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« Dans une tumeur, la cellule reste bien vi^tnte, c’est l’intensité meme de la cellule proliférée, qui constitue tout le danger de la tumeur, toute sa puissance d’accroissement et de généralisation. »
Dans les tuméfactions d’origine microbienne, les cellules sont de formes très différentes suivant le point où on les considère, les cellules de la périphérie ou du centre d’un tubercule ne sont pas semblables; dans une tumeur néoplasique au contraire, le tissu qui la compose est homogène, les cellules peuvent avoir des différences de forme, de dimension suivant les conditions dans lesquelles elles se développent, ce sont alors des conditions mécaniques de pression qui influent. De plus, dans le plus grand nombre des cas, les vaisseaux sont perméables, permettant la vie des éléments cellulaires ; dans les lésions microbiennes au contraire, les vaisseaux sont oblitérés, ce qui cause en partie les dégénérations cellulaires.
La marche du néoplasme vrai est aussi différente, son accroissement est continu, il se fait dans toute l’étendue de la tumeur par multiplication cellulaire, les parties voisines sont écartées, mais ne prennent pas part au développement, on voit des cellules rompre les limitantes des acini d’une glande, envahir le tissu conjonctif; cet accroissement ne se trouve pas dans les lésions microbiennes, qui au bout d’un certain temps peuvent être éliminées par un processus de cicatrisation analogue à celui qu’on trouve dans les plaies ordinaires.
Dans le cancer, nous montrerons qu’on peut trouver des lésions de dégénérescence cellulaire,
mais ces lésions sont dues à des infections microbiennes secondaires, qui sont très fréquentes dans les cancers ulcérés et dont la surface a été en contact avec des microorganismes. Ces phénomènes sont très fréquents : Braccela (1) a pu dans un carcinome ulcéré trouver un staphylocoque ; Zahn (2), dans des noyaux secondaires, a trouvé un streptocoque, il est vrai qu’il existait en même temps une pleurésie purulente. Verneuil(3) admet que les bactéries dont la présence est constatée dans les cancers peuvent causer des dégénérations, des phénomènes septiques, dans les tissus néoplasiques.
Par ces quelques considérations, on voit que le cancer dans l’ensemble de ses caractères anatomopathologiques ne présente pas d’analogie avec les lésions d’origine microbienne. Ces dernières ont en effet comme caractéristique d’être une réaction de l’organisme contre un corps étranger animé ou inanimé. Dans le cancer au contraire, la morphologie du tissu est la même dans le centre, à la périphérie de la tumeur et même dans les noyaux secondaires de généralisation, et les cellules, loin d’être altérés dans leur constitution histologique ont la propriété de se reproduire, et cela même d’une façon plus rapide qu’à l’état normal.
(1) Braccela. Boll. delle sc. medic ., 1889.
(2) Zahn. Virchow' s Archiv., 117, p. 26.
(3) Verneuil. Revue de chirurgie , IX, n° 10.
L — Théorie microbienne .
Pour les partisans de la théorie microbienne, le cancer serait une maladie locale causée par un agent animé venu de l’extérieur ; le résultat de l’action du microorganisme sur les tissus serait la formation d’une tumeur, ayant une constitution spécifique comme le microbe générateur; les germes infectieux ou les produits qui en émanent se répandraient dans l’organisme, d’où la généralisation des lésions et la formation des noyaux secondaires.
Nous allons faire rapidement l’historique de cette question, voir comment cette théorie est née, quels sont les auteurs qui l’ont défendue et quelles sont les conclusions qu’on peut tirer de ces nombreuses recherches.
En 1881, Harrison Cripps (1) étudiant les tumeurs épithéliales du rectum et remarquant qu’elles consistent en un tissu de nouvelle formation, semblable à celui des follicules de Lieberkühn conclut que les tumeurs malignes ne devaient pas être considérées comme la maladie cancéreuse elle-même, mais comme le résultat d’une infection spécifique jusqu’alors inconnue et probablement d’origine parasitaire.
Deux ans après, en 1883, Nedopil (2) montra que le cancer n’était pas toujours héréditaire et qu’au
(1) Harrison Cripps. Loc. cit.
(2) Nedopil. Loc. cit.
point de vue clinique et anatomo-pathologique, les cancers présentaient de grandes analogies avec les maladies infectieuses et la tuberculose en particulier; il rechercha de plus dans F étiologie du cancer quelles étaient les conditions qui paraissent influer sur le développement de cette affection.
Puis en 1884, Butlin (1) exposa la théorie parasitaire du cancer, il montra que l’hérédité ne pouvait être constatée dans la clientèle que dans un cas sur quatre environ, et que l’hérédité portait sur des tumeurs de nature très diverse. Au contraire, la théorie parasitaire lui sembla plus facile à admettre, celle-ci explique en effet l’infection, les analogies du cancer avec la lèpre et la tuberculose. A l’appui de cette thèse, il cita l’opinion de Formad (2), qui avait signalé une analogie complète entre le cancer et les tumeurs d’origine inflammatoire.
En 1885, Ledoux-Lebard (3), tout en constatant que les microorganismes pathogènes du cancer n’étaient pas encore isolés, étudia les diverses raisons qui pouvaient faire admettre à priori la théorie parasitaire du cancer; il fit ressortir les analogies qui existaiènt entre la tuberculose et l’actinomycose et en conclut qu’il était permis de supposer une origine parasitaire aux autres espèces de cancer.
Tous ces travaux ne reposaient que sur des idées
(1) Butlin. Encyclop. int. de chirurgie, t. IV, art. tumeur, 1884.
(2) Formad. Transactions of the pathological Society of Philadelphia,
(3) Ledoux-Lebard. « Le cancer, maladie parasitaire. » Arch. de médecine, 1885, I.
théoriques, il leur manquait la vérification directe de la présence du microorganisme dans les néoplasmes. Ce qui frappait surtout les auteurs de cette époque, c’était l’analogie du cancer- et des maladies microbiennes : ainsi, sir James Paget (1) range le cancer à côté de la syphilis, de la tuberculose, de la lèpre, de la morve et de l’actinomycose. Toutes ces affections constituaient, d’après cet auteur, un groupe de néoplasmes vivant par eux-mêmes, tendant tous, par un mode spécial, à la dégénérescence et à l’ulcération; tous pouvaient être transmis par inoculation à d’autres êtres et se localisaient dans desrégions prédisposées par une irritation pathologique ou traumatique.
Dans certaines lésions portant sur les ganglions, telles que les lympho-sarcomes et les lymphomes leucémiques, Weigert et Klebs trouvèrent bien des bacilles analogues à ceux de la tuberculose, mais cette constatation n’a pas une très grande importance au point de vue de la théorie parasitaire du cancer, car si les microbes peuvent être incriminés comme cause pathologique de ces affections, on peut objecter que l’hypertrophie des ganglions ne constitue pas un véritable néoplasme.
Aussi l’émotion fut-elle grande, lorsqu’en 1887, Rappin (2) annonça que par ses recherches bactériologiques et ses coupes, il avait révélé dans les tumeurs la présence de microbes ; il inaugura une période pendant laquelle les travaux surgirent en grand nombre, et pendant laquelle la pathogénie des tumeurs
(1) Paget. The Lancet, 1887, n° 19.
