‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 137 sur 256 · Exemple, le Cid, a. IH, se. ii · texte numérisé non relu

Exemple, le Cid, a. IH, se. ii

ter de leurs actions à leurs intentions, en concluant de l'effet à la cause?

Sans doute, les personnages de drame agissent beaucoup; mais, malheureusement, comme nous ravonsdéjà constaté en étudiant l'unité d'action, Fauteur se substitue trop souvent à ses personnages, et, suivant les besoins de son intrigue, modifie l'acte qu'ils accompliraient, s'ils n'obéissaient qu'à leur caractère. Ily a du reste là autre chose qu'une faiblesse d'exécution : il y a encore une erreur théorique. D'après A. de Vigny, les hommes dans la vie réelle n'obéissant pas à la logique, les héros de théâtre doivent être illogiques : a Les passions seules intéressent les hommes toujours agités par des passions. Les pendules seules se meuvent par des principes: les hommes font des principes, et agissent contre ces principes mêmes '. » Dans le drame romantique, eu effet, chez V. Hugo surtout, les personnages agissent autrement qu'ils ne pensent et qu'ils ne parlent.

Gennaro, personnage assez doux, voire même sentimental, est pris tout à coup d'un accès de fureur, et insulte une femme qui ne lui a fait que du bien. Gennaro agit comme un possédé, et l'est bien en réalité : car la volonté de l'auteur, qui a besoin de cette insulte pour son drame, s'est substituée à la volonté de son héros.

On sent que les personnages sont toujours dans la main du poète, qu'il les dirige, les fait agir, parler, penser à volonté. Il en tire sans doute des effets dramatiques. Mais ce procédé, déjà nuisible à l'action, nuit encore à la réalité des caractères, à leur indépendance.

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