nés.... — Mss. 207 et 455 Supplément François, Et li escu furent pourfendus environ et es chastieaus des nés, et les banières.... J'ai suivi le n° 687. Par chastiaus, il faut entendre Ici les tours de bois dressées sur chaque vaisseau ; ce qui n'empéchoit pas que l'extrémité circulaire des bords du même bâtiment ne fut encore ordinairement crénelée. On attachoit les écus des barons soit au-dessus de ces créneaux , soit dans l'intervalle qui les séparait l'un de l'autre , soit enfin sur les châteaux. Il est probable qu'on les appuyoit aussi sur le bois des bannières que l'on élevoit au-dessus d'eux en forme de trophée. Défendus par ce nouveau retranchement, les guerriers dirigeoient leurs flèches et disposoient leurs machines de guerre sans demeurer à la merci de leurs adversaires. Une pierre ou bien un dard pouvoient renverser l'écu, mais on en étoit quitte pour tomber sous lui et bientôt le replacer comme devant.
Je ne pense pas que sur chacun de ces écus fussent encore figurées les armoiries du baron auquel il appaftenoit ; on ne sentoit la nécessité de les peindre que sur les bannières. Ou , s'il en étoit autrement , les écus, beaucoup plus nombreux et appartenant aux chevaliers du second ordre, n'offraient que le blason du chevalier faanneret. Car il ne faut pas l'oublier si Ton veut bien comprendre
l'origine des armoiries, elles n'étaient pas destinées à flatter l'orgueil des individus, mais à servir de point de réunion dans les armées. Le baron féodal , revêtu d'une autorité analogue à celle de nos colonels , avoit seul besoin d'employer un signe de ralliement et de frire entendre un cri de guerre. Au milieu d'une mêlée générale , le sire de Châtillon étoit-il désarçonné? le cri Chat i lion! Châùllon! avertissoit les chevaliers de ses terres ou de sa maison d'abandonner leur proie pour courir à son secours, le replacer sur son cheval ou lui en offrir un autre. Mais si tout étoit désespéré et qu'il n'y eut plus d'autre espérance de salut que la fuite, le sire de Châtillon ordonnoit à son porte-bcuinièr* de la replier, pour ne pas être en aide aux poursuivant. C'est ainsi qu'a la bataille de Bovines, « quant l'empereur Othon vit que tout estoit tourné à gast , si « fiât sa banière laissier chéoir, et tourna ses riesnes et s'enfui. » (Chronique de Reims, Msc. de Sorbonne). Mais de quelle utilité auroit été dans les combats la couleur ou l'émail d'un éeu? Il ne pouvoit que rappeler la bannière sous laquelle combattait le simple chevalier; il n'avoit donc encore rien de personnel.
Si ce que je viens d'indiquer a quelque fondement, on avouera que l'on a été singulièrement préoccupé quand on a rattaché l'origine des armoiries à celle des tournois et des fêtes chevaleresques. Ces tournois étoient l'image de la guerre; on n'a pas pris d'eux l'usage des bannières plutôt qu'on n'a pour la première fois imaginé de dessiner la figure humaine d'après sa représentation dans un miroir.