(2) Rappin. Étiologie clés tumeurs malignes. Nantes, 1887.
cancéreuses paraissait sur le point d’être élucidée. En effet, cet auteur trouve des microorganismes dans les carcinomes, les sarcomes, et même dans quelques tumeurs bénignes; les cultures furent fertiles, et dans le liquide, il reconnut la présence d’un microcoque analogue à celui de la suppuration : ces microbes se rencontrèrent même dans les tissus sains.
La même année, cette découverte reçut un semblant de confirmation ; un médecin militaire allemand, Scheurlen (1), dans une communication très étendue, publia les résultats qu’il avait obtenus, résultats positifs de culture et d’inoculation. Voici les grandes lignes de cette communication, qui suscita une véritable polémique et un très grand nombre de travaux. Comme milieu nutritif, l’auteur se servit de liquide de pleurésie évacué par la ponction, stérilisé, d’après les conseils de Koch, pendant cinq jours et coagulé le sixième en le chauffant à 80-90°. Il inocula ses tubes avec une aiguille de platine imprégnée de suc carcinomateux et les plaça à 39°, les tubes furent recouverts au bout de trois jours d’une pellicule brun-jaunâtre, constituée par des bacillesà 1,5 à 2,5 jj.de longueur, qui présentaient un éclat brillant et légèrement verdâtre.
Scheurlen ne put retrouver ces bacilles dans les coupes des tumeurs. Néanmoins, l’inoculation des cultures dans la glande mammaire de six chiennes provoqua, au bout de vingt-huit à trente-cinq jours, la formation d’une tumeur grosse comme une noi-
/l) Scheurlen. Société cle médecine mt. de Berlin, 28 nov. 1887.
sette; à l’examen microscopique, on trouva des cellules agrandies, finement granulées, dont quelquesunes étaient certainement des cellules épithéliales.
De ces faits, Scheurlen conclut qu’il avait découvert le bacille du cancer, qu’il l’avait obtenu en cultures pures et qu’il existait un rapport certain entre le bacille et le cancer.
Dans la discussion qui suivit cette communication à la Société de médecine interne, Frænkel discutant ces expériences, affirma qu’un bacille qui poussait si facilement, et cela sur tous les milieux, aurait dù se développer dans l’organisme avec une très grande rapidité, tandis que dans les tissus il se développait très lentement.
Schill (lj, de Dresde, arriva à un résultat inverse dé celui de Scheurlen ; il put, en effet, colorer des microbes dans les coupes, mais il ne put les cultiver. Par la méthode de Gram, il découvrit des diplocoques dans le carcinome; entre les deux éléments colorés de ce microcoque, il trouva un intervalle clair paraissant être un ciment translucide amorphe ; le tout constituait un bâtonnet à extrémités colorées, dont le volume atteignait une fois et demie à deux fois celui du bacille de la tuberculose ; le même organisme fut trouvé dans le sarcome, mais par la culture, on n’obtint que des champignons filamenteux.
A la Société de médecine interne de Berlin, Domingos Freire (2) réclama la priorité de la constata-
(1) Schill. Deutsche Med. Wochens 1887, p. 1034.
(2) Domjngos Freire. Société de médecine int. de Berlin, 1887.
tion des microorganismes clans le cancer; il avait trouvé clans le sang d’une cancéreuse et isolé par la culture des spores et des zooglées, qui donnèrent par inoculation chez le cobaye, un cancer encéplialoïde ; il prétendit même être arrivé à rendre ces animaux réfractaires en leur conférant une véritable immunité contre le cancer.
Après lui, Perrin et Barnabei Sanarelli (1) firent la même constatation clans un certain nombre de néoplasmes, et Franche (5), clans le sarcome, trouva un microbe plus mince et plus long que celui de Scheurlen, les spores étaient un peu plus grandes et avaient une extrémité pointue. De même, Koubasoff (3) rencontra dans les tumeurs cancéreuses un bâtonnet court qui, inoculé aux animaux, donnait dans les tissus et les ganglions des noyaux analogues au tissu cancéreux.
Mais, à partir de cette époque, un très grand nombre d’auteurs ont, clans leurs travaux, montré que ces résultats étaient erronés : les uns se sont attachés à démontrer que le microbe considéré par Scheurlen comme étant la cause du cancer, n’avait aucune influence sur le développement des tumeurs, que c’était un microbe saprophyte ; les autres ont constaté la présence de microorganismes dans les tumeurs, cherché à produire des cultures fertiles, mais
(1) G i tés par Senn. Bactériologie clinique.
(2) Francke. « Ueber Etiologie und diagnose von sarcome und carcinome. » Münclmer Med. Wochens., 1887.
(3) Koubasoff. « Die Microorganismen der Krebsartigen Neubildungen. » Centralbl. f. bact., VII, n° 10.
dont les inoculations étaient négatives : les animaux mouraient, mais sans présenter cle cancer et sans qu’on ait pu retrouver les microorganismes ni dans le sang, ni dans les tissus des animaux morts. Un troisième groupe d’expérimentateurs comprend ceux qui, en faisant des recherches bactériologiques avec des fragments de tumeurs diverses, n’ont obtenu que des résultats négatifs. Parmi ces derniers, nous pouvons ranger Ballance et Schattock (1) qui, dès 1887, avaient annoncé qu’en expérimentant sur 58 fragments de tumeurs, dont 33 carcinomes, ils avaient obtenu des tubes parfaitement stériles après un séjour d’un mois à l’étuve et une conservation ultérieure très prolongée et que, si dans quelques tubes on trouvait des colonies, elles étaient constituées par des microbes des tissus sains.
De même, Pfeiffer (2) ne parvint pas à isoler un microbe dans le cancer ; il s’adressa alors à Scheurlen qui lui envoya une culture. En reproduisant et en examinant le microorganisme, il le rapprocha du proteus mirabilis de Hauser et conclut que ce microbe n’était doué d’aucune propriété pathogène. Ce résultat fut vérifié par Baumgarten (3) qui, dans un article critique, rapprocha le bacille de Scheurlen de celui de la pomme de terre (b. mesentericus) , le seul caractère un peu différent étant que le bacille de Scheurlen liquéfiait un peu la gélatine.
(1) Ballance et Schattock. British. Med. Journal , 1887, n° 1400. (?) Pfeiffer. « Der Scheurlen’she Krebsbacillus, ein Saprophyte. » Deutsche Med. Wochens., 1888.
(3) « Ueber Scheurlen’s Oarcinombacillus. » Centralbl. f. bact..
Ainsi fut réduite à néant une découverte qui avait, à son apparition, fait l’admiration du monde scientifique.
Senger (1) put aussi inoculer les cultures de Sclieurlen sans accident aucun, en opérant avec des précautions d’asepsie complète ; pour lui, du reste, le cancer n’était pas causé par un microbe, il fit des greffes nombreuses, mais quand la plaie restait bien aseptique, le fragment de tumeur se résorbait en peu de temps.
