LXXIX
Ligne 7. Et bien le tesmoigne Joffrois... quiceste œuvre traita et tout vit cela à tueil, etc. C'est la leçon du n° 687, Supplément françois, bien différente de celle que les éditeurs précédons ont suivie : Et ce tesmoigne Jqffrois... qui ceste ovrc tracta, de ce que plus de quarant li distrent por vérité que il virent, etc. Le premier continuateur de Guillaume de Tyr, qui adopte toutes les circonstances de ce récit, dit : « Et sachiez que Joifrois de Villehardouin , « mareschaus de Champaigne , et pluiseur autre tiesmoignect par « vérité ke li confanons saint March fii veus en une des tours. » (Fol. 188.)
1 Ce mot de baragouin, je le sais , est le triomphe des partisans do celtique breton. Bar*, disent -ils, signifie pain; gouin signifie vin, et baragouin s'est dit par allusion au* deux mots les pins usuel* de la langue bretonne. Je conserve des doutes.
NQTES. 281
Dans le reste du récit , le second continuateur diffère un peu de Villehardouin ; voici comme il raconte la prise de Gonstantinople :
m Ne demoura puis gaires que cil de Constantinoble alèrent à « l'eraperaour ; si li dirent : Sire, se tu ne nous délivres de ces « chiens qui ci nous ont assegiés , nous lor rendrons la cité. Et il « dist que il les deliverroit bien. Il manda ses chevaliers et lor « dist que il s'armaissent , et fist crier par toute la terre que il « s'appareillassent de combatre as Latins. Quant il furent armé, « si issirent hors de Constantinoble par une porte que l'en appelé « la porte Romane, à une Hue près de là où li Latins estoient « hebergié... Si envoya jusque à cinq batailles vers les batailles « des Latins... Quant li Latin oïrent dire que cil de la cité issoient u hors , si issirent des lices et si tindrent tuit quoi , et li Grifon se « tindrent quoi , de l'autre part. Li Vénicien qui estoient es nez , « sans ce que il le feissent assavoir as Latins , quand il sorent que « li emperères et ses gens estoient issus de Constantinoble, et li « Latin estoient hors des lices tuit armé et atendoient la bataille , « il s'armèrent et entrèrent es batianz et portèrent eschièles avec « eaus , et vindrent as murs de la cité et drecièrent les eschièles et « entrèrent en la cité. Après ce , si ouvrirent les portes par devers « la mer et boutèrent le feu en la cité. Après ce , mandèrent as « François se il avoient mestier de chevaliers que il lor envoiem raient , que il estoient dedens la cité et l'a voient prise. Quant li m emperères vit que la cité ardoit et que li Vénicien l'avoient « prise , si s'en ala lui et ses chevaliers qui estoient avec lui , et li « François se berbergièrent dedens la cité , et mistrent celui en m possession qui les iex avoit crevés. » (Foi. 367.)
Dans tout ce récit on voit percer la passion dominante du narrateur, c'est-à-dire sa haine pour les Vénitiens. Il sembleroit que leur entrée dans la ville eût été un acte de perfidie à l'égard des pèlerins. L'impartialité est évidemment dans Villehardouin.