Ibid., p
démesurément long de tous, est aussi régulier qu'une tragédie classique K
Dans ses pièces jouées, Y. Hugo profite largement de la liberté qu'il conseille aux autres, et ses drames, délivrés de la mesure étroite des vingt-quatre heures, s'étalent à l'aise dans des mois entiers, sans que le poète, du reste, aille jusqu'à l'abus : un entr'acte d'un mois, c'est là tout ce qu'il se permet.
En effet, le théoricien du romantisme, tout en proclamant bien haut les défauts de l'unité de temps, devait au fond en saisir l'utilité : elle empêche d' « éparpiller » l'action. Si, dans ce cadre étroit. Corneille a pu placer quelquefois deux actions -, que sera-ce quand le jour deviendra un an, et plus ^? Exagérez la longueur d'une pièce, et l'unité d'action, c'est-à-dire d'intérêt, disparaîtra.
Il est incontestable, du reste, que, dans la mesure où les romantiques en ont profité, la liberté de temps qu'ils s'accordent est sage. Quand le rideau se relève, pourvu que rien ne vienne immédiatement indiquer que les jours ont passé par trop vite de l'autre côté de la toile, le spectateur admet fort bien que l'auteur se mette à l'aise avec la loi du temps ^ Mais nous ne