Deux autres expérimentateurs, Makara (2) et Lampiasi (3) obtinrent des résultats analogues, desquels on peut conclure qu'il est impossible par les cultures d’isoler dans les néoplasmes un bacille spécifique : le premier fit ces expériences sur 20 tumeurs, qui se composaient de 4 sarcomes, 2 lipomes, 14 carcinomes. Il remarqua de plus que les spores du bacille de Scheurlen se dissolvaient dans l’éther et n’étaient autre chose que de fines gouttelettes de graisse. Le second obtint quelques cultures avec 18 tumeurs, mais ces cultures, injectées aux animaux, les faisaient périr sans qu’on pût retrouver le bacille dans aucun point du corps des animaux sur lesquels on avait expérimenté.
Cette question a fait un grand pas grâce aux travaux de Nepveu et de Verneuil : Nepveu (4) observa
(1) Senger. « Studien zur Etiologie der Carcinoms. » Deut. Med. Wochens, 1888.
(2) Makara. « De l’étiologie du cancer. » Gyogyaszat. Budapest, 1888.
(3) Lampiasi. « Sur la nature parasitaire du cancer. » La Riforma,
(4) Nepveu. « Contribution à l’étude des bactériens dans les tumeurs. » Gaz. hebd., 4 mai 1888, p. 278.
des bactéries dans les cancers ulcérés à la suite d’un trauma, par exemple, mais il ne put pas déceler leur présence dans un grand nombre de tumeurs non ulcérées. Ces microbes pouvaient donner lieu à des abcès dans un cancer, provoquer la suppuration de certains foyers néoplasiques secondaires et même passer de la tumeur dans le sang : c’est par la mécanique que pourrait s’expliquer la pathogénie de la fièvre néoplasique de Verneuil et d’Estlander.
De même, Verneuil (1), étudiant certains faits de suppuration locale et d’infection généralisée à la suite d’opérations destinées à enlever des tumeurs malignes ou même des ganglions secondaires, admit que les microbes pénétraient dans les tumeurs par les ulcérations dues au processus néoplasique ; ils modifient alors la nutrition des néoplasmes, accélèrent leur marche, activent la prolifération cellulaire et sont les agents principaux de l’ulcération et surtout du travail de ramollissement.
Il est alors très facile de comprendre que dans les tumeurs, les microbes peuvent être de nature et d’espèces très variables, ce qui explique aussi la variabilité des descriptions faites par les auteurs.
Sous l’influence de ces microorganismes, les ganglions lymphatiques, correspondant à la région occupée par l’ulcération, peuvent subir une hypertrophie caractérisée par une adénite inflammatoire, mais sans qu’ils puissent être considérés comme atteints par la dégénérescence cancéreuse.
(1) Verneuil. « Propriétés pathogènes des microbes renfermés dans les tumeurs malignes. » Revue de chirurgie, 1889.
Cette influence cle l’ulcération sur la présence des microorganismes a été reconnue par Ribbert(l) dans une revue dans laquelle il a exposé les derniers travaux publiés sur l’étiologie du carcinome ; et comme exemple de la variabilité du microbe, il a cité les recherches de Hauser (2), celles deBraccela et de Zalm, dont nous avons parlé plus haut.
De ce qui précède, on doit conclure que si dans les tumeurs, on peut trouver des microbes, il y a lieu de les regarder comme des organismes surajoutés à la lésion néoplasique, mais n’ayant avec elle aucun lien de cause à effet.
Dans les tumeurs non ulcérées, on les trouve moins fréquemment que dans les tumeurs ulcérées.
Cette simple constatation est pour nous un argument de première valeur à opposer aux partisans de la théorie microbienne. En effet, une tumeur ulcérée est une plaie à découvert, un terrain dont l’ensemencement sera toujours facile, soit de la part des microbes de l’air, soit de la part de ceux qu’apportent de nombreux contacts pollués.
Une fois introduits dans le corps de la tumeur, les microbes peuvent aisément être dispersés dans les noyaux secondaires par l’intermédiaire du torrent circulatoire lymphatique ou sanguin ; ils peuvent meme infecter les ganglions avant que la généralisation cancéreuse soit arrivée jusqu’à eux, de telle sorte que leur présence dans ces organes n’a rien qui doive nous étonner.
(!) Ribbert. « Neue Arbeiten zur Etiologie des carcinoms. » Deutsche Med. Wochens., 4891, n° 1.
(2) Hauser. Cylindcr épithélial carcinom, 1890.
Quant à l'existence des microbes dans les tumeurs non ulcérées, c’est là un fait qui n’est pas étrange quand on se rappelle qu’ils peuvent se trouver dans les tissus sains.
Il nous semble donc que la théorie microbienne doive être abandonnée à l’heure actuelle; d’ailleurs, ses plus chauds défenseurs paraissent réduits au silence; mais dans ces dernières années, il a surgi une doctrine parasitaire qui est l’objet d’une attention spéciale de la part de tout un groupe d’expérimentateurs, nous avons nommé la théorie coccidienne, c’est elle que nous allons maintenant étudier.
Théorie psorospermique.
Les psorospermies ou coccidies sont des parasites de l’homme et de certaines espèces animales qui font partie de la classe de sporozoaires ; on les divise en cinq espèces : les.grégarines, les coccidies, les myxosporidies, les sarcosporidies, les microsporidies.
De ces cinq espèces, les coccidies sont celles qui intéressent le plus le médecin ; néanmoins, elles ont de grandes analogies avec les espèces voisines, les caractères différentiels étant très difficiles à observer.
Les coccidies ou psorospermies oviformes présentent deux périodes successives dans leur évolution ; ces deux périodes correspondraient pour Balbiani (1) et d’autres auteurs à deux habitats différents.
(1) Balbiani. Leçons sur les sporozoaires . Paris, 1884, p. 52.
Dans la première période, période d’accroissement ou de végétation, les coccidies ont une forme amœboïde, c’est-à-dire qu’elles sont constituées par une masse de protoplasma granuleux sans véritable membrane d’enveloppe ; le noyau est généralement dissimulé par des granulations. A cette période, elles vivent à l’intérieur des cellules et sont très difficiles à différencier des éléments normaux des tissus.
Dans la deuxième période, les coccidies s’enkystent toujours solitaires, c’est la période de reproduction. Les kystes présentent un double contour; les spores ainsi formées sont toujours en petit nombre ; c’est là même le caractère qui différencie les coccidies des grégarines. Chaque spore donne un ou plusieurs corps falciformes qui sont doués de certains mouvements, alors que les spores et les coccidies ellesmêmes présentent une immobilité absolue. A cette période, la cellule qui sert à contenir la coccidie se rompt, et les corps sont alors plus faciles à reconnaître (1).
Dès le début, la nature de ces productions intracellulaires a donné lieu à de nombreuses controverses. Un grand nombre d’auteurs, Nasse, Handfield, Jones, Leukart, les considèrent comme des éléments histologiques altérés. Hakequi, en 1839, les avait observés, les considérait comme des globules de pus altérés ; Rayer, Dujardin, Robin, Lebert,les considéraient comme des œufs d’helminthes. Velpeau, sans être
(1) Cazin. « Les sporozaires. » Semaine médicale, 1891, et Gabriel Roux, « les coccidies chez l’homme. » Province médicale, 19 mars
très affirmatif, les nomme des corps oviformes. Remack, en 1845, les place à côté des psorospermies décrites par J. Muller, en 1841, chez les poissons.
