‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 11 sur 256 · Racine, t. II, p. 289, note · texte numérisé non relu

Racine, t. II, p. 289, note

2. Les Travailleurs de la mer, 1. VI, ch. vi; tout ce passage pourrait faire un commentaire des quatre vers de JNarcisse.

3. « Pour rendre vraisemblable qu'un homme récite des stances, il faut qu'il y ait une couleur ou une raison pour justifier cecliangement de langage. Or, la principale ou la plus commune est que l'acteur qui les récite ait quelque temps suflisant pour y travailler ou y faire travailler... Dans le plus fumeux de nos j»oèmes nous avons vu un jeune seigneur recevant un commandement qui le réduisait au point de ne savoir que penser ni que dire ni que l'aire, faire des stances au lieu même où il était, c'est-à-dire composer à l'improviste une chanson au milieu d'une rue... on pourrait s'en tirer en supposant qu'une Cévre chaude reût rendu poète, comme il est arrivé à quelques-uns. » [Pratique, 1. IV, ch. I.)

i. Athalie^ a. III, se. vu.

factice : nous regretterons notre concession à la convention, si ce sacrifice momentané de la stricte raison n'est pas excusé par un accroissement d'intérêt. Le monologue, du reste, a survécu, plus heureux que la narration.

Le récit, relégué maintenant dans les anthologies, pour lesquelles il semble fait, a plus vieilli que toute autre convention tragique.

Corneille, qui en a usé et abusé, disserte sur les qualités et avantages de la narration K II va même, par une singulière méprise, jusqu'à prétendre qu'elle fait partie de l'action -. Elle la diminue au contraire, elle la supprime presque.

A ce point de vue, la plus belle, la plus intéressante narration est sans contredit le récit tant raillé de Théramène : en effet, sauf un ou deux vers trop ornés, ce morceau est dramatique. Thésée vient d'apprendre que son fils est mort, mais ne sait pas s'il est bien Fauteur de cette mort : chaque détail singulier ou merveilleux lui enlève un doute : sa prière imprudente a été exaucée par Neptune : il est bien le meurtrier de son fils. C'est la contenance de Thésée qui doit nous faire écouter et comprendre le récit de Théramène; c'est le désespoir du père, et non pas la douleur un peu verbeuse du gouverneur, qui doit nous émouvoir.

Mais ces heureuses exceptions sont rares; le plus souvent ces récits traînent : par exemple, celui de

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