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ce fait juste au moment où il est indispensable à l'intrigue. Le spectateur commence à se défier un peu : est-ce qu'à chaque situation peu vraisemblable nous apprendrons aussi un petit fait, possible sans doute, mais qui a le tort d'arriver trop à point? L'intrigue, en effet, se. développe de cette manière. La première tentative d'Homodeï a manqué : la Tisbe a sauvé les deux amants. Homodeï pourrait écrire à Angelo la vérité qu'on lui cache; mais, par malheur, les agents des Dix n'ont pas le droit de correspondre directement avec le Podestat. Que faire? C'est très simple, grâce à la complaisance du poète. Reginella, suivante de Gatarina, passera juste devant la maison où se tient Homodeï. On la fait entrer de force, on lui prend une lettre de Rodolfo à Gatarina ^ : la générosité de Tisbe est ainsi rendue inutile : le podestat sera prévenu. A présent, Homodeï est inutile et même gênant. Gomment le faire disparaître? Justement, par le plus commode des hasards, Rodolfo regarde par la croisée, reconnaît Homodeï, et le tue quand il sort.
Puis, grâce à un faux poison, dont V. Hugo a trouvé la recette dans Shakspeare ^, Gatarina échappe à la vengeance du Podestat; Tisbe, se dévouant jusqu'au bout, se fait poignarder par Rodolfo, et meurt en résumant ainsi la situation : « Morte pour le Podestat. Vivante pour toi. Trouves-tu cela bien arrangé ainsi? » — « Gouci, couci, » serait tenté de répondre le specta-