En 1839, Hake avait en effet découvert dans les canalicules biliaires des sporozoaires, que Waldenburg* appelle des grégarines, et que Leuckart range dans l’espèce coccidie oviforme.
Klebs, Stiede, Waldenburg, Vircbow, Pfeiffer ont constaté que ces parasites produisent une prolifération épithéliale dans les voies biliaires. On a découvert depuis d’autres espèces de coccidies , le coccidium per for an s (1), et l’on sait que cet organisme cause des infiltrations et des néoplasies inflammatoires dans la muqueuse du tractus intestinal de beaucoup d’animaux, par exemple chez le chien, le chat, le mouton, le veau. Mais si l’on compare le grand nombre des coccidies avec le peu de développement des néoplasies, on peut conclure qu’elles n’ont, qu’une action irritative très faible sur les épithéliums ; dans le cancer au contraire, le développement cellulaire est considérable ; il ne paraît donc pas probable à priori que le cancer puisse être causé par les coccidies. Il en est de même des autres sporozoaires de plus petites dimensions, les myxosporidies,les microsporidies et les sarcosporidies.Ces organismes, développés en quantité suffisante pour former des amas visibles à l’œil nu, ne produisent cependant pas de véritables tumeurs néoplasiques.
Chez le lapin, la coccidiose peut revêtir une forme
(1) L. Pfeiffer. Die protozoen als Kranhheitserreger. Iéna, 1891.
aiguë avec des manifestations d’empoisonnement du système nerveux, de la fièvre ; ces phénomènes généraux seraient dus à des poisons chimiques produits par ces parasites. Pour certaines sarcosporidies, Pfeiffer a démontré que cette substance très toxique était soluble dans la glycérine et que, injectée à un animal elle provoquait une élévation de température, puis du collapsus avec abaissement de la température, et enfin la mort.
La présence de coccidies a été notée dans un assez grand nombre de cas. Virchow, en 1847, semble les avoir observées, sans toutefois se rendre un compte exact de leur nature, il décrit en effet des cellules cancéreuses contenant des cavités, et ces cavités contenant des cellules filles.
Chez les animaux, ces parasites ont été bien étudiés, Silvestrini et Rivolta (1), Arloing et Tripier (2), ont donné des descriptions de néoplasies coccidiennes, ces derniers auteurs ont étudié ces faits dans une communication intitulée: « Lésions organiques de nature parasitaire chez le poulet. — Transmission par la voie digestive à des animaux de la même espèce. Analogie avec la tuberculose. » Les animaux présentaient des lésions du foie et de l’intestin, caractérisées par la présence de corps ovalaires à contenu granuleux avec un noyau clair central, muni d’une sorte de bouton aux deux extrémités du grand diamètre; on trouve aussi des kystes de 1/2 à 1 millim. 1/2, dont
(1) Giornal di anat. patol. et fisiol. dei animali. Pize, 1873.
(2) Arloing et Tripier. Congrès pour l’avancement des sciences,
les parois sont fibreuses : leur contenu est granuleux, opaque, formé par de petits corps arrondis, très réfringents et se colorant fortement par le carmin.
Podwyssozki (1) a montré que dans certains œufs de poule fraîchement pondus, on trouve des coccidies à tous les stades de développement. Ces parasites existent dans l’albumine à l’état de colonies qui dans bœuf dur apparaissent sur le fond blanc comme des points gris noir, atteignant et dépassant même parfois la grosseur d’une tête d’épingle.
A l’œil nu, on peut confondre ces colonies avec des taches grises ou jaune brun que l’on trouve fréquemment dans l’albumine de l’œuf et qui sont dues à des amas de pigments ou à des parcelles de jaune. Mais l’examen microscopique lève tous les doutes, car lorsqu’on a affaire à des colonies desporozoaires, on peut voir dans chaque coupe, surtout après la coloration à l’hématoxyline, tous les stades de formation des spores et l’on constate que la coloration noire de la tache est due à la présence de granulations de pigments dans les capsules vides des coccidies, dont l’évolution est terminée. Ces parasites de l’œuf frais ressemblent à ceux du foie du lapin et du foie de l’homme. En 1888, dans la ville de Fastow, l’auteur a trouvé 8 à 10 % des œufs avec des coccidies; on admet que la présence des coccidies à l’intérieur des œufs s’explique par l’infection des organes reproducteurs de la poule par les coccidies, infection qui est fréquente dans certaines régions.
(1) Centralbl. fur allrj. Pathol, und pathol. Anat.} mars 1890, n° 5.
Chez l’homme, on a décrit des sporozoaires sans qu’ils puissent être considérés comme étant pathogènes, on les a signalés dans des affections très diverses et sans qu’on puisse trouver une relation entre leur présence et la lésion dans laquelle on les rencontre. C’est ainsi que Pitres et Kunstler(l) ont décrit une psorospermie dans une humeur pleurétique. Deitchler (2) en a décrit dans le mucus bronchique des malades atteints de coqueluche, Eimer les a décrit dans l’épithélium intestinal. Dans le foie, Podwyssozki (3) a aussi signalé leur présence.
En 1888, Neisser(4) proposa de donner au molluscum, le nom d’épithélioma contagieux créé par Bollinger ; d’après Neisser, le parasite appartient à la tribu des coccidies, il n’a pu en démontrer la présence qu’à l’aide du microscope, les cultures et les inoculations lui ont toujours donné des résultats négatifs. La tumeur est bien un épithélioma pur, composé par la prolifération anormale de l’épithélium et de masses cornées retenues entre les cellules à parasites. Cliniquement, l’apparition brusque, sous forme épidémique, la présence de tumeur sur le sein des nourrices et sur la face des nourrissons, son siège fréquent sur les organes génitaux de l’homme et de la femme, sont autant de preuves de sa nature parasitaire.
(1) Pitres et Künstler. Journal de microgr., 1884.
(2) Deitchler. « Ueber parasitære Protozoen in Keuchhustenaus. wurf. » Zeitsch. f. Wissench. Zool., 1886, t. XXXXIII, I.
(3) Podwyssozki. « Ueber Bedeutung der Goccidien in der Pathol, der Leber des Menchen. » Cent. f. liakt ., 1889, t. VI, p. 41.
(4) Neisser. « Ueber das Epillielioma (sive molluscum contagiosum). » V ierteljarhs . f. Dermat. und Syph., 1888, p. 553.
La présence de coccidies a encore été signalée chez l’homme par Darier (1) dans un cas de maladie singulière de la peau dont le diagnostic était hésitant, et qui était caractérisée par de petites croûtes brunâtres, très adhérentes, saillantes, se prolongeant en forme de cônes analogues à des comédons dans les orifices des follicules pilo-sébacés.
Dans la couche de Malpighi, on trouve des corps arrondis qui se sont creusé une cavité au milieu des cellules épithéliales; ces corps sont entourés d’une membrane réfringente à double contour très évident, ils sont continus dans la cellule dont ils refoulent le noyau.
Bland Sutton (2) a trouvé aussi des coccidies dans l’uretère.
La première description des coccidies dans les tumeurs cancéreuses remonte à 1889, moment où Albarran et Malassez en France, Thoma en Russie presqu’à la même époque, ont publié leurs descriptions.
