‹ De la conventions dans la tragédie classique et dans le drame romantiqueChapitre 157 sur 256 · Théâtre, t. I, p · texte numérisé non relu

Théâtre, t. I, p

un seul, tant je suis devenu indifTérent à ma vie '. » Il se sait en proie à la fatalité : « Je sens autour de moi quelque malheur inévitable. J'y suis tout accoutumé, je n'y résiste plus ~. »

De son ancienne bravoure ^ il n'a gardé que le courage de mourir K Chatterton était la dernière incarnation des étranges jeunes gens de l'époque : « Cette exaltation peut sembler bizarre à la génération qui a maintenant l'âge que nous avions alors, écrivait Th. Gautier en 1857, mais elle était sincère, et plusieurs l'ont prouvé, sur qui, depuis longtemps, l'herbe pousse, épaisse et verte. Le parterre devant lequel déclamait Chatterton était plein de pâles adolescents aux longs cheveux ^. »

A. de Vigny a dit un mot qui a été pensé par les deux autres : « On a fait des satires gaies; je veux faire au théâtre des satires sombres et mélancoliques... si j'étais peintre, je voudrais être un Raphaël noir, forme angélique, couleur sombre °. » Cette idée avait déjà été exprimée par Gœthe, mais sous forme de critique : « C'est une littérature de désespoir ^. »

(( Les pâles adolescents aux longs cheveux » ne remplissent plus le parterre, et, devant un public froid et

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