Reçois l’Esprit-Saint. i
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Toutes les fois qu’on arrive, dans le Pontifical, au moment le plus grave d’une fonction liturgique, on peut s’attendre à ce que l’Eglise fasse retentir soudain le Per om nia sæcula sæculorum , et résume sa pensée dans le chant de la Préface. Il en est de ce rite comme de celui de la Prostration, et on le retrouve dans tous les grands offices pontificaux. Rien n’égale ici la majesté de la mélodie, si ce n’est la beauté du texte. Cette Préface de la Consécration épiscopale commence par une histoire abrégée du Sacerdoce dans l’ancienne loi, et elle se terminera tout à l’heure par une incomparable supplication en faveur du futur Évêque. Mais, entre les deux parties de ce véritable poème, on fait* une pause solennelle, durant laquelle la tête de l’Élu est liée avec une bande de toile blanche qu’on dispose autour de sa tonsure. Puis, écoutez : le Consécrateur s’agenouille, et, d’une voix pleine, entonne le Ve ni Creator, qui est le grand chant triomphal en l’honneur de l’Esprit- Saint. C’est aux sons de celte hymne victorieuse que Jeanne d’Arc a jadis délivré Orléans et sauvé la France ; c’est aux sons de cette même ode superbe qu’on achève en ce moment de consacrer un de ces Évêques qui ont fait la France et délivreront l’Église. Les gouttes du saint Chrême tombent alors de la main du Consécrateur, qui trace d’abord une croix et fait ensuite une onction complète sur toute la tonsure de l’Élu. Voilà donc la tête qui est bénie, ointe, consacrée. La tête, c’est le siège de l’intelligence, de la doctrine sainte, de la théologie lumineuse, de toutes les grandes et vastes théories chrétiennes ; mais ces théories ne suffiraient pas au gouvernement des âmes, si l’évêque n’y joignait la pratique réelle de tant de hautes et nobles vérités. L’intelligence doit être
verse l’huile sainte snr la tête d'Aaron. Puis, par une cérémonie différente, destinée à marquer leur infériorité hiérarchique vis-à-vis du grand prêtre, il consacre chacun de ses fils.
do couronne ; l’huilo symbolise le prophète, la croix le prêtre, et la couronne le roi : l’Évèquo devient en effet prophète, prêtre et roi.
complétée par l’action, et c’est pourquoi, après avoir béni et oint la tête, on va bénir et oindre les mains du futur Évêque. Cette dernière onction, aussi solennelle que la précédente, ne se fait plus au chant du Veni Creator ; mais elle est précédée par ce très doux psaume : Ecce quant