En 1881, Pfeiffer (3) semble avoir observé des sporozoaires dans deux cas de cancers mélaniques ; ces organismes ressemblaient à des microsporidies des Plasmodiopbora brassicæ, ou du Synchytrium mercurialis, mais la conclusion que tire l’auteur de la présence des coccidies dans le cancer et de la variabilité des espèces, ne remonte qu’à la deuxième édition de son livre, qui date de 1891 (4).
(1) Darier. Mars 1889. Société de biologie.
(2) Bland Sutton. Bulletin médical, 25 décembre 1890.
(3) L. Pfeiffer. Zeitscli. fur Hygiène, 1888, III, 3.
(4) Die Protozoen als Krankheitserreger . Iéna, 1891.
Albarran (1) à la Société de biologie, clans une communication sur des tumeurs épithéliales contenant des psorospermies, rapporte deux observations où il a pu reconnaître la présence cle ces organismes.
L’un des cas a été fourni par un homme de 63 ans, qui subit en 1885 une résection du maxillaire supérieur. A l’âge de 25 ans, il avait eu un kyste dentaire au niveau de la deuxième molaire gauche; il fut opéré ' pour plusieurs récidives.
Voici la description microscopique que dorme", Albarran : dans un stroma conjonctif on voit des portions épithéliales sous forme de cordons, de kystes' ou de grandes masses d’apparence cornée. Parsemées entre les cellules épithéliales, on distingue un très grand nombre d’autres cellules nettement différenciées par leur volume, de couleur verdâtre, à protoplasma granuleux : ce sont les psorospermies. Elles ont la forme d’une cellule arrondie ou légèrement ovalaire, pourvue d’un seul noyau central muni d’un nucléole; certains organismes sont entourés par une membrane hyaline, quelques-uns ne paraissent pas encapsulés, leur forme est le plus souvent arrondie, quelquesuns sont allongés ou un peu étalés. Le protoplasma est très granuleux, outre le noyau on peut y distinguer des grains arrondis très réfringents. Le noyau est arrondi, de forme irrégulière, quelquefois excentrique ; certaines psorospermies paraissent avoir un noyau double.
Le deuxième cas était fourni par une tumeur
(1) Albarran. Société de biologie, 6 avril 1889.
grosse comme une orange, siégeant sur la moitié droite de la mâchoire inférieure et présentant une transformation cornée de toutes les parties épithéliales.
Albarran conclut en disant que les figures qu’il a observées sont très analogues aux psorospermies qu’on trouve dans le foie du lapin. L’existence des psorospermies dans certaines tumeurs épithéliales nous semble démontrée par les coupes qu’il a étudiées ; quant au rôle pathogène de ces organismes, il est moins affirmatif ; il est certain que les psorospermies peuvent en irritant le tissu épithélial déterminer sa prolifération, on le voit dans les canalicules biliaires du foie du lapin, dans le molluscum contagiosum des oiseaux, et sur les parties latérales des folllicules pileux dans la psorospermose cutanée de Darier.
Quelques jours après la communication d’ Albarran, Darier (1) décrit la maladie de Paget du mamelon, comme une nouvelle forme depsorospermose cutanée : il a examiné les squames, il a fait des coupes de peau, a constaté la présence des coccidies, et cela dans quatre observations concordantes.
Wickham (2), dans sa thèse, a du reste reproduit et complété ces recherches.
rhoma(3) a montré que les coccidies pouvaient se rencontrer dans les cancers du rectum, de l’estomac,
(1) Darier. Société de biologie, 13 avril 1889.
(2) Wickham. Th. de Paris, 1890. Contribution à l’étude des psorospermies cutanées et de certaines formes du cancer. Maladie de la peau dite de Paget.
(3) Thoma. Forscli. cler medicin, 1889, 1er juin.
de la mamelle : il s’agit de petites cellules protoplasmiques qui ne sont pas semblables à des cellules du corps humain et qu’on trouve dans les noyaux des cellules épithéliales des cancers. Ces corps sont constitués par du protoplasma et un noyau, quelquefois nucléolé, très réfringent, de formes multiples, rond, ovale, en croissant, allongé. On les trouve isolés ou en groupes ; le noyau de la cellule se distend, se gonfle, se rompt et en dehors des cellules on trouve de petites boules, soit granuleuses, soit homogènes, qui ne se laissent pas teindre par les réactifs des noyaux et qui sont remplies par une foule de petits corps ronds ressemblant à des noyaux. Pour Thoma, ces organismes sont des coccidies encapsulées, mais il ne peut affirmer que ce soient les organismes pathogènes du cancer.
En 1890, nous trouvons les travaux de Nils Sjôbring (1), puis ceux de Siegenbeck van Heukelom (2) et de Kossinsky (3). Ces travaux sont de la môme époque, et les auteurs sont arrivés au même résultat chacun de leur côté. Sjôbring a étudié huit cancers, Heukelom deux cents et Kossinsky dix.
Pour Sjôbring, à la période de début d’une coccidie on note la présence d’un petit corps protoplasmique dans le noyau, il s’y développe, sort du noyau et vit dans la cellule, oùil se forme des spores, qui sont alors
(1) Nils Sjôbring. Forsch. der Medicin, 1890, 15 juillet. •
(2) S. van Heukelom. Dixième congrès internat., Berlin, août 1 8.90,
II, p. 109.
(3) Aug. Kossinsky. Sur les physaliphores dans le cancer. Varsovie,
1890. (En russe.)
contenues dans un sporocyste. Dans les sporocystes se forment les embryons. Pour cet auteur, les coccidies n’ont jamais de noyau; il les range parmi les microsporidies, très analogues aux parasites des vers à soie dans la pébrine.
Siegenbeck van Heukelom, en examinant les coupes de deux cents cancers a remarqué dans ces néoplasmes la présence de deux productions très différentes : ce sont d’abord des cellules grosses, complètement rondes, quelquefois un peu ovales, ayant un siège intracellulaire, ce qu’il appelle les ce gros globes » elles présentent un double contour, leur contenu est protoplasmique et elles présentent un noyau qui se colore bien par le carmin; quelquefois aussi le contenu protoplasmique ne remplit pas la cellule dont le noyau ne se colore pas. Le noyau de la cellule épithéliale qui contient des parasites est plat et repoussé à la périphérie ; pour l’auteur, ce ne sont pas des dégénérescencees cellulaires, il est difficile de dire où ces corps sont les plus nombreux, dans les points en dégénérescence ou dans les points centraux ; on les rencontre dans les vaisseaux, dans les points où vont se produire des noyaux secondaires.
Il ne les a pas trouvés dans tous les carcinomes; mais dans quelques-uns il a trouvé de « petits globes » non colorables par le carmin, intranucléaires, qui ne sont pas réfringents ; ces petits corps ressemblent aux corps plus volumineux, sans que les formes de passage aient pu être observées ; on les rencontre dans les endroits qui sont le siège d’une prolifération, par exemple, dans les rangées les plus externes des globes cornés des cancroïdes.
Van Heukelom considère les corpuscules décrits par Thoma comme des débris de noyaux; mais les petits corpuscules ne sont pas des leucocytes; pour lui, les grosses cellules sont des parasites animaux, mais ils sont très variables, quant aux petites cellules il est très difficile de les classer.
