Roi s'amuse, a. IV, se. iv
de la fausse réalité, si sévèrement et si justement condamnée par l'auteur lui-même '. Ne nous plaignons pourtant pas trop : on a fait grâce aux acteurs de la pluie qui devrait les transpercer jusqu'aux os -.
Toutes ces exagérations, toutes ces erreurs sur le véritable intérêt du drame, viennent, en partie du moins, du mépris des romantiques pour l'unité de lieu. Sans doute la révolution littéraire de 1830 a ûiit beaucoup de bien en général au théâtre, et, pour ce point spécial, elle était incontestablement nécessaire. Mais, parmi tous les excès qu'elle devait amener avec elle, celui-ci était un des plus dangereux pour l'avenir du théâtre. Le romantisme est allé trop loin, consacrant à une préoccupation très secondaire, à une sorte de rancune contre les unités de temps et de lieu, une partie de ses efforts. Nous aurons plus d'une fois l'occasion de constater que les quelques taches du drame romantique tiennent à sou peu de spontanéité. Il semble que les auteurs, avant de songer à atteindre le beau, cherchent surtout la nouveauté. Au lieu de vouloir faire un drame, ils veulent d'abord ne pas faire une tragédie. Peut-être ont-ils trop songé à rompre avec les deux unités condamnées, et ne se sont-ils pas assez préoccupés de l'unité d'action.