‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 143 sur 256 · Je l'aime · texte numérisé non relu

Je l'aime

0 pauvre cœur de femme! mais explique Tes raisons de l'aimer.

Je ne sais.

C'est unique.

C'est étrange !

Oli non pas! c'est bien cela qui fait Justement que je l'aime, etc.

(T. Il, p. 444.)

'i. Pulijeucle, a. II, se. u.

s'écrie Hernani, devant les larmes de dona Sol ', et il faiblit au même moment, quand il devrait montrer sa force. Ruy Blas surtout offre un contraste bizarre entre ses désirs et ses actes. Cet homme, qui voulait autrefois remuer le monde, par ambition, maintenant, entraîné par l'amour, succombe connue un enfant aux premiers obstacles, sans résistance, et ne trouve de solution que dans la mort. Il semble que quelque chose soit brisé dans ces âmes débiles, et ce quelque chose, c'est la volonté : ils ne savent pas vouloir.

De ces deux causes de faiblesse dans les caractères, la dernière tout au moins semble discutable. — Corneille a fait autrement que V. Hugo, et a montré le triomphe de la volonté sur la passion. — Même en admettant que la théorie de V. Hugo soit plus conforme à la réalité, il est incontestable que ses personnages plus humains sont moins dramatiques. La lutte de la passion contre le devoir, et le triomphe constant de la vertu, sont peutêtre faux, mais ils nous émeuvent; au contraire, pouvons-nous porter autre chose qu'un intérêt languissant à des personnages qui se laissent aller comme nous le ferions à leur place? Il ne s'agit donc pas de savoir si les romantiques ont eu raison au fond, philosophiquement : ils ont tort dans la forme, au point de vue dramatique. Leurs héros sont faibles : de plus, et surtout, ils sont monotones.

La raison en est fort simple : les romantiques n'ont plus ce don que possédaient si pleinement Corneille et Racine : ils ne peuvent dépouiller leur personnalité et

Page 1