SOUS QUELLE FORME LE PERÇOIT-ON
Le boudin d’invagination se manifeste de deux façons :
Tantôt, et c’est fréquent, c’est une tumeur nette. C’est « une masse allongée, en boudin, assez profonde, non adhérente, changeant de forme sous les doigts, assez dure, mais dépressible, pâteuse et non pas pétrissable comme les matières stercorales >» (Ramond). Car au lieu d’être cylindrique, ce peut être une tu-
NP
meur globuleuse, ovoïde, périforme, se durcissant parfois sous la main.
C’est une masse profonde, résistante, de consistance ferme : elle n’est ni dure comme un néoplasme colique, ni molle comme une hydrocholécystite. Cette tumeur, qui, d’après Kirmisson, aurait une remarquable mobilité, est en réalité, d’après la plupart des observations modernes et d’après nos propres observations d’une certaine fixité….
Tantôt le boudin n’est pas nettement délimitable sous la paroi sous forme d’une masse localisée. La palpation découvre à son niveau une sorte de plastron difficile à bien limiter, une résistance pariétale sans Contracture vraie : une sorte de défense pariétale avec non dépressibilité facile de la paroi abdominale.
Assez souvent à ce niveau existe aussi un point douloureux à la palpation, c’est assez facile à constater chez l’adolescent ou l’adulte.
Dans notre observation XI où il s’agissait d’une invagination iléo-iléale, la palpation de l'abdomen découvrait une zone douloureuse et une zone de défense entre l’ombilic et la fosse iliaque droite. Comme le malade, tuberculeux avancé, présentait en outre des crises douloureuses intermittentes, des vomissements fréquents, on pensa à une occlusion d’origine X avec réaction péritonéale. Le diagnostic exact ne fut pas fait malgré l’hémorragie intestinale. Pour notre observation XII, on ne perçoit pas non plus de tumeur, mais une résistance localisée.