‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 150 sur 256 · A. ni, se. III · texte numérisé non relu

A. ni, se. III

A. A. V, se. vu.

DES CARACTÈRES 18o

est, pour reprendre un mot de son frùi-e aîné « plus creux et plus vide qu'une statue de fer-blanc '. »

Malheureusement, il n'est pas seul de son espèce dans le théâtre romantique.

Enfin, dernier trait de faiblesse psychologique, il n'y a pas là d'étude générale du cœur humain; les héros de drame ne sont d'aucun pays, mais ils sont d'une époque : encore ne représentent-ils pas l'homme vrai de cette époque, mais un être factice, une poupée de mode. Le jeune premier du théâtre romantique est le Jeune-France des cénacles : « Il était de mode alors dans l'école romantique, d'être pàle^ verdàtre, un peu cadavéreux, s'il était possible. Gela donnait l'air fatal, byronien, giaour, dévoré par les passions et les remords ~. » Th. Gautier réalisait cet idéal :

J'élais sombre et farouche; Mon sourcil se tordait sur mon front soucieux Ainsi qu'une vipère en fureur, et mes yeux Dardaient entre mes cils un regard fauve et louche. Un sourire infernal crispait ma paie bouche ^.

Et ce n'était pas exagération poétique; il ajoutait, en se raillant : « Gomme je suis naturellement olivâtre et fort pâle, les dames me trouvent d'un satanique et d'un désillusionné adorable \ »

Goethe, Byron et Ghateaubriand avaient fait école : Werther, don Juan et René couraient les rues de Paris,

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