A. II, se. I
TNITÉ d'intérêt — DU GROTESQUE DANS LES SITUATIONS 161
Bérarde empêche le public de prêter une attention suffisante au rôle charmant de Blanche, à ses mots j)artis du cœur K
Les détails grotesques mêlés au drame produisent donc peu d'effet : il n'en est pas de même des scènes entières de comédie, que les romantiques ont su introduire, avec une habileté incontestable, dans leurs intrigues. Voilà ce qui réellement écarte la monotonie, voilà ce qui repose le spectateur de l'émotion dramatique, le rend plus apte, par conséquent, à ressentir ensuite une impression plus forte. Un dramatique continu finirait par épuiser chez les auditeurs les sources de l'émotion. Le romantisme revenait du reste, sans s'en douter, à un procédé tragique extrêmement rare, sans doute, mais dont on pourrait citer au moins un exemple. Polyeucte, tragédie si émouvante, commence par trois scènes de comédie. Avant que l'action s'engage véritablement et nous émeuve, sa préparation nous intéresse, sans dépasser le genre d'intérêt qu'excite la comédie. 11 en est de même pour plus d'un drame. Tout le premier acte de Marion Delorme, malgré la sombre figure de Didier, malgré ce combat dont l'issue n'inquiète pas le spectateur, tout ce début, dis-je, ne sort pas des limites de la comédie, et le vers charmant qui termine :
Rose, il ne m'a pas même Baisé la main. — Alors qu'en faites-vous? — Je raimc.
ne prépare pas aux horreurs qui vont suivre : le contraste est plus violent : donc Teffet scénique est plus fort.