‹ De la conqueste de ConstantinobleChapitre 45 sur 110 · LXXVI · texte numérisé non relu

LXXVI

Ligne 7. Guillaume* d*Ogi. J¥° g644 : GuilUlme del Gi. N° 7974 s Guillaume de Jgi. N° 687 : Guillaume (FAngi. J'ai suivi la leçon des n°* 455 et 207.

Ligne 25. A une barbacane. Ce mot avoit le- sens de muraille extérieure ou avancée.

Ligne 26. Garnis d'Englois et Danois. Au temps de Vîllehardouin , le souvenir des anciens fVarenges ou Waregues étant à peu près perdu , l'on croyoit généralement en Europe que la milice impériale des Varenges étoit formé à y Angles ou Ànglois , et de Danois ; cette opinion étoit même établie long-temps avant le xm e siècle. Codinus, dans son livre de la Cour de Constantinople, remarque que les Barenges faisoient leur acclamation à l'empereur, dans leur propre langage , c'est-à-dire en anglois. Geoflrois Malaterre, dans Y Histoire de Robert Guiscart, en parlant d'eux, dit : Angli vero, quos Waringos appe liant. Enfin, ce qui est plus fort, Orderic Vital raconte qu'un grand nombre d'Ànglo-Saxons , ne voulant pas demeurer en Angleterre , sous la domination des Normands , s'étoient embarqués et s'étoient dirigés les uns vers leur ancienne patrie , les autres vers Gonstantinople ; que l'empereur Alexis avoit alors attaché ces derniers à la garde de sa personne , etc. Du Gange a très bien prouvé que ce récit d'Orderic Vital étoit surchargé de grossiers anachronismes ; il est d'ailleurs fort douteux qu'il y ait eu jamais un seul véritable Anglois attaché à la garde du corps de l'empereur de Constantinople.

a8o NOTES.

Les Warègues , qui prirent plus tard le nom de Russes , et qui subjuguèrent le vaste pays des Slaves, au ix* siècle, sortoient de la Scandinavie et des pays limitrophes. Sur la fin du x* siècle , le grand-duc de Moscovie Vladimir, se trouvant embarrassé de la milice des Warègues, permit, suivant le récit de Nestor, à ses chefs d'aller offrir leurs services à l'empereur de Conslantinople. Depuis ce temps , les Warègues , accueillis par les princes grecs, formèrent un corps militaire , dont on peut comparer les fonctions et l'importance aux régimens suisses de notre ancienne armée, ou bien aux janissaires de la Sublime Porte. Les écrivains grecs les nomment Varcnges , Barangues , ou Barangoins (B«jstVy«i); et peut-être notre mot baragouin est-il une importation des conquérons françois de Constantinople , lesquels ne purent jamais rien comprendre & la langue de ces anciens habitans du Danemarck *, Ce qui parott du moins certain , c'est que les Anglois et Danois de notre Villehardouin étaient bien le fameux corps de Barengues qui joue dans l'histoire du Bas-Empire un si grand rôje.

Page 1