Orestv', a. II, se. xi
dans le ruisseau de la rue avec celles qui y sont, que je la ramasserais là, et que je la serrerais sur mon cœur '. )) Et les femmes de ces drames sont hommes sur ce point : l'une d'elles s'écrie : Je manque à ma parole « parce que je suis femme, parce que je suis faible, parce que je suis folle, parce que j'aime cet homme, pardieu! ^ »
L'amour n'a pas besoin d'être expliqué : il a sa raison d'être en lui-même-. L'amour excuse tout, jusqu'à une lâcheté : Hernani, recueilh par le duc, viole son hospitalité, en lui enlevant sa fiancée. Il est impossible d'écarter un rapprochement qui s'impose à l'esprit ; dans une situation à peu près analogue. Sévère, après un moment de faiblesse, reprend possession de lui-même ; il s'éloigne en faisant des vœux pour celle qu'il aime, et même pour son rival ^.
Cette faiblesse des caractères est le trait caractéristique du théâtre romantique. Tous ces personnages désirent puissamment, et montrent, quand il faut agir, une impuissance étrange :
Que n'ai-je un monde! Je le le donnerais!