‹ De la conqueste de ConstantinobleChapitre 44 sur 110 · LXXV · texte numérisé non relu

LXXV

Ligne 20. Quennes dou Marchais. Les éditions imprimées, d'après le Ms. 9644? portent Eustaices le Marchis. Variantes : n° 7974 9 Huitace dou Marchais; n°* 4^3 et 207 Supplément français , Cuenes dou Markois; n° 687, Gannes dou Marchis.

La seconde continuation de Guillaume de Tyr, qui , pour ce qui touche à la prise de Constautinople, semble avoir consulté un témoin oculaire , raconte ainsi les premières escarmouches des croisés avec les Grecs :

« Or orent tant erré li pèlerin que il vindrent un samedi , à « quinze jour de mars, devant Gonstantinoble. Mais ne porent « entrer dedens le port , ains alèrent arriver d'autre part de sus la « Juiverie , près d'un lieu que l'en appelle la Rouge Abbéie. Là « arrivèrent li François , et prirent terre , et »'i ot mie grant con~ « tredit de ceaus de Constantinoble. Dont il advint que cil de la « ville , quant il virept l'ost venir, si vindrent à l'emperéour, si li « dirent : Sire , car is sommes hors ; si lor défendons Ventrée de a la terre. Li emperères dist que non , ains les lairroit arriver et m prendre terre; et quant il seroient herbergié, il feraient issir « toutes lespoutains de Gonstantinoble ; si les feroient monter desus <« une montaigne , qui estoit de celé part où il estoient herbergié : c« si pisseraient tant que il seroient tuit noie en lor escloi , et dist «t que de simil mort les feroit raorir. Je ne le vos di mie por voir* « mais ensi l'affermèrent aucunes gent. Quant ce vint l'enderaain « que nos gens furent arivé d'autre part de Gonstantinoble , si «c alèrent assaillir la tour de Galateas , si la prirent par force de « gent , et puis boutèrent le feu en la ville des Juis, et desconfirent « les Grifons qui estoient venu de Gonstantinoble à garantise de

a 7 8 NOTES.

« la tour. Quant lî Grestien orent le port à délivre peur entrer n en s , si firent les nés entrer ou port , et alèrent tout outre jusques u au chief , 4evant un chastel qui est devant Constantinoble , par « devers la terre , qui a non Blaquerne. Là estoit uns des manoirs « de l'emperaour, et là estoit-il le plus. Là entrèrent les nés près « de ce chastel , et li chevalier et li pèlerin , et se logièrent illuec, « et assegièrent de celé, part Constantinoble. Et il avoit derrière « aus une montaigne , où il avoit une abéie qui avoit non Buia- « mont , que il avoit garnie. Quant il orent illuecques esté une « pièce, si ordenèrent les batailles. » (Fol. 367.)

Ligne 21. D'un gambeson. Du Gange, Roquefort et tous les autres à la suite ont regardé le gambeson , gambison , vambison ou wamboison comme une cotte piquée qui se placoit sous la cuirasse , et servoit à garantir les membres nus du contact des armures métalliques. Jo suis d'un avis contraire ; le gambeson étoit une cotte de cuir ou de drap piqué , qui se mettoit sur la cotte de maille , ou sur le haubert , et qui descendoit jusques sur les cuisses. Les citations bien faites de ce root ne détruisent pas cette explication , et les vers suivans la confirment :

Gantiers s'arma, li vavassors gentis Vert un haubert qui fa fors et treslis ; De sor vesti un gambison faitis:

N'a si fort home en trestout le pais , Se il le porte un arpent et demi, Qu'il ne fust auques febloiés, je 1' vo$ di.

(Chanson de geste de G aides, Ms. 7337.']

Plus bas , dans la même chanson , la cuirie est encore le gambison :

Et Amanfrois si grant cop le (Gautier) feri Parmi l'escu, del roit espié burni, L'escu li perce; mais le haubert treslis N'empira-il vaillissant un espi , Car la cuirie qu'il ot le garanti.

NOTES. a 7 g

Il est certain que si les armes de fer exigeoieut une sorle de bourrelet , elles avoient également besoin d'être recouvertes d'une cotte piquée, qui amortit la violence des coups portés. Quennes dou Marchais n'avoit pas revêtu de haubert ; il étoit également dépourvu de la ventaille , lacée ordinairement par-devant , pour défendre le cou et le visage.

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