Pour Kossinsky, le cancer est parasitaire; grâce à un durcissement considérable par le sublimé et à une coloration à la safranine, il est arrivé à voir des détails de structure inconnus de ses prédécesseurs. Il a vu des corpuscules en croissance, safraninophiles, qui sont noyés dans une masse protoplasmique fînement granuleuse et qui forment dans leur ensemble une grosse boule; pour l’auteur, ce sont des parasites du genre Emeria.
Michaud (1), Malassez (2), Vincent (3), ont constaté la présence des coccidies dans le cancer et les considèrent comme cause du cancer. Pour Vincent, les sporozoaires n’existent pas dans les tissus normaux et dans les tumeurs autres que les carcinomes.
En Angleterre, Russell (4) s’est élevé contre cette affirmation; pour lui, les coccidies se trouvent partout. Cette affirmation pourra être comprise lorsque l’on saura qu’il a employé comme colorant de la fuchsine phéniquée et qu’il a ainsi révélé dans le protoplasma des cellules des granulations fuchsinophiles analogues aux granulations de Altmann, qui se rencontrent partout dans les cellules normales et pathologiques.
(1) Michaud. Semaine médicale , 1889, n°29.
(2) Malassez. Arch. de méd. expérimentale, 1890, vol. II.
(3) Vincent. Annales de micrographie, 1890, décembre.
(4) Russell. Brit. Med. Journal, 1890.
Déjà, en 1889, Tôrok et Tommasoli(l) avaient nié l’existence des coccidies dansl’épithélioma contagieux. Dans un asile d’enfants, à Sienne, ils trouvent cinquante-huit enfants porteurs de ces tumeurs, alors que dans deux asiles voisines, il n’en existait pas. Et cependant, les inoculations chez les enfants, les lapins, les poules, restent sans résultats.
En dissociant du molluscum, les auteurs n’ont pu surprendre la moindre trace de transformation ou de mouvements : en traitant ces corpuscules par des agents chimiques, ils ont vu les corpuscules résister comme le ferait une substance colloïde ; cette substance s’accumule à la partie interne de la cellule, tandis que les couches externes se transforment en substance cornée. La conclusion de ce travail est que les corpuscules ne sont pas des parasites.
Un très grand nombre d’auteurs ont défendu cette idée. Les uns, comme Klebs(2), Firket (3), les considèrent comme des leucocytes migrateurs ou des globules rouges plus ou moins altérés. D’autres, comme Borrel (4), étudiant la signification des figuresdécrites comme coccidies dans les épithéliomes, est frappé par l’identité des figures regardées comme des coccidies avec les altérations épithéliales les plus diverses.
C’est à ce moment que Russell (5) décrivit les corps à fuchsine, qu’il avait rencontrés dans quarante-cinq
(1) Torok et Tommasoli. Riforma medica, 13 août 1889.
(2) Klebs. Dents. Med. Wochens., 1890, n° 32.
(3) Firket. Cent. f. allg. Pathol., 1890, n° 20.
(4) Borrel. Arch. gêner, de méd. expérimentale , 1890, vol. II.
(5) Russell. « Sur les corpuscules à fuchsine du cancer. » Pat h Soc. of London, 1890, 2 décembre.
tumeurs comprenant des épithéliomas de la face, des lèvres, du sein, de l’estomac ; l’auteur les avait rencontrés dans les cellules, soit dans le tissu conjonctif qui sépare les cellules, soit dans l’épaisseur des lymphatiques, soit dans les cellules embryonnaires qu’on rencontre toujours autour d’un cancer. On les rencontre par groupes de deux, trois ou cinq corpuscules. Les plus volumineux atteignaient 12 \j< de diamètre, leur dimension moyenne est de 4 \x, ils sont homogènes, sans structure. Pour Russell, il s’agit d’un champignon de la famille des Sprosspilze de Nœgeli, •qui sont très analogues aux levûres.
Kiener (1), dans le laboratoire duquel Borrel avait opéré ces recherches, avait du reste fait, dans une communication au Congrès de Berlin, de grandes réserves sur l’interprétation des formations épidermoïdales pathologiques qui pourraient être confondues avec des psorospermies. Pour lui, les formes les plus caractéristiques des coccidies, c’est-à-dire les kystes sporifères, n’ont pas été rencontrées; quant aux petites masses sarcodiques, il les a rencontrées non seulement dans les épithéliomas, mais encore dans les formations épidermoïdales purement inflammatoires. L’auteur les rattache à deux groupes d’altérations cellulaires : le premier groupe est dû à des déviations pathologiques du processus de kératinisation, le second à des troubles de karyokinèse.
La première série de figures peut se rencontrer dans les formations épidermiques exubérantes qui recou-
(1) Kiener. Congrès de Berlin, 1890, t. III, p. 114.
vrent les fongosités : la cellule épidermique subit une transformation vitreuse cle son protoplasma qui se présente sous la forme d’une masse réfringente, qui renferme en son centre un reste de noyau et qui est souvent entouré d’une bordure hyaline. Par la coloration, on arrive à différencier ces corpuscules des éléments voisins; le protoplasma se colore en jaune, le novau en rouge sombre ; ce dernier consiste en un amas de chromatine de forme irrégulière sans structure apparente, tantôt assez volumineux, tantôt complètement atrophié ; la cellule est sphérique ou modifiée par la pression des cellules voisines ; le protoplasma est entouré d’une membrane hyaline. Dans les foyers de ramollissement, qui ne sont pas rares au voisinage des surfaces ulcérées, on les voit quelquefois dissociés ou entourés de leucocytes. Dans un épithélioma du nez, l’auteur a pu les voir réunis par une membrane hyaline ; ils donnaient très bien l’idée d’un kyste sporifère, mais en écrasant un de ces corps, Kiener a pu chasser son contenu constitué par des lamelles vitreuses, cornées et imbriquées les unes dans les autres.
Le second groupe dû aux troubles de karyokinèse se trouve surtout dans les grandes cellules multinucléaires. Deux cas peuvent se présenter; dans le premier, on remarque au sein d’un bourgeon épithélial une cellule qui subit isolément un accroissement, elle est très volumineuse, sphérique, pourvue d’un riche réseau de chromatine, elle refoule les cellules voisines qui s’allongent et se tassent autour d’elle. Dans les cellules ainsi comprimées, les filaments d’u-
nion, qui à l’état normal ont dans l’intérieur du protoplasma une disposition radiée, se disposent parallèlement au grand axe de la cellule, de manière à former une série de lignes courbes, concentriques, d’où il résulte que la cellule hypertrophiée paraît enkystée. A côté de ces cellules, on en trouve d’autres qui ont subi la même altération, mais qui ont été arrêtées dans leur développement par la dégénération vitreuse ou la nécrose.
Dans un deuxième cas, un processus analogue se produit à l’intérieur d’une cellule à plusieurs noyaux; l’un de ces novaux devient riche en chromatine et donne lieu à la naissance d’une cellule endogène, qui peut subir la dégénérescence vitreuse, on voit alors dans l’intérieur de la cellule une masse vitreuse, colorée en jaune, qui repousse les noyaux.
