‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 104 sur 256 · Préface, p. 3o · texte numérisé non relu

Préface, p. 3o

3. « Le récit de Théramène avec les commentaires de Tliésée )>, parodie en vers, par Méry.

tion : ces drames n'existeraient pour ainsi dire plus. Dans la tragédie, en général, l'intérêt se soutient jusque vers la moitié du cinquième acte, pour faiblir un peu au dénouement; dans le drame, au contraire, les quatre premiers actes sont sacrifiés, c'est-à-dire consacrés à rendre possible une situation finale très forte qui se dénoue juste au moment où le rideau tombe.

Ajoutons, pour être complet, que nous trouvons dans le drame un genre de narration inconnu à la tragédie, la narration psychologique. V. Hugo est le seul qui l'ait employée ; encore n'en découvrons- nous qu'un seul exemple. Dans Marie Tudor, l'homme au bonnet jaune raconte ce qui se passe dans l'âme de Fabiani à Fabiani lui-même : « Vous n'en étiez pas amoureux. — Je n'était pas amoureux de Jane? — Pas plus que de la Reine. Amour, non; calcul, oui. — Ah ça, drôle, tu n'es pas un homme, tu es ma conscience habillée en juif? — Je vais vous parler comme votre conscience, milord. Voici toute votre affaire, etc. ^ » Suit toute une longue narration qui nous fait voir à nu le cœur de l'Italien. Ce procédé trop ingénieux n'a servi qu'une fois. Guidé par son instinct dramatique, le poète dut se rendre compte que rien n'était plus insipide. Ce qui sauve le monologue tragique de la froideur, c'est la passion qui anime le personnage en scène. Rien de pareil ici : la passion a beau être violente dans l'âme de Fabiani, le juif ne peut que la raconter froidement.

i. Journée I, se. vi.

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