‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 149 sur 256 · A. I, se. XV · texte numérisé non relu

A. I, se. XV

assez de liberté d'esprit pour écrire en deux vers assez plats, ce que Voltaire dit dans une si bonne prose :

Dieu! garde-moi de ceux à qui mon cœur se fie, Et je me garderai de qui je me défie i!

De son côté, Lorenzino conserve dans le vice un cœur chaste, et, nouveau Brutus, joue jusqu'au bout son rôle^ sans jamais le prendre au sérieux : débauché par calcul, il croit à la vertu; courtisan du tyran par patriotisme, il croit à la liberté, et, à côté du cadavre de Luisa, lance le mot de la fin : « Je n'avais que deux amours : Florence et elle... je n'ai plus qu'une religion : la liberté ! ~ »

A ces tirades creuses, faites pour être applaudies par la claque, à cette étude superficielle du cœur humain, combien est supérieure cette confession de Lorenzaccio : « Je me suis fait à mon métier. Le vice a été pour moi un vêtement; maintenant il est collé à ma peau. Je suis vraiment un ruffian, et, quand je plaisante sur mes pareils, je me sens sérieux comme la mort, au milieu de ma gaieté. Brutus a fait le fou pour tuer Tarquin, et, ce qui m'étonne en lui, c'est qu'il n'y ait pas laissé sa raison, etc. ^ »

Quant au dénouement, il est, comme tout le drame, plus profond que la fin de Lorenzino : le meurtrier est tué, puis jeté à l'eau par le peuple qu'il voulait délivrer ^ Lorenzaccio fait penser le lecteur ; Lorenzino

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