‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 145 sur 256 · Journal, p. 3Gi · texte numérisé non relu

Journal, p. 3Gi

discussions de Stello et du Docteur Noir sur le sort des poètes, le Plaidoyer en fîiveur de Mlle Sedainc et de la propriété littéraire, le Journal d'un poète, où plus d'nne fois il revient sur ce sujet qui lui tient au cœur. 11 le reconnaît du reste : « J'ai dit par la bouche de Stello ce que je vais répéter bientôt par celle de Chatterton *. »

Ainsi donc^ prêter à ses personnages ses propres sentiments, c'est ce qu'ont fait A. de Vigny et A. Dumas dans leurs pièces romantiques. C'est ce qu'a toujours fait Y. Hugo.

Peut-être, avec son génie puissant, le poète aurait-il pu acquérir cette qualité créatrice qui lui manque, s'il n'y avait eu chez lui un parti pris contraire ^. 11 semble que Y. Hugo n'ait pas voulu apprendre le théâtre, mais ait prétendu forcer l'art dramatique à se plier à son caprice. Car nous trouvons dans la préface de Cromwell une théorie qui exphque cette faiblesse du poète, et en fait une faute voulue : « Le drame est la poésie complète. L'ode et l'épopée ne le contiennent qu'en germe; il les contient l'une et l'autre en développement; il les résume et les enserre toutes deux ^ »

Cette idée semble d'abord obscure, et la comparaison que le poète a trouvée pour la faire mieux comprendre est une image tout aussi peu claire : cette poésie lyrique que doit contenir le drame est sendilable « à un lac paisible qui reflète les nuages et les étoiles du ciel '' ».

Page 1