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UNITÉ d'intérêt — DU GROTESQUE DANS LES SITUATIONS lao
ibis guindée, le drame devait être familier, trivial même par endroits.
Reconnaissons-le pourtant : les romantiques peuvent invoquer autre chose qu'un prétexte : ils ont une raison. Ils veulent augmenter l'intérêt, éviter la monotonie, défaut capital de la tragédie, même dans Corneille et Racine, en introduisant le grotesque : « Grâce à lui, point d'impressions monotones '. » Le spectacle « perdrait... sa longueur et sa monotonie actuelles » ; au lieu de donner « d'abord deux heures de plaisir sérieux, puis une heure de plaisir folâtre, il broierait et mêlerait artistement ces deux espèces de plaisir ' ».
On peut introduire le grotesque, soit dans une situation, par des détails comiques contrastant avec l'ensemble, soit dans un caractère. Nous ne parlerons, dans ce chapitre, que du grotesque dans les situations.
Il occupe moins de place dans les drames des romantiques que dans leurs préfaces. Gela tient à ce que, sauf les mots comiques, que l'on peut toujours amener plus ou moins naturellement, les scènes comiques ne se présentent pas pour ainsi dire d'elles-mêmes, dans une intrigue fortement conçue. S'il y a réellement unité d'action, il est difficile que cette action soit à la fois ridicule et terrible : aussi pourrait-on constater plus d'une fois dans le drame que cette difficulté est tournée, mais non vaincue.
Le grotesque, en pareil cas, ne fait pas corps avec l'action : ce n'est plus une combinaison , c'est un mélange.