Dans la discussion qui suivit cette communication, Marchand (de Marbourg) admet aussi que les corpucules du molluscum contagiosum sont plutôt des formes de dégénération cellulaire que des parasites.
C’est aussi l’avis de Steinhaus pour lequel les corpuscules homogènes peuvent se rencontrer dans l’épiderme normal et correspondent à des éléments qui ont subi la dégénérescence colloïde.
Il résulte de la lecture de tous ces travaux que si dans les tumeurs on trouve des formes qui peuvent être interprétées comme étant des coccidies, le diagnostic différentiel entre elles et les cellules dégénérées est très difficile ; ce qui doit souvent faire naître le doute, c’est la difficulté et même l’impossibilité dans laquelle sont les observateurs de signaler la présence
des kystes sporifères dont la constatation entraînerait la conviction.
En 1891, on étudie la morphologie des coccidies, et le nombre des adversaires de la théorie parasitaire ne diminue pas.
Fabre-Domergue (1), Pilliet (2), Duplay et Cazin (3) montrent que çes figures correspondent à des dégénérations cellulaires. Duplay et Cazin, dans une communication au Congrès international d’hygiène de 1891, démontrent qu’ils n’ont pas pu retrouver des formes de reproduction des éléments considérés comme parasitaires. De plus, dans des épithéliomas parvimenteux lobulés, ils ont observé que dans les globes épidermiques en voie de formation, il y a des leucocytes interposés entre la cellule centrale et les voisines; un de ces éléments peut se confondre avec la cellule centrale et faire croire que le noyau de la cellule centrale est rejeté à la périphérie, et que le corps cellulaire est occupé par un parasite.
Cazin (4) examinant trente cancers de diverses origines, dans le but de vérifier la nature de ces productions, ne voit aucune raison de considérer celles-ci comme des coccidies:
Hansemann (5) considère les figures sporozoïdes comme dûes à des troubles de karyokinèse ; il a remarqué que l’abondance de la chromatine dans les
(1) Fabre-Domergue. Semaine médicale, 1891, n° 19.
(2) Pilliet. Tribune médical, 1891.
(3) Duplay et Cazin. Semaine médicale, 1891.
(4) Cazin. Semaine médicale, 1891, août, n° 43.
(5) Hansemann. Virchow’ s Archiv ., 1890.
noyaux des cellules cancéreuses est sujette à de très grandes variations ; il distingue à côté des cellules normales, quant au nombre des anses chromatiques des cellules hypo chromatiques et des cellules hyperchromatiques. Ces cellules hypochromatiques, c’està-dire ne montrant que huit à dix anses, sont fréquentes dans les cancers et paraissent même être spéciales à ces néoplasmes ; les cellules peuvent présenter des divisions multipolaires, souvent aussi les anses chromatiques ne se colorent que faiblement, ou se montrent déformées, irrégulières.
Dans les cellules hyperchromatiques, caractérisées par le grand nombre de leurs anses, on observe souvent des karyokinèses multipolaires sans division du protoplasma; parfois même, la chromatine ne se montre plus sous la forme filamenteuse, on là trouve sous forme de grosses gouttes fixant vivement les matières colorantes. De plus, les anses chromatiques font généralement leur acension en nombre égal à chacun des pôles de la cellule ; dans le cancer et le sarcome, on trouve assez fréquemment des mitoses asymétriques, c’est-à-dire que les anses chromatiques sont en nombre deux ou trois fois plus grand à un pôle qu’à l’autre.
Cornil(l) a insisté sur ce fait que certaines cellules incluses prises pour des coccidies sont dues à des divisions irrégulières du noyau : le filament protoplasmique se divise en plusieurs figures, dont l’une se développe plus rapidement, d’où la formation d’une
(1) Cornil. Société anat., 1er mai 1891; Mercredi médical, p. 230.
cellule incluse. Si la cellule mère reprend l’état statique, on observe une cellule ronde, enkystée, bien délimitée, à protoplasma modifié, homogène et translucide, dont le noyau est irrégulier et qui peut être prise très aisément pour une coccidie. M. Cornil conclut en disant que sans nier l’existence des coccidies, il doit avouer qu’il n’en a jamais trouvé de figures bien nettes dans les épithéliomas qu’il a examinés.
Stroebe (1), dans un travail accompagné d’une planche, donne des figures montrant l’analogie des formes intra-cellulaires avec les coccidies, mais il conclut que la question de l’étiologie du cancer n’est pas tranchée.
Steinhaus (2) publie une planche dans laquelle on peut constater que les organismes qu’il a observés sont bien ceux que les auteurs considèrent comme des coccidies, et cependant il admet qu’on ne peut pas affirmer la nature parasitaire de ces productions.
Soudakewitch(3), dans soixante cancers, a noté la présence de parasites de différente nature, il conclut que chez les hommes et chez les animaux, certaines tumeurs carcinomateuses des glandes peuvent être causées par la prolifération des sporozoaires. Dans un cancer du pancréas, il a vu un rapport causal entre l’hypertrophie épithéliale et la présence des sporozoaires.
Nepveu (4), dans une revue sur des recherches
(1) Stroebe. Ziegler’s Deitræge, 1891, vol. XI, cah. I.
(2) Steinhaus. Virchow’ s Archiv., vol. GXXVI, 1891, 1 et 2.
(3) Soudakewitch. « Kiewer Gesellschaft, 1891. » Annal. Institut Pasteur , 25 mars 1892.
(4) Nepveu. Marseille médical, 15 janvier 1892.
histologiques concernant la pathogénie du cancer, montre que la présence des bactéries dans le cancer est un fait secondaire et que, de plus, les psorospermies ne peuvent être regardées comme les organismes pathogènes du cancer. La première raison invoquée est que dans quinze tumeurs diverses, il n’a jamais pu découvrir de psorospermies et en second lieu, les psorospermies, en agissant sur les tissus, font de la suppuration franche et de l’inflammation chronique ; de plus, dans les lésions de voisinage qu’on observe autour d’une tumeur, on ne retrouve pas des lésions dues à ces parasites.
Néanmoins, les travaux de Steinhaus et de Soudakewitch, dont les descriptions et surtout les planches sont très claires, permettent de se rendre compte que les figures cellulaires qu’ils ont observées sont bien des parasites. Il semble difficile d’expliquer la présence des petits corps inclus de Steinhaus par une dégénérescence cellulaire.
Mais c’est à un travail très complet de MM. Podwyssozki et Sawotschenko (1), travail qui est accompagné de planches en couleur, que nous devons de pouvoir nous faire une idée exacte et démontrer la présence des coccidies dans les tumeurs. Ces deux auteurs appartiennent, l’un comme professeur, l’autre comme assistant, à l’université de Kiew, où le professeur Korotnefï et ses élèves se livrent à des études spéciales sur les sporozoaires, au point de vue zoologique.
(1) « Ueber Parasitismus bei Carcinomen nebst Beschreibung einiger in den Carcinomgeschwülsten schmarotzenden Sporozoen. *> Centralb. f. bakt ., 1892, n° IG
Ces auteurs affirment la nature parasitaire des formes cellulaires, ils les ont de plus trouvées dans vingt cas de tumeurs variables : testicule, peau, lèvre, mamelle, estomac; néanmoins, elles n’existent pas dans toutes les tumeurs, elles peuvent manquer dans certains cancers encéphaloïdes, mais les cas les plus nets sont fournis par des cancers de la mamelle. Dans les tumeurs des lèvres, des paupières, elles sont très rares ; plus le développement du cancer est considérable, plus il y a de parasites, mais aussi plus la tumeur est dégénérée, plus il y a de parasites.
