CHAPITRE VI
UNITÉ d'intérêt DU GROTESQUE DANS LES SITUATIONS
Dans notre étude de la Préface de Gromwell, nous avons constaté que le romantisme au fond est moins révolutionnaire qu'il ne paraît tout d'abord. Il ne veut pas reproduire le grotesque pour lui-même; il veut en faire un simple repoussoir : le sublime doit toujours prédominer ^; si bien que cette théorie, qui semble d'abord si provocante, peut s'exprimer très pacifiquement par le vers de Boileau : « c'est une ombre au tableau qui lui donne du lustre. »
Cette loi du contraste, avant d'être adoptée en littérature, l'était depuis longtemps dans les arts : « Rubens le comprenait sans doute ainsi, lorsqu'il se plaisait à mêler à ses déroulements de pompes royales, à des couronnements, à d'éclatantes cérémonies, quelque hideuse figure de nain de cour ^. » L'introduction du grotesque dans le drame fut une réaction contre la dignité tragique. La tragédie ayant été toujours noble, quelque-