Le manuel opératoire qu’ils conseillentpour observer le mieux possible les coccidies, c’est de faire durcir la pièce dans la solution de Flemming, de colorer les coupes avec une solution aqueuse de safranine anilinée et de les décolorer par l’alcool auquel on ajoute quelques gouttes d’acide picrique. Un séjour un peu plus prolongé dans la solution fait ressortir les parasites et leur donne une nuance brune que ne présentent pas les cellules ni le protoplasma. Les globules rouges deviennent aussi bruns, mais cette nuance n’est pas aussi nette : et le diagnostic différentiel se fait par la présence des noyaux safraninophiles qui sont caractéristiques des coccidies. On peut obtenir une double coloration avec de l’eau anilinée, gentianée et safraninée : la substance chromatique des spores apparaît en rouge et celle des cellules épithéliales en bleu.
Les sporozoaires peuvent se trouver dans l’intérieur des cellules et dans les espaces lymphatiques qui séparent les cellules.
Les auteurs ont trouvé des sporozoaires dans les noyaux, mais ils sont très difficiles à étudier; il en, est de même pour ceux qui sont dans les capillaires, où il est très difficile de les différencier.
Ces coccidies peuvent être isolées ou réunies en amas. Les coccidies isolées peuvent être de grosseur très variable; pour les corps de petites dimensions, c’est leur analogie avec ceux qui ont des dimensions considérables qui doit les faire considérer comme des coccidies. Les corps volumineux sont, en effet, remplis d’embryons en forme de croissant, ce sont les formes de reproduction des coccidies. Les corps en croissant . peuvent avoir un ou deux noyaux ; il s’agit de division comme Steinhaus l’a décrit dans les cellules du Ka-
ryophagus salamandræ.
Les kvstes, à la suite du stade en croissant, s’observent rarement, mais on observe assez sou- , vent des corps arrondis de petite dimension, dans lesquels on ne peut différencier le contenu et dont la substance chromatique a une forme tantôt semi- lunaire, tantôt allongée ou en croissant. Lorsqu’on ■ compare ces figures à celles où il y a des coccidies certaines, r^on arrive à la conclusion que ce sont des sporozoaires. Les kystes contenant des embryons peuvent se trouver en dehors des cellules, et cela surtout dans les points dégénérés de la tumeur ; on peut expliquer ces faits en disant que le kyste se développe à l’intérieur de la cellule, que celle-ci disparaît, mais que le sporozoaire reste : il paraît alors libre au
milieu des tissus.
Les grosses productions, que les auteurs ont appe-
lées des conglomérats de plusieurs individus séparés, ont l’aspect de colonies grosses, ovales ou arrondies, ce sont des sporocystes, ou ce qu’en botanique on appelle des sporangiosores. Ces conglomérats sont rarement dans les cellules, on les trouve dans les espaces intercellulaires à la place d’une cellule. Il arrive quelquefois qu’un grand nombre de petits corpuscules s’accolent pour remplir un espace intercellulaire et simulent une colonie ou plutôt ressemblent à un sporocyste éclaté.
Ces formes kystiques conglomérées des sporozoaires ont été observées dans le sarcome encéphaloïde du testicule, surtout dans les points dégénérés, mais dans les autres carcinomes, dans les cancroïdes, on n’a pas trouvé ces grosses formes.
Les auteurs admettent que toutes ces formes qu’ils ont observées correspondent au même organisme à des stades différents.
Les embryons en croissant se disséminent dans le voisinage du kyste maternel, se fixent dans les cellules, prennent alors la forme de boules qui sont leur période de repos.
Les sporozaires ont des dimensions variables : dans les plus grands, la division des noyaux semble se faire par division directe; dans d’autres cas, la division se fait aux deux pôles opposés d’un même élément.
Les sporozoaires peuvent se trouver dans les cellules en karyokinèse, mais toutes les cellules en période de division n’ont pas de sporozoaires dans leur intérieur.
La conclusion de Podwyssozki est que la nature parasitaire des productions intra-cellulaires est certaine, que dans des tumeurs différentes on trouve des parasites differents. Quant à l'influence étiologique de ces parasites, il est impossible de tirer une conclusion des faits observés : les coccidies constituent simplement une infection de la tumeur cancéreuse, elles n'en sont pas la cause, ce sont des parasites commensaux.
On voit par cette étude, que les auteurs qui ont étudié la question de la présence des coccidies dans le cancer, peuvent se diviser en trois catégories : les uns admettent la nature parasitaire des productions intra-cellulaires du cancer, et croient qu’il y a un rapport de cause à effet entre ces parasites et le développement de la tumeur; les autres, simples observateurs, constatent et dessinent des sporozoaires, mais n'affirment pas leur propriété pathologique; les auteurs delà troisième catégorie, animés d’un scepticisme trop marqué, nient l’existence des sporozoaires ; pour eux, ce sont des leucocytes, des globules rouges, des formations cellulaires anormales. Ces derniers semblent être trop absolus, car la nature parasitaire des coccidies parait certaine, ils ne les ont pas observées, soit que les cas étudiés n’aient pas été favorables, soit que leur technique n’ait pas été suffisante; elles existent cependant, si l'on en juge par les dessins de Steinhaus, Podwyssozki; ceux de Soudakewitch n'entrainent pas autant la conviction.
Nous devons donc, pour le moment tout au moins, nous ranger dans la seconde catégorie avec les auteurs
qui admettent la nature parasitaire • des coccidies, mais qui n’affirment rien quant à leur rôle dans la production des tumeurs cancéreuses. Cependant la rareté des parasites dans le cancroïde et dans les tumeurs qui poussent lentement, doit être opposée à leur grand nombre dans les tumeurs qui poussent vite ; la présence de nombreuses figures karyokinétiques dans le voisinage des kystes sporifères pourrait faire admettre que ces kystes ont une influence sur la division des cellules ; de même la présence des coccidies dans un très grand nombre de cellules en karyokinèse ; tous ces faits laisseraient peut-être supposer qu’elles ont une influence dans la prolifération cellulaire. Cela est bien possible, dans la coccidiose du foie du lapin par exemple, l’épithélium des canalicules biliaires prolifère, mais cette prolifération n’a rien de commun avec la formation d’un véritable néoplasme.
De plus, les coccidies se rencontrent en un plus grand nombre dans les régions centrales des tumeurs, dans les régions qui semblent dégénérées ; on peut donc admettre que les coccidies ont une influence sur cette dégénération, mais n’en ont pas sur le développement de la tumeur elle-même.
Il est aussi très difficile d’expliquer que. l’on n’ait jamais pu obtenir des cultures avec les tumeurs contenant des coccidies, car les cultures de ces organismes réussissent facilement quand on les recherche chez le lapin, comme le fait remarquer Delepine (1).
(1) Delepine. Congrès d’hygiène , 1891.